L'Afrique des réfugiés.  

Le  20 juin 2003, le monde entier a célébré la Journée internationale des réfugiés. En Afrique, cette journée est célébrée autrement qu'ailleurs. La raison est simple: "la moitié des réfugiés, dans le monde, sont africains". En République Démocratique du Congo, des rencontres de réflexion sur la situation des réfugiés ont été organisées presque partout en collaboration avec les Organismes qui s'en occupent directement. 3000 réfugiés congolais vivant dans le camp de Molangué( 120 km au Sud-Ouest de Bangui) en République Centrafricaine, ont fait savoir bruyamment leur désir de rapatriement. Qui pourra s'en occuper dans ce pays où on n'a pas fait taire les armes ?

                Si l'Afrique bat le record en chiffre au sujet de ce phénomène, c'est à cause surtout de l'instabilité politique. D'aucuns savent qu'aujourd'hui, l'Afrique est plongée dans des guerres qui ne finissent pas. Hier c'était en Angola, au Soudan, en Erythrée, au Rwanda, en Côte d'ivoire, au Congo Brazzaville, en République Centrafricaine, etc. Aujourd'hui, c'est le tour du Libéria, après la Sierra Leone. Demain, ça sera qui ? On ne sait pas le dire. Ce qui est vrai est qu'il plaît à certains de faire couler le sang des innocents pour le pouvoir et l'avoir. Les guerres, il faut bien le reconnaître, viennent du manque de partage du pouvoir, des discriminations et des exclusions de toutes sortes: tribalistes, ethniques, idéologiques et politiques, sous la manipulation et l'instigation des Grandes puissances, qui utilisent des satellites africains en mal d'hégémonie.

                Soulignant les responsabilités partagées dans cette situation à conséquences énormes et incalculables, feu Mgr Emmanuel Kataliko, Archevêque de Bukavu  a écrit: "Aujourd'hui, les Grandes Puissances, qui savent que les armes nucléaires se développent chaque jour, cherchent à freiner le déclenchement d'une guerre nucléaire qui serait catastrophique pour tous. Au nom de notre humanité commune, que ces nations développées nous aident à éviter les guerres et à gagner la paix en faisant tout pour que le Tiers monde ne devienne pas le terrain d'expérimentation des armes et des guerres qu'elles éloignent de chez elles."( Lettre pastorale du24 novembre 1997).

A la  Conférence de l'ONU sur l'aide aux réfugiés africains, à Genève en 1981, le Délégué américain avait fait cette remarque aux dirigeants africains: "Il faut renoncer aux aventures militaires et à la politique de violence" Et les évêques réunis en assemblée spéciale du Synode pour l'Afrique l'ont repris en d'autres termes: "La solution idéale( face au phénomène des réfugiés) est l'établissement d'une paix juste, la réconciliation et le développement économique"( Ecclésia in Africa, n° 119)

Prions pour l'Afrique et ses dirigeants

Prions également pour les Grands de ce monde et les marchands d'armes. Engageons-nous aussi pour réduire les causes de déplacements continuels des peuples.