Bénis le Seigneur,  ô mon âme, n’oublie aucun de ses bienfaits.


 

 

Chers frères, chères sœurs, amis et bienfaiteurs,

 

En ce troisième dimanche de l’Avent «Réjouissons-nous d’une joie sainte et douce, réjouissons-nous ! Dieu va venir chez nous». En effet ! Bientôt nous nous retrouverons autour de la crèche. Nos vœux vous y précèdent : Que Noël vous apporte Paix et réconfort, joie et lumière, force dans l’espérance. Que la présence de Jésus Sauveur et Seigneur de nos vies,  illumine 2004, l’Année Nouvelle qui vient.

 

Ses miséricordes nous ont accompagnées tout au long de l’an 2003 qui s’achève sous peu. Elle s’était éclose, sur  la  jubilation retentissante encore dans nos cœurs  pour les 50 ans de présence carmélitaine au Rwanda célébrés le 28/12/2002. «Béni le Seigneur, ô mon âme, n’oublie aucun de ses bienfaits. » Ce chant du psalmiste se répercute dans notre quotidien communautaire.

 

Et, comme pour  maintenir notre action de grâce, en février 2003, le Père Zuazua, ocd,  ancien missionnaire au Congo, (actuellement Procureur des missions à la Maison Généralice) attisant notre reconnaissance par une session sur «Le Carmel et la mission ». Il nous fait rencontrer Mr Jean de Brétigny  QUINTANADOINE  dont tout le rêve fut de fonder un Carmel au Congo, rejoignant ainsi le désir même de notre Madre Thérèse qui la première voulut un Carmel dans ce continent. Par divers textes, le Père nous montra comment Jean de Brétigny chercha par tous les moyens à trouver des soeurs pour partir en mission en Afrique. Le Seigneur est bon, ce grand ami du Carmel meurt en 1634 et  la 1ère fondation au Congo date de 1934. Ce fût Kabwe, qui célèbre septante ans d’existence en 2004. Il est l’aînée du Carmel de l’Afrique central. En 1952, il transmet le flambeau au Rwanda, à Zaza, à l’Est du pays.

Un des nos amis vrai amant du Carmel, Monsieur François Dévalière, ancien Directeur du Centre culturel franco-rwandais, historien de formation, s’est proposé de faire des recherches sur l’histoire du Carmel en France où il est retourné  récemment. Il nous  a écrit sa joie de rencontrer lui aussi  Jean de Brétigny principal introducteur du Carmel en France et en Afrique. Il nous a promis de nous faire lire un jour cette passionnante histoire.

 

            Alors que Soeur Marie Madeleine AKAYEZU se décide de rentrer le 31 mai 2003, après 10 ans en Europe pour se joindre à nous;  les aspirantes Appolinarie et Thérèse seront admises pour commencer le postulat le 21 novembre 2003. Elles trouvent Agnès et Marie Spéciose dans leur deuxième année du noviciat ; Françoise qui a renouvelé ses vœux le 15 mai et Libérata et Ancilla qui commencent leur année en communauté.

Ces dernières allaient-elles quitter simplement le noviciat ? Leurs compagnes exigent une « dot » car selon la culture rwandaise, une jeune fille est dotée lors de ses fiançailles ! De telles cérémonies ne s’improvisent pas, de part et d’autres on se prépare. La soirée du 26/11/03 fut choisie, chacune avait bien exercé son rôle. Qui aurait cru  qu’après 19 ans de vie  à l’intérieur d’un monastère, sœur Immaculée, jouerait parfaitement le rôle d’un papa  demandant la main  d’une jeune fille pour son Fils ! Quant à Agnès, la novice jouait aussi bien le papa des filles. Tandis que les unes étaient ainsi sérieuses, d’autres se tordaient de rires devant un  soit disant « monsieur » avec  une barbe noir… Après la remise de dot (petite synthétiseur et une horloge), c’était l’accompagnement des épouses, dans leurs nouvelles demeures, sous le chant : « L’époux c’est Jésus, le beau Père , c’est Dieu le Père, le belle Mère c’est la Vierge, ‘ Umuranga’(l’intermédiaire) c’est Esprit Saint ! Les belles sœurs sont vos sœurs, la société, c’est l’Eglise !!! »

 

Encore « la nouvelle » de chez-nous ? Grande fête au village : « Du rocher de notre jardin le Seigneur a fait jaillir  la source d’eau vive ! » En effet le 16 juillet, par le forage, on a trouvé l’eau à 60 m avec un débit de 4000 litres.  Il fallait trouver une pompe immergée, pour monter l’eau.  Après le coûteux travail de la plomberie, depuis le 1 octobre, les citernes sont bien pleines. Il reste à trouver une pompe hydrophore pour acheminer l’eau avec une meilleure pression, dans les différents endroits du monastère. Rendons grâce avec nous : nous espérons qu’avec la bonne eau, plus d’épidémie de la typhoïde ! Et comment décrire la beauté du potager et qui a été le premier à bénéficier de l’eau jaillie de son sein ?

Nous saisissons l’occasion, pour remercier vivement tous ceux et celles qui ont contribué à la réalisation d’un tel projet. Dieu qui récompense  celui qui donne un verre d’eau, que ne ferait-il pas pour qui a fait jaillir une eau vive de la source ? Puissent les fleuves d’eau vive jaillir aussi de nos cœurs ! 

Mais alors les voleurs ont osé escalader nos murs dans la nuit du 08 septembre ! Heureusement qu’ils ont laissé les sœurs saines et sauves mais les différents appareils qu’ils ont pris nous laissent assez démunies.  Dieu merci, nous vivons encore pour célébrer ses bontés.

Et dans notre Eglise : Cette année fut marquée de façon spéciale par « Kibeho » lieu où est apparue la sainte Vierge Marie (1981-1983).  A l’occasion, le Cardinal SEPE CRESCENZIO, Préfet de la Sacré Congrégation pour l’évangélisation des peuples a visité notre pays pour la bénédiction du Sanctuaire marial à Kibeho, dédié à « Notre Dame des douleurs ». Malgré son programme serré, il est passé au Carmel. Il nous encourageait : « Vous êtes le cœur de l’Eglise, priez pour sa mission à travers le monde, priez pour le Saint Père, pour les pasteurs et pour moi ». Avant de partir, il nous a donné des chapelets et une photo du Pape et nous exhorta encore : « Par le moyen du Saint Rosaire, priez en union avec le Saint Père, pour la paix sur la terre et pour la famille humaine ». Nous nous y étions déjà engagées par la récitation du chapelet à 11h 30. Notre Mère prieure lui a remis en souvenir de son passage dans notre monastère, un portrait de la Madre Thérèse peint par un artiste rwandais.

Le 28/11/ 03, l’Evêque du lieu a consacré son diocèse à la Vierge Marie et a béni une statue représentant Notre Dame de Kibeho. C’est dans ce sillage marial, que la Légion de Marie  célébrait aussi 50 ans de présence au Rwanda.

 

Le Cardinal était accompagné par notre Archevêque et le Nonce apostolique, Mgr l’archevêque Salvatore PENNACCHIO. Ce dernier nous avait accordé la joie de présider la liturgie du Vendredi Saint et  il a offert à chacune la Lettre encyclique du Pape Jean Paul II sur l’eucharistie. Il reviendra  plus tard pour nous annoncer son départ ! Au cours des cinq ans comme apôtre dans notre pays, il a été proche des chrétiens. Il a célébré plusieurs messes dans notre chapelle. Nous portons son souvenir dans nos cœurs. Nous lui disons un grand merci pour tout ce qu’il a été pour nous, pour le souvenir du livre : « Sa Sainteté le Pape Jean-Paul II et le Rwanda, 25 ans de pontificat (1978-2003) »

           

Le Seigneur continue à consoler son Eglise, cette année, 52  nouveaux  prêtres  ont été ordonnés ! L’année prochaine, plus de quarante encore ! Pour toutes ces  bénédictions que Dieu en soit glorifié à jamais. Ceci a permis un autre tournant dans notre paroisse St Charles Lwanga (Nyamirambo). Elle était confiée aux Missionnaires d’Afrique, elle est actuellement remise à l’archidiocèse avec l’abbé Emmanuel Gasana  curé, aidé par deux nouveaux ordonnés : Jean Pierre et Mathias. Nous leur assurons notre soutien de prière.

Encore dans l’eglise au Rwanda, nous saluons avec joie, la prochaine nouvelle fondation d’un Foyer de Charité à Kigali-Rebero, c’est à 45 minutes du Carmel. Le nouveau Père est Mgr Félicien MUBILIGI, l’ancien Vicaire et Econome général du Diocèse de Butare.

 

            Les nouvelles de l’Ordre du Carmel : La plupart ont su qu’au cours de cette année eut lieu le chapitre. Nous avons un nouveau Préposé Général dans la personne du Père Luis Arớstegui. Lors du dit chapitre, deux nouveautés dans l’histoire de l’Ordre ont été enregistrées: les moniales ont assisté pour la première fois dans un chapitre général, Sœur Thérèse Margherita, présidente de notre Association de l’Afrique francophone y a participé. La deuxième est le premier définiteur africain le Père IGIRUKWAYO Marie Zacharie. En septembre,  nous avons eu la joie de l’accueillir chez nous et il a accepté de nous faire un commentaire du document capitulaire.

 

Tandis que du 17 octobre au 4 novembre 2003, notre  Mère a participé à une session de formation pour les prieures des carmels de l’Afrique  francophone sur ‘l’accompagnement spirituel’ au Cameroun - Yaoundé.

 

Notre reconnaissance va à nos frères Carmes du Rwanda. Nous continuons la récollection mensuelle avec eux. L’année passée, ils nous ont aidées à approfondir le thème de la Lectio divina. Ils continueront ce service pour la formation continue sur un autre  thème: « A la suite du Christ.»  En novembre et décembre, nous avons eu la joie d’échanger avec le Père  Provincial de Varsovie et le Secrétaire  Provincial de Cracovie de passage au Carmel. Ils étaient avec le Père Frédéric venu renforcer l’équipe missionnaire. Nous lui souhaitons bon courage !

Nous remercions également nos frères Carmes du Congo: Daniel, Jérôme, Jean XXIII , Jean Paul et Innocent, pour leurs visites fraternelles et Godefroid qui répond toujours positivement aux divers services que nous lui demandons.

 

Entre temps le Seigneur  a cueilli les belles fleurs de son jardin entre autre Mgr André Perraudin, Evêque émérite de Kabgayi, ainsi que chez les membres de famille de nos sœurs : les neveux de soeurs Immaculée et Paul Marie, les frères de Estelle et  Marie Madeleine, la grande soeur de Agnès et la belle sœur de Marie Agnès. Nous avons offert l’Eucharistie en leur mémoire, nous les confions à votre prière.

 

C’était, chers frères et sœurs, amis et bienfaiteurs, un partage de ce que nous avons vécu au cours de cette année qui s’achève. Rendez-vous autour de la crèche.

 

Bénis le Seigneur,  ô mon âme, n’oublie aucun de ses bienfaits

 

Vos sœurs  Carmélites