Entre - Nous

 

Entre-Nous 2009 - 2

Directeur de la rédaction

Père Daniel Taillieu, Carme - Missionnaire

Rue de Chèvremont 96

B - 4051 Chèvremont

www.ocdcongo.net

 

 

 

 

 

Sommaire

Mot du père Daniel

Le père Michel Marie De Goedt

Le père Dario Cumer

Nouvelles de nos Maisons

Brazzaville

Kananga

Chèvremont

Nouvelles de nos Moniales

Un Carmel au Burundi

Carmel de Laval (France)

Reliques des Parents de ste Thérèse de l’Enfant Jésus

Voeux de Pâques

Mot du Père Daniel

 

Deux grandes figures pour notre Délégation nous ont quittés: le père Michel Marie de la Croix s’est éteint paisiblement le mardi 3 février en fin d’après-midi; le père Dario Cumer, carme de la province de Venise, qui a passé près de deux ans à Kinshasa, est mort en Italie le samedi 10 janvier.

Pour les nouvelles de nos Maisons, il y en a surtout de Brazzaville. Aussi un compte rendu du Jubilé à Kananga.

Pour les Moniales, quelques nouvelles du Carmel de Laval. Et... l’annonce d’un premier Carmel féminin au Burundi.

Pour rester dans l’actualité: un rapport de la pérégrination des reliques des bienheureux parents de sainte Thérèse de l’Enfant Jésus.

Une nouvelle fête missionnaire sera lancée à Poelkapelle, à côté de Zonnebeke, selon une formule nouvelle: du 14 au 16 août 2009. Comme projet: l’agriculture paysanne dans quelques de nos Maisons et chez les Moniales.

Mieux de donner un outil de travail que simplement du pain.

Que le Seigneur bénisse tous ceux et celles

qui nous aident spirituellement,

moralement ou matériellement.

In memoriam

Le père Michel Marie De Goedt

Célébration des Obsèques du père Michel - Marie de Goedt

Introduction

Frères et sœurs,

C’est avec une grande émotion que je préside cette célébration au nom de notre frère Olivier -Marie, provincial, qui est actuellement en visite pastorale à Bagdad et à Beyrouth, et qui est en profonde communion avec nous en ce moment.

Notre frère Michel-Marie de la Croix est l’un des premiers carmes que j’ai rencontré et celui qui m’a fait découvrir la belle figure d’Edith Stein, sainte Thérèse Bénédicte de la Croix.

Nous voici donc, rassemblés dans cette chapelle du couvent de Lille pour accompagner notre frère Michel-Marie de la Croix, Michel de Goedt, dans son dernier voyage.

Michel est né le 11 octobre 1924, à Mons en Baroeul.

Après avoir lu la Vida de notre Mère Sainte Thérèse de Jésus - comme il aimait à l’appeler - il entre au postulat des Carmes Déchaux de la Province de Paris, à Avon, le 22 septembre 1941 et reçoit l’habit le 2 octobre. Durant sa première formation, il rencontre le père Jacques de Jésus.

Il prononce ces premiers vœux le 3 octobre 1942 et fait profession solennelle le 14 juillet 1946.

Il est conventuel à Avon, de 1951 à 1954, puis à Lille de 1954 à 1957.

Il suit des cours à Louvain et obtient une licence en histoire et philologie orientales. Il revient à Avon de 1957 à 1960 et enseigne l’Écriture Sainte.

Profondément touché par le mystère de peuple juif, il pense s’orienter vers la congrégation des pères de Sion et y fait un essai de 1960 à 1962.

Revenant dans la Province en 1962, il est conventuel à Avon jusqu’en 1969.

Il part ensuite en Terre Sainte, où il réside au couvent d’Haïfa, Stella Maris, durant 11 ans.

Il revient à Paris en 1980 et est élu Provincial pour trois ans, au chapitre de 1981. Il s’investit dans la préparation du Chapitre Provincial de 1984 et motive les frères pour ce travail qui aboutit à une profonde restructuration de notre Province. Il réside alors à Paris et y demeure jusqu’en 1991.

Peu après son retour en France, il a - selon sa propre expression - “la grâce d’accompagner la fin de vie de la mère de son beau-frère, chrétienne d’origine juive, qui a voulu mourir en juive parce qu’elle était foncièrement juive”.

La vie fraternelle en communauté s’écoule avec ses joies et ses difficultés mais elle s’avère trop exigeante et trop difficile pour sa sensibilité à fleur de peau.

Une séparation douloureuse mais nécessaire à lieu.

De 1992 à 1995, il est aumônier d’une communauté de religieuses à Chevilly-Larue. Puis en 1995, il est fraternellement accueilli par la communauté de Chèvremont en Belgique, où ces dernières années, il a pu aider les étudiants venus du Congo dans la rédaction de leurs travaux universitaires.

Le 15 janvier, le Provincial de Paris, frère Olivier-Marie, va le chercher et le conduit à l’unité de soins palliatifs des sœurs oblates de l’Eucharistie de Frelinghien, où il s’est éteint paisiblement le mardi 3 février en fin d’après-midi.

Michel-Marie nous laisse de nombreux écrits, fruits de sa constante recherche théologique, biblique et spirituelle. Pensons tout particulièrement à ses deux ouvrages sur la christologie, d’une part de sainte Thérèse de Jésus, d’autre part de saint Jean de la Croix, dans lesquels avec finesse, rigueur et pertinence il nous entraîne au cœur de leur expérience et de leur doctrine.

Dans une note, il indique lui-même les principaux axes de sa recherche:

- Dieu se dit et se communique en et par Jésus-Christ. Dépassement de l’opposition stérile entre théocentrisme et christocentrisme.

- La science à laquelle Dieu nous donne part dans le mystère de la Croix glorieuse (référence primordiale à Edith Stein).

- Marie, Mère de l’Église. Elle est déclarée et faite Mère de l’Église par Jésus en croix.

50 ans de relations avec les Juifs ont occasionné et motivé une recherche théologique et historique sur le statut théologique des Juifs:

- Sont-ils “encore” concernés par l’appel premier qu’ont entendu leurs pères, Abraham, Isaac et Jacob?

- Sont-ils encore héritiers des promesses faites à ceux-ci? Forment-ils un peuple de Dieu à côté du Peuple de Dieu qu’est l’Eglise?

- Quelle parole théologique est-il possible de balbutier au sujet de la shoah?

Cette recherche a porté fruit. Michel-Marie reçoit le Prix de l’amitié judéo-chrétienne de France, le 14 novembre 2005, à l’espace Bernanos. En mars, la revue Sens avait publié un numéro intitulé ‘Théologie chrétienne après Auschwitz’ méditations du père Michel de Goedt. Numéro magnifiquement introduit par le Grand Rabbin Gilles Berheim qui a été intronisé le 1er février 2009, Grand Rabbin de France.

Permettez-moi de lire le message qu’il a adressé à notre Province:

L’affreuse nouvelle du décès du père Michel de Goedt m’est arrivée ce matin. J’aimais beaucoup le père de Goedt. J’avais exprimé mon attachement à sa pensée et à sa personne dans la revue Sens et lors de sa remise de prix de l’Amitié judéo-chrétienne de France.

Je voulais seulement vous dire que je suis bouleversé et que je prends part, du fond du cœur, à votre peine. Croyez, Mon père, à ma très profonde sympathie.

Gilles Bernheim, Grand Rabbin de France

Lors de la réception du prix de l’amitié judéo-chrétienne de France, Michel-Marie concluait son témoignage par ces mots: “Quelle joie incomparable a été pour moi d’entendre par la grâce de l’amitié les paroles de l’Alliance me parvenir dans la lumière d’un lien noué par Dieu même, que son Nom soit béni!”.

Beaucoup d’amis juifs et chrétiens sont unis à notre célébration, particulièrement les membres de l’Amitié Judéo-chrétiennes de France, représentée ici par Mme Danielle Delmaire.

Mentionnons également les diverses communautés de nos sœurs carmélites, qui nous ont écrit leur profonde communion, Mgr Guy Gaucher, le père François-Marie Léthel et bien d’autres.

C’est toute cette vie de Michel-Marie de la Croix, tissée d’ombre et de lumière, de peine et de joie, d’incompréhension et de profonde communion; cette vie donnée au sein de l’Ordre du Carmel dans la Province de Paris, cette vie d’écoute de la Parole et de dialogue avec nos frères aînés dans la foi que nous présentons maintenant à Dieu. Dans l’action de grâce et dans l’appel à sa miséricorde.

Fr. Didier-Marie Golay o.c.d.

Homélie

C’était dans les années 50. Nous étions un petit groupe sortant du noviciat, et sur le point de commencer nos études religieuses. On nous annonça que l’un de nos professeurs serait un jeune père arrivant de Rome : le père Michel. Et tout de suite, nous fûmes séduits par l’enthousiasme avec lequel il faisait ses cours, soucieux de nous transmettre la tradition de l’Église et ouvert aux recherches contemporaines.

Quelques temps après, l’organisation de l’enseignement fut modifié, et le père Michel, s’engagea sur une voie un peu différente, se consacrant à la lecture des Écritures. Il alla passer trois ans à l’université de Louvain, pour s’initier à l’exégèse moderne avec un maître d’alors: Lucien Cerfaux.

L’organisation des études étant encore modifiée, nous nous retrouvâmes à Avon, où Michel devint notre professeur d’Écriture Sainte. La matière avait changé, son enthousiasme était le même.

Vinrent les années 60. Moi-même je suis parti dans un autre couvent où j’appris que Michel s’engageait dans un autre voie qu’on pourrait nommer: Amitiés Judéo-chrétiennes. Ce qui l’amena a allé vivre une dizaine d’années en Terre Sainte où, bientôt, il parlait couramment l’hébreu et s’initiait à la culture juive. Il était fasciné par le rôle dévolu au Peuple juif dans l’histoire de la Révélation.

Revenu en France, à la fin des années 70, il fut bientôt élu Provincial. Je me souviens des journées où il voulait nous réunir autour de notre trésor commun: le Carmel. Lui-même, dans les différentes voies où il s’était engagé – philosophie, théologie, écriture sainte, judaïsme – était toujours resté en communion avec la tradition du Carmel. Il écrivit nombre d’articles où il laissait parler sa passion

carmélitaine et bientôt il publiait deux livres sur le Christ et le Carmel: le Christ chez Thérèse et le Christ chez Jean de la Croix.

J’aime aussi me rappeler le soin qu’il metta à préparer notre Chapitre Provincial de 1984, où il s’agissait de resserrer l’unité de notre Province. Il multiplia les enquêtes auprès des communautés et de chaque religieux, afin que les décisions soient bien le fait de tous.

Les années qui suivirent n’auront pas été pour lui très faciles – il est vrai que son caractère n’était pas toujours commode. Ses colères pouvaient faire peur, encore qu’il était ensuite le premier à venir s’en excuser. Les maladies aussi sont venues assombrir ses dernières années, jusqu’à la fin que nous savons.

À travers les moments heureux et les moments difficiles, Michel aura répondu fidèlement à l’appel entendu dans sa jeunesse. Son engagement fut résolu, son insertion au Carmel évidente, sa foi chrétienne toute entière éveillée vers la rencontre. La rencontre de ces jours-ci où, en même temps qu’il nous quitte, il se retrouve comme jamais auprès de Dieu.

Enfin s’il me fallait d’un mot évoquer sa vie, je dirai: Fidélité. Fidélité à son baptême; fidélité à sa profession religieuse; fidélité à sa conscience; fidélité à Jésus-Christ.

Fr. Jean-Baptiste Foch (Lille)

Le père Dario Cumer

Samedi 10 janvier, la Vierge est venue prendre son fidèle serviteur, le père Dario Cumer, carme de la Province de Venise.

Il est né dans le Trentin italien le 6 août 1935. Dans sa province religieuse d’origine et au Teresianum de Rome, sa vie s’est écoulée comme enseignant et formateur.

C’est là-bas que la maladie l’a rejoint. Son état s’est brusquement aggravé à la fin de l’année 2008.

Avec une licence en théologie et en philosophie, sa formation scientifique fut couronnée par un doctorat en philosophie et en lettres à l’université catholique de Milan. Maître des étudiants du Collège International, supérieur de la Maison interprovinciale OCD, il a passé près de deux ans à Kinshasa, République Démocratique du Congo.

Son dernier retour au Teresianum de Rome date de 1993. Secrétaire ponctuel et serviable de la Faculté, économe de la même institution, il a été recteur de 2000 à 2006. Dans les dernières années de sa vie, il a lutté physiquement et spirituellement contre un cancer malin. Il a adhéré de cœur au mouvement des Focolari.

Le père Général a présidé les obsèques solennelles dans la chapelle du Teresianum, mettant en relief le rôle du père Dario Cumer comme formateur dans les années agitées de l’après Concile, où en tant que maître des étudiants il a fait preuve d’un esprit créatif travaillant sur l’authenticité de la personne. Dans ses dernières années il était une personnalité spirituellement très mûre, mettant toujours l’accent sur l’essentiel dans la sobriété.

(Curia ocd Rome - 01/02/2009)

Nouvelles de nos Maisons

Brazzaville

La ‘Marmite de Noël’

La ‘Marmite de Noël à Fatima’: Une idée originale. Une idée qui a déjà fait du chemin. Cela fait quatre ans que, le jour de Noël, les enfants de la paroisse Notre Dame de Fatima, se retrouvent pour une journée d’amitié au sortir de la messe de Noël du 25 décembre pour un temps de partage amical autour de l’Enfant- Jésus.

Cette idée originale est soutenue par nombre des paroissiens si bien qu’ils l’appuient par leur contribution pour que la ‘marmite de Noël’ soit pleine. Les parents ne se font pas supplier. Le curé n’a pas besoin de faire une campagne médiatique. De leurs propres initiatives, les parents apportent qui des vivres frais, qui des jouets, qui du jus, qui une contribution financière etc.

Cette année, plus de 500 enfants ont été réunis dans l’enceinte de la cour de la paroisse. Les portails de la Paroisse Notre Dame de Fatima ont été grandement ouverts pour laisser entrer les enfants. Ils étaient à l’honneur.

Ce temps, il convient de le souligner, n’a pas été du chômage déguisé. Toute une organisation bien planifiée par le comité organisateur a su joindre l’utile à l’agréable. Six heures de vie d’ensemble reparties de la manière suivante.

Cette journée d’amitié a un avantage pendant ce temps de vacance de Noël. Elle fait office de ‘garde fou’ (passez-nous l’expression) en empêchant autant que possible les enfants à vagabonder sans raison dans la ville à Noël. Avant la mise en œuvre de cette idée, les années passées, plusieurs dégâts commis par les enfants ont été enregistrés. Les plaintes des parents ont été entendues.

Les pasteurs ont pris des mesures d’encadrement de la jeunesse. Voilà comment est née la ‘Marmite de Noël à Fatima’. En occupant ce temps par des concours et autres détentes instructives, on favorise l’esprit d’émulation et de créativité chez les enfants en leur apprenant à mettre au service de la communauté leurs dons et talents. Cette journée d’amitié resserre les liens entre les enfants du même quartier et ceux des environs. Avec cette journée, les enfants apprennent à se connaitre pour mieux travailler ensemble. Cette journée attire aussi d’autres enfants dans les mouvements tels: Kizito-Anwarité, Elisa (Sainte Elisabeth), Yamboté, enfants des chœurs. Si la jeunesse est l’avenir de demain, encore faudra t-il l’encadrer pour assurer cet avenir qui commence déjà aujourd’hui.

Que le Seigneur consolide donc cette initiative, oh combien louable, et qu’il comble de ses bénédictions toutes celles et tous ceux qui ont participé à la réussite de cette quatrième édition de la ‘marmite de Noël’ à Fatima.

Le marriage du siècle à Notre Dame de Fatima

Ils sont venus un matin, main dans la main, frapper à la porte du père curé de la Paroisse N.D. de Fatima. Ils sont venus exprimer le désir brûlant qui les habite: ils veulent se marier religieusement. Ils, c’est Pierre Sekamana et Sarah N’ntezimana. Comme on peut se l’imaginer, le curé ne s’est pas opposé à leur désir profond. Loin s’en faut! Seulement voilà: à les voir tous les deux, ils paraissaient très jeunes. Le curé, pour avoir le cœur net, a posé la question de savoir quel âge avait chacun. À la fin du mois de janvier Pierre totalisera 24 ans et Sarah a déjà totalisé 18 ans le 23 décembre l’an passé. Habitué qu’il est à assister les mariages des quadragénaires et de quinquagénaires et ceux des vieux couples, le curé a demandé au jeune couple de revenir le lendemain, le temps pour lui de se renseigner et de fouiller le Code du Droit Canonique pour voir si à cet âge il peut bien accorder à ces jeunes de se marier religieusement. Le curé, après avoir scruté minutieusement le code, a poussé un Ouf! de soulagement. Le code de droit canonique est venu à son secours et c’est le canon 1082 §1 qui a répondu à son inquiétude: “L’homme ne peut contracter validement le mariage avant 16 ans accomplis et la femme de même avant 14 ans accomplis”. Il s’agit-là d’un des cas d’empêchements dirimants en particulier le mariage.

Puisque l’âge canonique pour le mariage religieux est trouvé, plus rien ne pouvait donc empêcher la publication des bancs de ces jeunes, même si dans l’assemblée cette annonce a fait l’effet d’une bombe sur les uns et a fait frissonner les autres. Certaines langues s’étaient spontanément déliées arguant que ces jeunes n’ont pas encore de « l’expérience », que ces jeunes n’avaient pas encore fait ‘la vie’ pour s’engager très vite comme ça! Mais ces commentaires n’ont pas pu avoir le dessus.

Les enseignements sur le mariage ont été donnés. Le père René ne s’est pas fait supplier pour accompagner le jeune couple. Et le mariage est fixé au dimanche après le Baptême du Seigneur. C’est à 10 heures, sous une douce pluie que le couple est accueilli à l’entrée de l’Eglise par le curé lui-même qui a accepté volontiers de présider cette célébration riche en couleur.

Cette célébration, il faut le dire, a attiré pas mal des curieux qui ont voulu « voir » de leurs propres yeux qui était ce couple si jeune pour s’engager ainsi, sans désemparer, devant Dieu et devant les hommes par le lien du mariage. Les curieux et les sceptiques ainsi que les croyants, tous, ont assisté à ce mariage tant attendu, du début à la fin. Tout s’est déroulé dans une ambiance de solennité. Le mariage a bel et bien eu lieu et a été célébré selon les normes de l’Eglise catholique romaine. Pour la petite histoire, ces jeunes sont venus du Rwanda. L’un de Kigali, l’autre de Ruhengeri. Ils font partie de ce peuple qui a fui les affres de la guerre. A leur arrivée au Congo Brazzaville, Dieu seul sait comment, Pierre avait 12 ans et Sarah, 7. Tous les deux se sont rencontrés dans le camp des réfugiés à une trentaine de kilomètres de Brazzaville, à Kintélé. Dans ce camp, Pierre était un servant de messe tandis que Sarah, une majorette. C’est là que tout a commencé. C’est là, le berceau de leur amour.

Soulignons aussi que Pierre a été, pendant un temps, servant de messe à la Paroisse N.D. de Fatima. Une dernière note pour finir ces lignes: cette année, le père Jean-Marie, curé de la Paroisse N.D. de Fatima totalisera 10 ans de sacerdoce et c’est pour sa toute première fois d’assister à pareil mariage. C’est donc une grande première pour lui et pour tant d’hommes et des femmes de Brazzaville. Ce prêtre concélébrant qui, pendant la célébration a lancé ces mots: “C’est un défi pour les Brazzavillois” n’avait pas tort. Et cet autre qui a qualifié ce mariage du ‘mariage du siècle’ a trouvé des mots justes.

Kananga

A mon arrivée en communauté, l'archevêque, qui était juste venu pour les cérémonies de l'ouverture officielle du complexe scolaire Notre Dame du Mont Carmel, sortait déjà pour partir. C'est dans cette ambiance festive que j'ai été accueilli par mes confrères de la communauté du Mont Carmel: père Sylvain, père Rémy, père Jean Paul et frère André. Le père Délégué, Roger Ngungampimpa ainsi que le père Marcellino Forcellini étaient là pour la circonstance. Il faut aussi citer les frères Joseph Kayembe et Olivier Salumu qui se préparaient au diaconat.

Le lendemain, 14 décembre, solennité de Notre père saint Jean de la Croix, tous les carmes présents à Kananga se sont rendus à la paroisse Notre Père à Kananga II pour célébrer la fête de 50 ans de la présence carmélitaine masculine au Congo. Tout a commencé par la messe solennelle présidée par l'archevêque de Kananga, Mgr Marcel Madila qui avait à ses côtés, Mgr Gérard Mulumba, évêque de Mweka. La communauté chrétienne de Kananga II s'était préparée en conséquence. Une étoffe dont les motifs rappellent 50 ans de la présence des carmes au Congo servait d'uniforme pour la circonstance. Dommage que le tissu soit épuisé si vite et que le promoteur de l'idée et le mécène soit mort avant la fête. Au rythme de la guitare, orgue et tamtam, les chrétiens s'ébattaient devant Dieu comme le roi David devant l'arche du Seigneur. Dans son homélie, l'évêque a rappelé les 3 événements qui coïncident avec l'ouverture du jubilée d'or de l'érection canonique de Kananga comme archidiocèse, le jubilé d'argent du frère André Cibuabua et du père Constantin Kabasubabu et l'ordination diaconale des frères Joseph Kayembe et Olivier Salumu. Il considère que la venue des carmes au Congo l'année de l'érection canonique de Kananga comme diocèse fait partie du plan de Dieu, qui a voulu que les carmes portent le diocèse naissant dans leur prière comme on protège l'enfant dans son berceau. Il en a profité pour stimuler les carmes à la prière afin qu'ils ne s'écartent pas de leur charisme. A la fin de la messe, la parole a été donné à l'un des deux diacres, au président du conseil paroissial, au père délégué, au père Marcellino en tant que figure représentative de la première génération des carmes par son ancienneté. Un repas festif a réunis une bonne partie de la communauté paroissiale et beaucoup de consacrés. Dans l'après midi, il ya eu un concours des chorales. Il faut l'avouer, toutes se sont bien défendues. Après quoi, il y a eu exposition des quelques photos d'archives. Que Dieu soit loué éternellement.

Chèvremont

La colline mariale de Chèvremont reste un lieu de pèlerinage bien apprécié. La Basilique est ouverte du matin au soir.

Malheureusement des gens avec des mauvaises intentions y entrent aussi. Dommage pour les biens de la Basilique qui disparaissent, comme les deux couronnes de la Vierge Marie et de l’Enfant Jésus.

Un bienfaiteur avait le coeur brisé en voyant cette belle statue sans couronnes. Il a voulu les replacer et les fixer lui-même, malgré son âge assez avancé.

Quel courage pour tout installer!

Grand merci pour cet amour brûlant

pour Notre Dame du Carmel!

 

Nouvelles de nos Moniales

Fondation au Burundi

L’Eglise du Burundi sollicite depuis déjà quelques temps la fondation d’un Carmel. En 1985 il y a eu un projet qui n’a pas été réalisé à cause de la situation politique dangereuse et qui s’aggravait à ce moment - là.

Maintenant avec l’encouragement et la participation des carmes présents dans le pays, les carmélites de Cyangugu (Rwanda) ont accepté de relever cet énorme défi, se confiant entièrement à la Providence.

Parmi les 11 capitulantes, 4 moniales et une autre de Kigali ont été désignées pour la fondation. Une carmélite, burundaise de naissance se trouvant actuellement au carmel de Bruxelles (Belgique), sera la sixième qui se joindra au groupe fondateur. Et maintenant on demande si un monastère pourrait offrir 2 carmélites volontaires ayant un généreux esprit missionnaire. La fondation a l’approbation écrite de l’archevêque de Gitega. Le père Général a aussi approuvé la proposition, parce qu’il ne s’agit pas d’une initiative personnelle, mais bien de la réflexion d’une communauté qui a fait une prière intense de discernement.

On compte qu’il y aura des vocations locales. Malgré les fréquents troubles dus à l’instabilité politique, on pense que le Burundi chemine vers une stabilité certaine. L’achat du terrain (quatre hectares) a été possible, grâce à un fonds de la Province de Cracovie destiné à la Délégation du Rwanda - Burundi. Depuis on a ajouté quelques hectares supplémentaires. On lance un appel à la solidarité de l’Ordre pour cette fondation au cœur de l’Afrique, dans la région des Grands Lacs.

(Curia ocd Rome - 01/02/2009)

Carmel de Laval

Voici des nouvelles reçues du carmel de Laval:

Ici, toutes les soeurs vont bien. Soeur Patricia est notre prieure depuis un an et demi. Le 1er mai, sr Murielle fera sa Profession Solennelle. Il y a aussi une novice, Marina (qui vient des USA!) et une postulante. Une regardante vient début mars pour son 2ième stage.”

Les reliques des bienheureux parents de sainte Thérèse

A l’instar des reliques de leur sainte fille qui pérégrinent dans le monde entier pour une charismatique nouvelle évangélisation, une partie des restes mortels des bienheureux Louis Martin et Zélie Guérin, recueillis dans une urne, ont commencé leur pérégrination hors de France.

Du 25 novembre 2008 au 27 janvier 2009 elles ont voyagé dans diverses villes d’Italie. Le samedi 10 janvier elles ont fait leur entrée dans la basilique vaticane, où elles ont été reçues par le cardinal Angelo Comastri, archiprêtre de saint Pierre; elles y sont demeurées jusqu’au mercredi 14 janvier.

Pendant l’audience générale de ce jour le pape Benoît XVI a vénéré publiquement les reliques dans l’aula Paul VI. Il a profité de l’occasion pour se référer aux deux bienheureux époux Louis et Zélie Martin et les présenter comme deux profonds interprètes du mystère de l’amour du Christ.

La date coïncidait avec le début de la VIème Rencontre Mondiale des Familles au Mexique. Les pèlerins français ont offert au pape un reliquaire en argent et métal doré, œuvre d’un artiste de Vérone. Les reliques ont également voyagé jusqu’au sanctuaire national de sainte petite Thérèse de Lleida et Burgos (Espagne). Le 27 janvier elles sont rentrées à Lisieux.

Le message qu’inspire spontanément le passage des reliques est celui de la famille. Il s’agit de parents qui se sont sanctifiés dans la vie du foyer.

(Curia ocd Rome - 01/02/2009)

Vous pouvez trouver des informations complémentaires sur le parcours des reliques et la pastorale qui s’organise autour d’elles sur

Voeux de Pâques

Qu’éclate dans le ciel la joie des anges,

Qu’éclate de partout la joie du monde,

Qu’éclate dans l’Eglise la joie des fils de Dieu.

La lumière éclaire l’Eglise

La lumière éclaire la terre.

Que brille devant toi cette lumière

Demain se lèvera l’aube nouvelle

D’un monde rajeuni dans la pâques de ton Fils !

Et que règnent la paix, la justice et l’amour,

Et que passent tous les hommes

De cette terre à ta grande maison,

Par Jésus Christ!

Bonnes Fêtes Pascales !

Le Seigneur est vivant !

Que sa lumière brille dans ton coeur !