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Lecture historique du charisme thérésien a)- S'il est vrai que le charisme thérésien s'est forgé dans une forte expérience mystique d'oraison, il est aussi clair qu'il atteint son plein développement dans la lumière des événements culturels et religieux de son époque, tels qu'ils ont été évoqués dans notre première partie, et auxquels il s'agit d'apporter une réponse sur la base d'une expérience vécue: l'expérience relatée dans les écrits de Thérèse, en même temps que vécue dans son oeuvre de fondatrice. On a donc bien ici une mystique incarnée incarnée dans les réalités historiques, sensible aux événements et engagée dans le service. Ce qu'on a pu nommer une "mystique de service". b)- Le comportement de la Sainte, qui pour nous devient paradigmatique, nous demande une conscience et un discernement vis-à-vis de tout ce qui se produit autour de nous, dans notre monde marqué par la sécularisation et la post-modernité, par l'athéisme et l'incroyance, par la crise de foi du monde occidental. Et quand même un monde dans lequel, paradoxalement, on peut noter toujours davantage les symptômes d'un nouveau réveil religieux et d'une recherche de spiritualité apte à répondre aux inquiétudes les plus profondes de l'être humain, un monde où l'on peut remarquer le besoin d'une mystique, d'une récupération de l'expérience de la foi, afin que le XXIème siècle puisse encore être chrétien. c)- On voit se produire parallèlement une crise d'identité de l'homme en lui-même, une crise qui affecte sa dignité propre, comme aussi les valeurs transcendantes inscrites en chaque être humain, tant il est vrai que l'homme est un "je" ouvert, comme par une blessure, par la passion de la Transcendance. Or la spiritualité thérésienne, centrée anthropologiquement sur l'homme comme demeure de Dieu, ouvert à la communion avec Lui (GS 19), capable de l'accueillir au plus profond de son Château, nous aide puissament à prendre conscience de cette dignité menacée par la culture actuelle. En conséquence, éduquer l'homme pour un comportement contemplatif thérésien, c'est l'aider à redécouvrir sa véritable identité. d)- En même temps que la crise de l'homme et le fait de l'incroyance, il faut encore découvrir nos situations d'injustice, de pauvreté et d'exclusion. Si le plus significatif dans la perspective du vieux monde reste la sécularisation, l'incroyance et la post-modernité, le plus clair dans la situation du tiers et du quart-monde est plutôt la pauvreté, qui s'explique à partir des catégories de margination et d'exclusion. Et cette réalité a beaucoup à voir, elle aussi, avec la révélation de Dieu et la possibilité d'une vraie réponse humaine qui fera aura tout avantage à bien s'éclairer de l'expérience thérésienne. Effectivement, la pauvreté tout autant que l'incroyance constitue un lieu théophanique et théologique, où se manifestent la révélation de Dieu aux hommes de notre temps et notre capacité à le reconnaître, suivant une perspective théologale dont notre spiritualité ne peut s'écarter. Le scandale de la pauvreté est l'une des raisons graves de l'effacement de Dieu dont nous souffrons. Aussi une spiritualité chrétienne qui prétend affronter les défis du XXIème siècle devra nécessairement se heurter au problème de la pauvreté. La préoccupation pour les pauvres est d'ailleurs clairement présente dans les sources mêmes de la révélation chrétienne. Et l'expérience de Dieu ne peut se réaliser dans l'isolement, l'indifférence, le manque d'attention aux souffrances des hommes. Une contemplation qui ne tiendrait aucun compte de cette situation lacérante de notre société serait bibliquement détestable, tout comme ce culte de Dieu qui voudrait ignorer la peine du pauvre et du malheureux, telle qu'elle était déjà dénoncée par les prophètes. La vie religieuse, centrée sur la recherche de l'unique nécessaire, et réalisée sous la forme d'un cheminement qui, chez Thérèse de Jésus, révèle des nuances bien spécifiques (Vie 33,9; 1,2), trouve à travers le pauvre un critère important pour la vérification de son authenticité. Dans la mystique thérésienne, l'expérience de Dieu se réalise évidemment dans la jouissance et la sérénité spirituelle, mais également dans une capacité nouvelle d'assumer et compartir la souffrance des pauvres, donc dans un engagement actif pour l'instauration d'un "Royaume de justice, d'amour et de paix". Ceci n'est finalement pas autre chose que la mise en oeuvre du mystère pascal de mort et résurrection, dans l'épaisseur de nos vies personnelles. e) - En syntonie avec cette préoccupation, nous pourrions retrouver ici l'analyse des signes de temps faite par le Synode extraordinaire des Evêques, pour le 20eme anniversaire de Vatican II (1985): "Les signes de notre temps sont partiellement distincts de ceux qui se manifestaient à l'époque du Concile, car les angoisses et les anxiétés se sont accrues. Aujurd'hui, nous voyons se développer partout la faim, l'oppression, l'injustice et la guerre, la torture, le terrorisme et bien d'autres formes de violence. Ceci nous oblige à une réflexion théologique nouvelle et plus profonde, qui sache interpréter de tels signes à la lumière de l'Evangile" (Il D,1). Dans la lumière de ce nouveau contexte, nous aurons à mettre l'accent, non plus seulement sur la théologie de la création et de l'incarnation, mais aussi et surtout sur la théologie de la croix et de la rédemption. 26. Enracinement existentiel-évangélique et mystique-expérienciel : Lecture renouvelée de l'Evangile a)- L'un des signes de rénovation de la vie religieuse et du christianisme actuel, c'est l'enracinement existentiellement évangélique - ce que Vatican II définit comme " un retour constant aux sources de toute vie chrétienne", et un besoin de trouver dans le Christ la "norme suprême" de la vie évangélique (PC 2), tout en cherchant dans "le charisme des Fondateurs" ce "fruit de l'Esprit-Saint qui agit toujours dans l'Eglise" (ET 11). Car tout charisme, en tant qu' "expérience de l'Esprit", représente une lecture renouvelée de l'Evangile, une nouvelle spiritualité dont il rend compte en s'ouvrant au temps présent, dans l'intention de "s'approfondir et se développer constamment", grâce aux dons particuliers de tous ceux qui y participent (MR11). b)- Le Christ est l'Evangile en personne, centre et norme ultime de toute vie consacrée, origine et fin de tout charisme. Aussi le charisme thérésien représente-t-il une manière originale de lire l'Evangile, de contempler le Christ et de se configurer à lui dans un aspect de son mystère. L'originalité de Thérèse, son charisme dans l'Eglise, lui vient précisément d'une configuration au Christ, d'une connaissance par expérience, d'une expérience mystique christocentrique, telle qu'elle en témoigne au livre de sa Vie ( Vie 9,1-3; 26,6; 27,2-8). c)- En ce sens, on peut dire que son charisme est un "charisma authentique" et "d'une nouveauté réelle dans la vie de l'Eglise" (MR 12). Sa nouveauté, et le succès qu'il a obtenu comme avance qualitative dans la spiritualité chrétienne, s'expliquent justement par l'offre d'une nouvelle manière de vivre l'Evangile qui répondait parfaitement aux inquiétudes de son temps, mais en un certain sens aux besoins de tous les temps. Si elle est bien enracinée dans la vieille tradition carmélitaine, la genèse de l'oeuvre de la Sainte se révèle étroitement liée à l'évolution de son itinéraire spirituel, inspirée du plus profond esprit évangélique, en même temps que de l'idéal ërémitique-contemplatif carmélitain. C'est bien ce qui donne lieu à une nouvelle oeuvre créatrice et fondatrice: le Carmel thérésien. d) - Tel est le sens de son charisme comme "expérience de l'Esprit". Son expérience spirituelle est l'âme et le moteur du nouveau Carmel, la force d'expansion de son irradiation dans les pays d'Europe (Italie, France, Flandres...), et la racine profonde de son impulsion missionnaire (Côtes africaines, Perse, Nouveau Monde...). Par là s'explique aussi l'ample diffusion de ses écrits, qui sont une véritable initiation à l'expérience chrétienne. Tout ceci nous éclaire le devoir du Carmel aujourd'hui: vivre intensément le charisme thérésien, initier l'homme contemporain à l'expérience contemplative thérésienne dans la lumière des signes des temps, et travailler à la diffusion de ses oeuvres. En s'appuyant toujours sur la conviction fondamentale de Thérèse, à savoir que, sans expérience, il est impossible d'accéder à une véritable connaissance. L'expérience est la clé de toute compréhension, y compris pour la connaissance de Dieu, vu que Dieu lui-même se fait sujet d'expérience, dans la mesure où il devient objet de foi; et la foi est l'unique moyen d'union à Dieu (I Demeures 1,4). C'est en elle que la réalité de Dieu se laisse "pâtir", plutôt que connaître (état théopatiqué). 27. Mystique personnelle et christocentrique : Lecture mystagogique a)- En syntonie avec la sensibilité religieuse et la pratique de la foi chrétienne aujourd'hui, l'expérience de Thérèse, à la différence des autres mystiques d'inspiration métaphysique platonicienne, est éminemment personnelle et christocentrique. Elle se réalise tout entière dans la médiation irremplaçable de Jésus-Christ: "J'ai vu clairement que nous devons entrer par cette porte, si nous voulons que la Majesté souveraine nous révèle de grands secrets" (Vie 22,6). Aussi l'essentiel de la mystique thérésienne est-il dans une "christopathie", une perception de l'humanité glorifiée du Christ comme soutien qui nous porte et vie de notre vie ( VII M, 2,6). C'est en ce sens que le Catéchisme de l'Eglise pourra définir le progrès spirituel comme une union toujours plus intime avec le Christ (n° 2014). b)- On peut d'ailleurs y relever des caractéristiques qui la rapprochent de l'expérience paulinienne. L'élément fondamental d'abord, qui est une conversion, avec de fortes analogies pauliniennes ( 1 Co, 15,8; 9,1; Gai 1,15-16; Ph 3,7.12), et obtenue dans la contemplation d'une "image du Christ très blessé" (Vie 9,1). Peu après, Thérèse connaît sa première expérience théologale: une immersion, un "engloutissement" en Dieu comme mystère englobant (V 10,1; 18,15). Plus tard, dans des circonstances particulièrement hostiles, affrontée à la politique inquisitoriale (en 1559), elle fait une nouvelle expérience: c'est la découverte de l'humanité du Christ comme "livre vivant", dans lequel les vérités "se voient", un livre "qui imprime en nous ce qu'il faut lire, d'une manière qu'on ne peut oublier" (Vie 26,5). Et voilà un fait qui imprime une orientation nouvelle à toute sa trajectoire spirituelle (Vie 27,2-3.5; VI M 8,2-3). c) - la même expérience mystique la conduit aussi à comprendre la Sainte Ecriture d'une façon nouvelle, dans une sorte de symbiose ou connaturalité entre l'expérience personnelle et la révélation biblique, entre ce que St Paul appelle la "sagesse des parfaits" (1 Co,2, 6) et le sens ultime de l'Ecriture, qui ouvre à la connaissance mystique du Christ comme Vérité de Dieu ( Vie 40,1-4; VII Demeures 1,7; 2, 8). 28. L'idéal contemplatif au service de l'Eglise : Lecture èvangélisatrice a)- Si le Christ est le fondement et le contenu de la mystique thérésienne, l'expérience théologale de l'oraison reste la caractéristique la plus particulière du charisme thérésien, celle qui explique le sens du nouveau Carmel et le rôle magistral de ses écrits: Tout cela que, comme le précisait Paul VI dans la proclamation officielle du Doctorat, "Thérèse a mené à bien dans le cadre de sa famille religieuse, dans l'Eglise et dans le monde, à travers son message impérissable et actuel: le message de l'oraison". b)- C'est que sa redécouverte de la contemplation a entraîné la proposition de nouvelles formes concrètes en la matière, en vue d'un exercice accessible à toute classe de chrétiens (Chemin 19,15; 23,5). D'où l'instauration d'une nouvelle pédagogie, l'ouverture de nouvelles voies d'initiation et de nouvelles méthodes de développement. Grâce à la pédagogie des écrits, le charisme thérésien de la contemplation se convertira en une évidence au sein de l'Eglise, à tel point qu'on ne peut penser aujourd'hui la réalisation de la vie chrétienne sans une référence à cette dimension théologale et même à son objectif mystique. En ce sens, il nous suffit de relire le texte important du Catéchisme de l'Eglise Catholique sur la mystique comme plénitude de vie chrétienne (n° 2014) et sur la pédagogie de la contemplation (nn° 2709-2719). c)- la valeur paradigmatique de l'expérience contemplative de Thérèse s'appuie sur les éléments suivants: sa dimension évangélique, du fait que, par l'oraison, on pénètre jusqu'au coeur même de l'Evangile (Vie 9,4; 10,1; Chemin 37,1); -son dynamisme théologal qui imprègne toute la vie, personnelle et communautaire, dans la dynamique même de l'amour (Chemin 4,9; F 5,2.15-16; IV Demeures 1,7);-sa valeur apostolique et sa dimension èvangélisatrice dans le cadre de l'Eglise ( Chemin 1,2.5). 29.dans un nouveau style de vie fraternelle : Lecture en clé communautaire a) - Le charisme thérésien, son expérience mystique du Christ, son idéal contemplatif au service de l'Eglise, demandent à s'incarner visiblement dans tout ce que Thérèse présentera bientôt comme "notre style d'amitié fraternelle et de récréation" (Fondations 13,5). En réalité un idéal de vie comunautaire configuré selon les trois facteurs suivants: -Une communauté qui soit avant tout un "collège du Christ" (CE 20,11), conforme au modèle le plus radical de l'Eglise primitive, puisque le Seigneur est présent lui-même au milieu de la communauté (Vie 32,11): C'est lui le "Maître de la maison" (Chemin 17,7), c'est lui qui "nous a rassemblées ici" (Chemin 1,5; 3,1). -Une communauté qui respecte les exigences de la stricte égalité et du véritable amour ( C 4,7; 7,9), où tout révèle le style évangélique de l'amour effectif, gratuit, désintéressé (C 4,11; 6-7; V M 3, 7-12), où la norme du travail manuel est valorisée ( Const.28). - Une communauté humaniste, avec certaines notes particulières qui pouvaient sembler insolites en leur temps: la culture, les vertus humaines, la douceur, la prudence et la discrétion, la simplicité, l'affabilité, la joie. Les Soeurs, elles sont "d'autant plus saintes qu'elles sont plus sociables" (Chemin 41,7-8) b)- Il convient de souligner ici le parallèle entre ce style de vie fraternelle et ce qui nous est rappelé dans Vita consecrata sur "la vie fraternelle dans la charité" (VC 42), et dans Novo Millenio ineunte sur la spiritualité de communion (NMI 43). c)- La lecture que nous proposons de faire des écrits de notre Ste Mère prétend recréer la communauté thérésienne, "notre style de fraternité", avec les traits qui la caractérisent. La lecture en communauté, en communion avec l'Ordre tout entier, là où ces paroles acquièrent une résonance spéciale, devrait nous y aider. 30.Sous le regard de la Vierge du Carmel : Lecture mariale a)- Le projet fondateur du Carmel comporte une référence mariale bien claire (Vie 33,14). Aussi Thérèse de Jésus, qui a expérimenté très tôt dans sa propre vie le pouvoir intercesseur de la Vierge (Vie 1,7), propose cette Très Sainte Vierge comme Mère et Patronne de l'Ordre (Fondations 29,23; III Demeures 1,3), comme modèle de prière et d'abnégation sur le chemin de la foi (VI Demeures 7, 13-14), comme femme compromise corps et âme dans l'écoute et la contemplation de la Parole du Seigneur (CAD 5,2; 6,7), toujours docile aux impulsions de l'Esprit-Saint, associée au Mystère pascal du Christ par l'amour, la douleur et la joie (VII Demeures 4,5; R 14,6). Il s'ensuit que la communion avec Marie doit imprégner tous les éléments de notre vie en leur imprimant le sceau mariai, qu'il s'agisse de la vie fraternelle, de l'esprit d'oraison et contemplation, de l'apostolat sous toutes ses formes, ou de l'abnégation évangélique en elle-même. b)- En nous offrant le modèle de notre vie, la figure évangélique de la Vierge nous stimule également à marcher sur ses pas, en nous invitant, comme de vrais "pauvres de Yahvé" que nous sommes, à "configurer notre vie à celle de Notre-Dame, dans la méditation continue de la Parole divine, dans la foi et le don de nous-mêmes dans la diversité de l'amour".- De la main de Marie, nous pénétrons dans le mystère du Christ et de l'Eglise, nous devenons, tout comme elle, des porteurs de Jésus et de la Bonne Nouvelle du Royaume. Voilà pourquoi la dimension mariale est indubitablement, et en relation avec sa dimension christocentrique, l'une des clés fondamentales de la lecture thérésienne. c)- Tout à côté de Marie, nous avons St Joseph comme humble serviteur du Christ et de sa Mère, comme exemple vivant de communion priante avec Jésus: "Nourris de l'esprit de sainte Thérèse, avec la bienheureuse Vierge Marie nous aimons St Joseph son époux, et le vénérons comme l'humble serviteur du Christ et de sa Mère, modèle de communion priante avec Jésus et protecteur très prévoyant de l'Ordre" (Const. 52). 31. En dialogue culturel : Lecture inculturisée et globalisée a) - Thérèse de Jésus vit immergée dans le monde culturel du XVI ème siècle, en même temps qu'elle garde les yeux tournés vers de nouveaux horizons, tant elle est sensible aux grands événements de son temps. La rapide expansion du Carmel dans le monde européen se produit comme un phénomène, non seulement d'irradiation, mais aussi d'inculturation. Et l'on peut en dire autant de l'expansion missionnaire, avec l'implantation du Carmel dans les diverses parties du monde. Et finalement, la même chose peut également s'affirmer au sujet des écrits: c'est un phénomène profondément culturel et religieux. b)- En conséquence, on peut affirmer que Thérèse de Jésus met en marche un mouvement non seulement religieux, mais aussi culturel. Celui-ci révèle une série de valeurs qui configurent un style de vie déterminé, appelé à s'incarner dans les cultures les plus différentes. C'est le style de vie que Thérèse a vécu elle-même à partir de son expérience contemplative: un style enraciné dans l'histoire, mais qui a su se transmettre à des disciples successifs. Et ceux-ci n'ont pas manqué de l'incarner à leur tour en des cultures distinctes, où ils ont su l'enrichir de valeurs nouvelles. c)- Voici donc le défi du Carmel actuel. Héritier d'un patrimoine culturel et religieux extrêmement riche, il ne peut se limiter à le conserver en se fixant sur le passé; il doit savoir le projeter vers l'avenir, dans une réalité qui soit à la fois pluriculturelle et globalisée. En ce sens, il est nécessaire d'assurer : -une fidélité toujours renouvelée aux valeurs du charisme thérésien -un projet de vie, également renouvelé, qui tienne compte des coordonnées culturelles de notre temps (communautés renouvelées) -un projet pastoral, renouvelé lui aussi, qui sache envisager un service qualifié de l'Eglise dans le domaine de la spiritualité (retraites, maisons de prière, centres de spiritualité) -un nouveau projet culturel, qui encourage l'étude et la diffusion des écrits de Thérèse de Jésus (Teresianum, CITeS, Congrès, Revues, Maisons d'éditions OCD). d)- Toutes ces lignes d'action sont complémentaires comme préparation auCentenaire de la Sainte. Elle doivent d'ailleurs se développer conjointement, si l'onveut qu'elles soient réellement fécondes dans le monde et dans l'Eglise d'aujourd'hui.Et en même temps, il est besoin d'un certain travail de coordination au niveau del'Ordre (Secrétariat Général pour la Culture), afin que les projets retenus ne restentpas isolés, mais s'intègrent dans notre grand projet religieux-culturel, en vue d'offrirpour notre temps cette image du Carmel que nous voulons tous incarner et rayonner dans notre entourage, dans notre monde globalisé.
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