Dieu du silence

J’ai cherché Dieu, Il s’est caché

Je lui ai parlé, Il a gardé silence

J’ai crié, Il a préféré se taire

J’ai frappé, Il a ouvert sans bruit

Finalement j’ai douté et pourtant Il était là.

Je croyais qu’Il était tout puissant, je l’ai vu faible

Le mal se faisait, Il ne réagissait pas

Je l’ai accusé de complice, son heure n’était pas encore arrivée

Je discutais, Il baissait le regard

Je l’ai condamné et Il me souriait.

Oh Dieu, qui es-tu? Où es-tu?

Les païens acclament contre moi, Lui refuse mon orgueil et ma vengeance

Je subis l’injustice et en souffre, Il n’intervient pas

Ma colère monte, Il me souffle «convertis-toi»

Je me tais réduite au silence, Il me dit «Je suis aussi Silence».

Je suis un Dieu de la Parole, mais ma parole est silence

Je ne détruis pas, j’aime la liberté

Je ne casse pas, je suis doux et humble de cœur

Je ne viole pas, je suis la paix

Je ne condamne pas, je suis Sauveur

Je suis le Pères des faibles.

Un jour Il me dit:

«Mon enfant, me suivras-tu sur le chemin?»

Je l’ai regardé, je me suis vue incapable d’être comme Lui

J’ai préféré plus quitter sa maison que le devenir faible qu’il me proposait

Il me laissa partir sans nulle envie de me forcer

De ses beaux yeux cependant coulaient des larmes de sang!

Loin de sa maison un loup m’attendait

Il me proposa un bonheur sans effort

J’ai commencé à en goûter, mais d’épines mon cœur fut transpercé

J’ai crié, le loup m’a asséné ses coups mortels

Entre furieux rougissements du nouveau maître et cris désespérés d’esclave

Une douce voix chuchotait mais se faisait entendre

«Je suis ton Dieu et Père, je ne change pas».

L’Amour m’a saisi et tiré de la mort

Il m’avait cherché sans se lasser.

Arrivée dans son bercail, c’était accueil de fête

Tous dans l’admiration et l’émerveillement

Il demeura silencieux, alors j’ai compris.

Le silence dit Dieu

Le silence est présence

Le silence de Dieu est vie

Son silence est force

Son silence est paix.

Dans son silence, je me sens aimée

Dans son silence, je me sens écoutée.

Tout est dit dans ton silence, Tu peux rester silencieux mon Dieu.

Je commence à fuir le monde du bruit

Je veux rester dans la contemplation du silence où s’entend ta voix.

J’ai avalé ton silence, la sainte Eucharistie

En moi il demeure ma part d’héritage.

Je comprends ton choix du silence

Tu as voulu m’introduire dans ton mystère

Tu m’en enveloppe pour que j’aime le silence.

J’ai rencontré un Dieu en silence

Il est plein d’Amour et de Miséricorde.

Immaculée Uwamariya, sœur bernardine (Kigali)

Butare, samedi 28 juillet 2001.