AU CARMEL DU GLORIEUX SAINT JOSEPH

DE KISHASA…

POUR FETER SAINTE THERESE

 

C’est à 17 heures locales que la célébration a débuté  sous la présidence du Père Emmanuel, ocd, 1er conseiller de la Délégation Générale Saint Joseph du Congo, entouré des quatre prêtres concélébrants. Le cadre choisi était le Carmel du Glorieux Saint Joseph.  Dans la foule, on pouvait remarquer, outre les fidèles habituels de la chapelle du carmel du Glorieux Saint Joseph, la présence des frères carmes du Theresianum,qui ont constitué la chorale ; des carmélites de Saint Joseph, des carmélites de Sainte Thérèse de Turin, des Carmélites Missionnaires Thérésiennes ainsi que des sœurs Thérésiennes de Kinshasa.  C’est cette assemblée, unie d’un seul cœur, qui a fêté solennellement Sainte Thérèse de Jésus, la « Mater spiritualium » « Mère des âmes intérieures », « Maîtresse de vie spirituelle ». Prévue comme mémoire au calendrier liturgique, au calendrier de liturgique de l’Ordre du Carmel, c’est une solennité. Et il y a de quoi : Sainte Thérèse d’Avila est la « Madre »des frères carmes déchaux et des sœurs carmélites déchaussées, leur « Réformatrice », et cela ne choque pas certains, leur « Fondatrice ». C’est autour de 18h30 que cette célébration a pris fin.

Nous vous laissons savourer la méditation qu’a proposé le célébrant principal à l’assemblée.

Notre seul souhait : puissent ces lignes aider chacun à « ne pas rester en chemin ; mais à combattre en personnes de cœur, prêtes à mourir à la peine »(chemin de Perfection chap.20) afin de parvenir à cette union indissoluble si pleine et si savoureuse avec le Christ Jésus et par Lui et en Lui avec la Trinité Sainte.

 

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Frères et sœurs dans le Christ,

 

            Aujourd’hui le 15 octobre 2007, nous nous retrouvons ensemble, en famille, pour célébrer avec joie la solennité de notre Mère Sainte Thérèse de Jésus.  Nous avons raison de célébrer cette solennité avec faste et d’appeler Sainte Thérèse de Jésus notre Mère. Car elle s’est battue pour mener jusqu’au bout l’œuvre de la réforme au sein du Carmel. Grâce à elle, aujourd’hui nous parlons du Carmel thérésien.  Oui, elle a été brave et audacieuse. A son époque, on ne pouvait pas s’imaginer qu’une femme puisse prendre le risque de s’engager  dans une « telle aventure ». Mais d’où lui était venue la force pour amorcer cette œuvre grandiose ?

            Les trois lectures que nous venons de suivre peuvent bien nous éclairer. Ce n’est pas pour rien qu’elles nous ont été proposées en ce jour. Elles ont un message à nous transmettre en cette solennité.

            La première lecture a été tirée du livre de la Sagesse (Sg 7, 7-14). Elle fait l’éloge de la Sagesse. L’auteur sacré nous dit : « J’ai supplié et l’esprit de la Sagesse est venu en moi. Je l’ai préférée aux trônes et aux sceptres ; à côté d’elle, j’ai tenu pour rien la richesse (…)

Tous les biens me sont venus avec elle, et par ses mains une richesse incalculable. (…)

Car elle est pour les hommes un trésor inépuisable, (et) ceux qui l’acquièrent s’attirent l’amitié de Dieu, (…) ».

Frères et sœurs, je pense qu’aujourd’hui, nous aussi, nous devons demander au Seigneur la Sagesse. Grâce à elle, la Sainte Thérèse de Jésus a opéré des choses merveilleuses pour la réussite de la Réforme. Bien souvent, nous manquons de la Sagesse. Et pourtant elle est pour nous, les hommes, un trésor inépuisable, incalculable comme nous le dit la première lecture. Celui ou celle qui l’a a tout. Parce que Jésus est bien cette Sagesse.

Il est la Sagesse personnifiée. Et nous autres  chrétiens, religieuses, religieux, filles et fils de Thérèse de Jésus, nous devons  rechercher le Seigneur partout. La vie religieuse elle-même se définit comme la «  sequela Christi ». Une interpellation nous est donc lancée. Dans notre vie chrétienne, notre vie religieuse, qui recherchons-nous ? Est-ce que nous recherchons vraiment le Seigneur ? Ou tout simplement nous nous recherchons nous-mêmes. Or, nous devons, avant tout, rechercher le Christ (le visage du Christ). Thérèse de Jésus était convaincue de cela, c’est pourquoi elle pouvait s’exclamer : « Mon Seigneur et mon Epoux. Il est temps de nous voir, mon Aimé, mon seigneur ».

            C’est quand nous cherchons le Christ dans notre vie que nous pouvons accepter d’être conduits par  l’Esprit de Dieu comme Saint Paul nous le dit dans la deuxième lecture (Rm 8,14-17. 26-27) que nous avons suivie.

Or, « tous ceux qui se laissent conduire par l’Esprit de Dieu (…) sont fils de Dieu ». Et c’est cet Esprit qui fait de nous des enfants de Dieu et qui nous pousse à appeler Dieu « Abba, Père » et qui fait de nous des héritiers de Dieu avec le Christ. Mes frères et sœurs, est-ce que nous vivons réellement comme des enfants du même Père ? Et pourtant nous devrions vivre comme enfants du même Père. C’est dans ce contexte d’ailleurs que la Sainte Thérèse de Jésus ne cessait de dire à ses filles : « Toutes doivent être amies, toutes doivent s’aimer… ». Mes frères et sœurs, nous aimons-nous réellement ?

Si nous nous aimons réellement, les gens qui nous voient vivre seront édifiés par le témoignage de notre vie. Et c’est à cette condition que nous pouvons instruire les autres.

            Dans l’Evangile que nous venons de suivre, tiré de l’Evangile de Jésus Christ selon Saint Jean (Jn 7, 14-18. 37-39a), il est question de l’enseignement de Jésus. Ce dernier enseigne avec autorité à tel point que les Juifs se demandent d’où lui vient cela. Et Jésus précise que cela lui vient de son Père : « Mon enseignement, dit-il, ne vient pas de moi, mais de celui qui m’a envoyé ». Son enseignement est d’origine divine et pour le comprendre il faut faire la volonté de Dieu.

« Comment est-il si savant, lui qui n’a pas étudié ? »

Mes frères et sœurs, en ce jour où nous fêtons Sainte Thérèse de Jésus, plusieurs personnes pourraient également se poser une question similaire : « Comment Thérèse de Jésus est devenue Docteur de l’Eglise alors qu’elle n’a jamais fait des hautes études théologiques ? » D’où lui est venue cette connaissance pour qu’elle soit  même proclamée Docteur de l’Eglise catholique ? Et bien cela lui vient aussi de Dieu, de l’action de l’Esprit Saint. C’est pourquoi le Seigneur l’avait soutenue dans toute son œuvre de réformatrice et de fondatrice. Elle ne comptait que sur Lui et disait : « Là où est Dieu, là est le Ciel. Oui, c’est une vérité indubitable que là où est la divine Majesté, là se trouve toute la gloire (…) » (Chemin de perfection 8).

« Qui a Dieu ne manque de rien. Dieu seul suffit ! ». Notre mère Thérèse a cru en Dieu et elle nous a laissé un enseignement pouvant nous aider, à notre tour, à nous attacher fortement à Lui (Seigneur). Elle avait compris que Dieu est Amour. Thérèse de Jésus nous donne une doctrine toute centrée sur l’Amour. Etre l’Amour au cœur de l’Eglise dirait sa fille Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus.  Thérèse de Jésus aimait l’Eglise et voulait la servir. C’est ainsi qu’aux derniers moments de sa vie elle pouvait dire : « Seigneur, Je suis fille de l’Eglise ». Elle voulait se reconnaître toujours fille de l’Eglise et la servir comme il se doit. Dans ce même sens elle disait encore à ses filles : « Le monde est en feu ; à l’œuvre mes sœurs ». C’est grâce à son amour dévoué pour l’Eglise qu’elle a eu le mérite d’être la première femme proclamée Docteur de l’Eglise universelle par le Pape Paul VI, le 27 septembre 1970 en la Basilique Saint-Pierre.

            Chez Thérèse, l’amour se transforme en lumière qui devient sagesse. Grâce à sa doctrine, elle est reconnue comme la « Mater spiritualium », la maîtresse de la vie spirituelle. Elle nous a laissé un message qui reste d’actualité : le message de l’oraison qui n’a qu’un seul but, nous unir à Dieu. Cette vie d’union à Dieu, elle l’appelle mariage spirituel que toute âme orante doit rechercher.

Mes frères et sœurs, sur ce point, nos maisons, nos couvents doivent être des sanctuaires de prière, d’oraison ; des lieux où l’on médite la Parole du Seigneur jour et nuit ; des hauts-lieux d’oraison ; des écoles de prière. C’est ainsi que Thérèse nous invite à « comprendre l’immense faveur que Dieu accorde à une âme quand il l’incline à s’adonner généreusement à l’oraison… car l’oraison mentale n’est qu’un commerce intime où l’on s’entretient seul avec ce Dieu dont on se sait aimé ».

                        Pour notre méditation de ce jour, je voudrais insister sur un seul aspect de la doctrine de notre Mère : « L’amour de l’Eglise » (Etre fille de l’Eglise). C’est sûr qu’il y a beaucoup à dire sur cette sainte espagnole mystique aux talents artistiques indéniables. Notre Mère a eu une âme assoiffée de Dieu et de la catholicité. Elle s’est donnée tout entière à Dieu et à l’Eglise. J’espère que nous tous, fils et filles de Thérèse de Jésus, nous devions redire avec notre Mère : « Nous sommes fils et filles de l’Eglise ».  Est-ce que nous aimons réellement l’Eglise ?

Servons-nous comme il se doit l’Eglise ? Qu’elle soit locale ou universelle ? Et pourtant notre apostolat devrait aider l’Eglise locale et universelle pour témoigner notre amour envers l’Eglise. Servons-la avec joie et gaieté. C’est tout ce que notre Santa Madre voulait. Pour elle, la joie au carmel devrait être signe de vitalité et d’équilibre. C’est pourquoi d’ailleurs elle  mettait l’accent sur les récréations communautaires. Les filles et fils de Thérèse de Jésus doivent être des personnes qui rayonnent et transmettent la joie aux autres et non des personnes aigries. Notre Mère voulait que nous soyons heureux dans notre vocation et capables de porter cette joie aux autres. C’est dans ce cadre qu’elle voulut un carmel missionnaire, à même de porter l’Amour (Dieu) partout au monde. Ce monde déchiré par la haine, la violence, la course aux armements, la division etc.

Mes frères et sœurs, en union avec la Vierge Marie, Reine et beauté du carmel, demandons au Seigneur, d’intercéder pour nous afin que :

« Rien ne (te) nous trouble

 Rien ne (te) nous épouvante » ; que nous sachions que « Dieu ne change pas (…) Que Lui seul suffit »