E N T R E  -  N O U S  2007-3

 


 

Cinquième colloque international de spiritualité

 

 

                  Directeur de Rédaction

 

Père Daniel Taillieu, Carme - Missionnaire

Rue de Chèvremont 96     B - 4051 Chèvremont

 

                 Sommaire

 

* Mot du Père Daniel

* Procure des Missions

* 5ème Colloque international

* 2ème Forum National

* 4ème Centenaire du Carmel en Belgique

* Dynamisme créatif à la Maison st Joseph-Kinshasa

* In memoriam : Mère Marie-Joseph de Jésus

          (2 août 1916-30 mai 2007)

 

 

 

Mot du Père Daniel

 

          Un tout grand événement dans la Délégation Générale des Carmes Déchaux au Congo : un «Colloque International», le cinquième dans la série. On l’attendait depuis tout un temps.

          Maintenant au mois de mai 2007 le temps était arrivé. L’organisation et le contenu des conférences ont été tellement appréciés que les participants attendent l’apparition du livre qui sera édité par les Editions Carmel Afrique – E.C.A.

          Le Centre Theresianum a pu accueillir au mois d’avril le 2ème Forum National des Etudiants Catholiques des 2 Congo et du Ruanda.

          Aussi en Belgique, il y a eu un grand événement: le 4ème centenaire da la présence du Carmel en Belgique. Pour souligner l’importance, le père Luis Arostégui, Préposé Général des Carmes Déchaux, était venu pour la circonstance.

          L’autofinancement reste un souci du Conseil de la Délégation. Ainsi, un grand camion est arrivé à la Maison Saint Joseph pour avoir une source de revenus.

 

 

          La « Fête missionnaire » à la Paroisse de Zonnebeke est supprimée à cause de quelques problèmes d’organisation et surtout de mon absence, puisque tellement de choses restent à régler à Kinshasa. Une raison en plus de soutenir la Délégation en passant par la Procure des Missions à Chèvremont. Aussi les intentions de messes sont les bienvenues.

UN TOUT GRAND MERCI

pour chaque signe de soutien ou d’encouragement.

 

Procure des Missions.

          Pour aider l’un ou l’autre projet, écrire à ou bien verser directement sur le compte en mentionnant le projet:

               Procure des Missions

               Rue de Chèvremont 96

               B-4051 VAUX-sous-CHEVREMONT

ING 340-0976423-59

IBAN : BE 84 340097642359

BIC : BBRUBEBB

 

Merci beaucoup

 

 

 

 

Cinquième colloque international

de spiritualité

 

Le Carmel face aux défis majeurs

de la spiritualité en Afrique

 

          Les Pères Carmes Déchaux de la RDC ont tenu le cinquième colloque international de spiritualité, du 6 au 10 mai 2007, au Centre Theresianum de Kinshasa sur le thème : «Le Carmel face aux défis majeurs de la spiritualité en Afrique».

          Son Ex. Mgr le Nonce Apostolique, Giovanni D’Aniello, Son Exc. Mgr Daniel Nlandu, administrateur Apostolique de l’Archidiocèse de Kinshasa, Mgr Dominique Bulamatari, évêque Auxiliaire de Kinshasa, les Révérends Pères Roger Wawa, Président national de l’Association des Supérieurs Majeurs, et Roger Ngungampimpa, Délégué Général des Pères Carmes Déchaux en RDC, des religieuses et des religieux, des révérends abbés et un public nombreux d’étudiants, sans oublier les intervenants, ont rehaussé de leur présence cette importante rencontre.

          Le caractère international des assises s’est remarqué à travers la provenance des conférenciers. Si certains sont résidents à Kinshasa, d’autres sont venus du Kenya, du Cameroun et de l’Italie. D’autres encore venaient de l’intérieur du pays : Kikwit, dans la province de Bandundu et Malole, dans la province du Kasaï Occidental.

 

 

Sens et portée d’un colloque

          C’est Luis Arostégui, le Préposé général des Carmes Déchaux, qui a restitué le sens et la portée de ce colloque: «Au cours du colloque, on a sans doute vu émerger la réflexion sur la signification de la «spiritualité» dans le contexte d’Afrique. Nous avons bien conscience que le transfert des définitions prises à d’autres contextes vitaux demeure toujours insuffisant. Un simple transfert des concepts sans les recréer dans le contact avec la réalité apporterait plutôt l’extériorité, mais pas suffisamment la substance de ce qui est en question. Il s’agit au contraire d’une perception tellement réelle et authentique de l’être spirituel selon l’esprit de Jésus qu’elle complète la perception de la vraie nature de la spiritualité dans toute culture.».

          Le même propos a également retenti dans l’adresse de S.Ex. Mgr le Nonce Apostolique quand, s’adressant aux organisateurs, il déclare : « A travers ce colloque que vous avez voulu organiser, votre voyage spirituel continue dans le monde d’aujourd’hui et, en particulier en Afrique, où vous êtes appelés à donner votre témoignage. Vous êtes appelés à relire votre riche héritage spirituel à la lumière des défis d’aujourd’hui afin que « les joies et les espoirs, les tristesses et les angoisses des hommes de ce temps” soient aussi « les joies et les espoirs, les tristesses et les angoisses des disciples du Christ…, et de manière particulière de tout carme.”

          La spiritualité est inhérente à la vie humaine, en particulier à la vie religieuse. De ce fait, elle n’est pas en marge de la vie de l’Eglise et du monde. Mais au contraire dans l’Eglise et dans le monde. Cette inhérence historique et ecclésiale apparaît comme une vérification de la pertinence réelle de la spiritualité dans l’évolution de la société africaine. Voilà pourquoi les organisateurs des assises du Theresianum ont articulé le thème général en trois axes majeurs répartis en trois jours : d’abord (1) les défis majeurs de la société africaine, ensuite (2) la spiritualité dans la Bible et les cultures et, enfin, (3) le Carmel en Afrique comme un patrimoine toujours revitalisé.

 

 

Les défis majeurs de la société africaine

 

          La conférence inaugurale a porté sur “Les défis majeurs de la spiritualité en Afrique ». Les interventions du premier jour ont démontré qu’aujourd’hui, la spiritualité apparaît comme une gerbe de défis à surmonter avec discernement. Parmi les défis à relever, l’on a retenu notamment : les bruits qui habitent l’intériorité et la rendent inapte à s’ouvrir à la voix de Dieu ; l’idolâtrie ambiante qui vide l’homme  de la présence du mystère de Dieu ; la confusion où la « vie » devient la norme d’un monde sans Dieu, sans souffrance, sans mort, au cœur de la crise de la responsabilité individuelle et collective perçue comme un écran à la réception de la voix de Dieu en nous et dans nos communautés.

          Dans ce contexte, à en croire les conférenciers du premier jour, la spiritualité est une histoire de reconstruction dans les phénomènes de la civilisation contemporaine. La médiaculture selon Ferdinand Banga est comme le ressort d’un phénomène où le religieux renvoie à un vague absolu qui apparaît comme une provocation des différents courants spirituels.  Blaise Katikishi et Josée Ngalula y sont revenu, pour montrer comment cette interrogation se profile 

également dans les nouveaux mouvements religieux et dans les églises dites de réveil. C’est cette spiritualité qui, d’après les analyses de Jean Pierre Bwalwel, François Luyeye, Donatien Nshole, Pétronille Kayiba, Eleuthère Kumbu et Gilbert Shimba envahit nos familles déjà en situation socioculturelle précaire et fragile, la jeunesse africaine et même la vie consacrée.

          Cependant, les différents orateurs ont reconnu que cette spiritualité est riche d’enjeux pour la spiritualité.

 

 


Spiritualité dans la Bible et les cultures

 

          Durant le deuxième jour, la Bible et l’économie chrétienne apparaissent aux analystes comme des lieux privilégiés de vérification et d’incitation de cette spiritualité. André Kabasele a démontré que la lecture de la bible est une appropriation du mystère chrétien devenant ainsi une lumière de l’existence du lecteur et de son contexte de vie provoquant ainsi de nouveaux engagements pour le renouvellement de soi et la transformation du milieu. Il y a là place pour un combat contre la lecture fondamentaliste de la Bible.  C’est Albert Mundele qui va démontrer comment le prophète Elie concentre dans sa personne, le paradigme de cette spiritualité engagée où les droits de Dieu sont reconnus, l’injustice bannie et la dignité de la personne défendue.

          Le nouveau testament ne fait pas autre chose. Chez les synoptiques, d’après les analyses de Paul Buetubela, la spiritualité apparaît dans les actes de salut - en particulier la guérison - qui ne sont pas à considérer comme des fétiches mais comme des lieux où Dieu en Jésus Christ nous fait signe et se donne à notre rencontre pour notre salut. Bien plus, ces actes sont comme des anticipations de l’eschatologie chrétienne dans laquelle la mort apparaît comme un lieu de l’espérance.

A la lumière de la parousie, Jean-Bosco Matand et Paulin Poucouta l’ont démontré, le chrétien demeure un grand vivant qui refuse de mourir.

          Cette réception est importante. Elle conduit le théologien africain à soumettre à un examen les sources de la spiritualité africaine et les attitudes de vie informées par le christianisme. Pour le Pasteur Kanku, de l’Eglise présbytérienne, la critique de ces sources doit devenir une opportunité de la remise en question et d’initiation d’une spiritualité dont la ligne oriente vers une affirmation de soi par le travail,un  remodelage culturel responsabilisant et l’éducation de la jeunesse. De tout ce qui précède, quel apport peut-on attendre du Carmel ?

 

 

 

Le carmel en Afrique : un patrimoine toujours révitalisé

 

          Les perspectives tracées par les intervenants des deux jours sont celles de l’Eglise et se présentent ainsi comme partie intégrante du patrimoine carmélitain.  La refondation du Carmel en Afrique apparaît comme une réappropriation d’un patrimoine spirituel vieux de quatre siècles où la solitude, l’oraison et la contemplation, la pauvreté sont des démarches de la perfection humaine du spirituel et de sa sainteté. En outre, la sainteté apparaît comme une exigence de mission et d’appartenance à l’Eglise.

          C’est à cet exercice que se sont livrés les autres orateurs. C’est la vie à la fois théologale et missionnaire qui dans Thérèse d’Avila et Jean de la Croix, fut la flamme du déplacement du Carmel de l’Espagne en Afrique, au village de Kabwe (1934) en particulier.

          Les leaders ne sont pas, à la suite de cette spiritualité, que des maîtres. Ils sont, au bénéfice de leur magistère, des témoins. Ainsi, regarder Jean de la Croix, c’est se laisser initier à la spiritualité authentique et à ses critères spécifiques codifiés dans des principes spirituels: l’identification au Christ, la référence à sa personne et à son enseignement, l’exercice des vertus théologales de foi, d’espérance et de charité, la pratique de la vertu de l’humilité, l’ascèse du silence et la culture de la paix. Thérèse de Lisieux est aussi une voie mystagogique spécifique. Sa personne est un lieu d’initiation à l’intelligence du mystère du Christ, Fils du Père et source de l’Esprit, Vrai Dieu et Vrai Homme. Cette spiritualité de la Petite Thérèse est aussi celle de l’Eglise. Elle se présente comme le bouclier du chrétien à l’assaut de l’athéisme ambiant.

          La conscience comme la pratique de cette spiritualité ne sont pas spontanées. Elles supposent un accompagnement dont le succès exige de la l’accompagnateur non seulement écoute et humilité mais aussi et surtout discrétion selon les Exercices de Saint Ignace de Loyola.

          Ce parcours fait remarquer que la spiritualité carmélitaine a dans son « antiquité » les ressources de sa renaissance pour une réponse pertinente aux interrogations de notre temps. Néanmoins, ce retour aux sources ne la dispense pas de guetter ailleurs, particulièrement en théologie africaine. Ici, pour Malu Nyimi, la théologie a des caractéristiques spécifiques : une intelligence contemplative du surnaturel, une christologie, une anthropologie et par conséquent une éthique. A ce titre, elle est comme un phare.

          Elle peut devenir une ressource du regard que le Carmel porte sur soi-même et par conséquent une contribution à son renouvellement : par sa conscience et son enracinement mystique, de son insertion dans la mission évangélisatrice de l’Eglise et par la refondation culturelle de ses membres. Ces recherches ad intra et ad extra sont des perspectives que nous restituent les colloques du Theresianum des origines à nos jours, d’après l’analyse critique de Willy - Michel Libambu.

 

 

 

Conclusion

          Après les assises sur Saint Jean de la Croix et la mystique africaine (1992), Prière africaine et prière chrétienne (1994), Thérèse de Lisieux et les missions, mission et contemplation (1996) et Inculturation de la vie consacrée en Afrique post synodale (1998), le dernier colloque se veut une réponse aux attentes des organisateurs : « … aujourd’hui, le carmel n’est plus pour ses membres et pour ses familiers un domaine réservé, situé en  marge du monde et de son histoire. Il est dans le monde sans être pour autant du monde. Dans ce contexte, la vie spirituelle est interpellée par la marche du monde et les défis qu’elle lance à l’humanité. Le carmel ne peut être indifférent à ces défis ». En contrepartie, le Carmel est sommé d’y répondre.

          Sur ce point, le cinquième colloque international de spiritualité peut être considéré de par la qualité des intervenants et de leurs interventions, comme un succès. L’Eglise locale a exprimé, par la voix de ses Pasteurs, la joie de la présence carmélitaine en Afrique et le souci de voir cette spiritualité marquer la pastorale et la vie des fidèles. La tâche est ardue et exige un engagement de part et d’autre dans la coresponsabilité…

 

P. Sylvain Mutoke, ocd

 

 

 

 

2ème Forum National des Etudiants Catholiques

 

          Ouverts depuis le 15 avril 2007, les travaux du deuxième forum national des étudiants catholiques se sont clôturés le samedi 21 avril au centre Theresianum de Kintambo.

          Convoqué par la Commission Episcopale pour l’Apostolat des Laïcs (CEAL), avec la collaboration de la Commission Justice et Paix de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO). Ce forum a réuni des délégués des étudiants des universités et instituts supérieurs du Congo Brazzaville, du Ruanda et de la RDC, qui ont suivi pendant une semaine, différentes interventions d’éminentes personnalités politiques, religieuses et scientifiques. Ils ont discuté et échangé autout du thème «Pardon, Réconciliation et Bonne Gouvernance : Responsabilité de la jeunesse dans la reconstruction de la Paix», «Violences sexuelles et VIH/sida en milieux universitaires», «Bonne gouvernance comme source de paix et développement», «Initiatives locales de réconciliation. Cas de la région des Grands-Lacs». Autant d’intéressants sujets de conférences, qui ont édifié ces étudiants au cours du forum.

          Ces étudiants ont participé, le mercredi 18 avril, à  la «Marche de la Paix», de la gare centrale au centre interdiocésain de Kinshasa. A l’issue de la marche, un jalon de paix a été implanté au siège de la CENCO. Selon l’Abbé Ambroise Mutshembe, Secrétaire de la CEAL, la RDC «fait ainsi une noble rentrée dans la longue liste, mais encore toujours ouverte, des pays qui abritent un jalon de paix. On en compte plus de 200.000 à travers le monde».


 

          Ces étudiants ont pris des résolutions d’œuvrer sur tous les plans, et fait des recommandations au gouvernement, à l’Eglise, à la société civile et aux parents de s’impliquer, chacun en ce qui le concerne, au mieux-être des populations et au développement durable des pays de la Région des Grands-Lacs et de l’Afrique centrale.

 

(Extrait de Chapa, dans la revue «Renaître» N° 08 du 30 avril 2007)

 

 

Quatrième centenaire de l’implantation du Carmel en Belgique (1607 – 2007)

 

          Le 19 Mai 2007, nous avons célébré le quatrième centenaire de la fondation du Carmel en Belgique, due à la venue des premières Sœurs Espagnoles, parmi lesquelles Anne de Jésus et Anne de St Barthélemy, toutes deux compagnes de Sainte Thérèse de Jésus.

          Cet événement fut rehaussé  par la présence de notre Père Général, et du Père Robert Paul, Définiteur Général, du Père Paul De Bois, Provincial des Flandres, des Pères Carmes, des Carmélites venues de toute la Belgique, des membres des fraternités carmélitaines, sans parler des invités venus de France, d’Allemagne, des Pays-Bas, d’Angleterre et de hautes personnalités belges.

 

 

          L’église des Pères Carmes de Bruxelles où était célébrée cet événement, était pleine à craquer. (250 personnes) Les chants joyeux, chantés par une sélection de sœurs de plusieurs Carmels, dont la sœur Marguerite du Burundi, créaient une très bonne ambiance ; ils étaient accompagnés aux orgues par sœur Elie du Carmel de Mehagne. Dans l’église tous  étaient  animés d’une grande ferveur et  d’un même amour.

 

          Dans son homélie en français, traduite directement pour les néerlandophones par le Père Paul De Bois, le Père Général a souligné l’importance de l’événement. 

 

          Après la messe qui a duré environ deux heures, chacun a pris le pique-nique qu’il avait apporté dans son petit sac à main, de petits groupes se retrouvant dans les différents endroits du Couvent de Bruxelles. Les boissons et les sandwichs avaient été soigneusement préparés par les communautés de Bruxelles. Ce fut aussi une belle occasion de rencontre fraternelle. Tous nos remerciements à cette communauté qui a bien préparé et organisé cette rencontre historique. 

          Le Père Général clôtura la journée par une conférence qui fut traduite en flamand par le Père Johannes de Bruges. Le titre de cette conférence était :

Le Carmel face aux interpellations des hommes et des femmes de notre temps. Que peut offrir la spiritualité carmélitaine comme réponse aux défis actuels ?

 

          La Père Général a montré que la spiritualité carmélitaine va au-delà des formes et des séparations culturelles. Nous devons vivre de l’expérience de Dieu et en témoigner et vivre aussi de l’expérience de la dignité infinie de l’homme. Le monde d’aujourd’hui est confronté à l’affrontement culturel et religieux qui menace la paix du monde.

          Pour rappel, c’est le 25 mars 1607 qu’a eu lieu la pose de la première pierre du monastère de Bruxelles en présence de son excellence Mgr Matthias. A ce moment-là, les vocations était florissantes et de nombreuses jeunes filles demandaient à entrer au Carmel. Cette situation  amena sœur Anne de Jésus, alors prieure, à  solliciter l’aide des Carmes Déchaux déjà reformés par Ste Thérèse en Espagne ; ceux-ci  arriveront seulement en 1610. Le nombre croissant de vocations entraîna la fondation de plusieurs monastères à travers toute la Belgique. Après une longue maladie, l’infatigable Anne de Jésus mourut à Bruxelles le 4 mars 1621. Le Carmel ayant pris racine en Belgique, se fortifia et se tourna vers d’autres pays

comme la Pologne ;  plus tard encore, le Carmel de Matagne ira fonder le premier Carmel en Afrique noire à Kabwe en 1934 après plusieurs tentatives de fondation dues à la Province de Castille, tentatives infructueuses qui ont eu lieu en 1582, 1583 et 1584 dans le Royaume du Kongo.

          C’est pour cette raison  que le Père Général est venu en Belgique rendre grâces à Dieu avec les filles et les fils de Sainte Thérèse pour le don qu’Il a fait à ce pays. Le Père Général a visité tous les Carmels de la Flandre et de la Wallonie ; il arriva à Chèvremont dans la soirée du 17 mai en compagnie du Père Robert Paul, Définiteur Général ; il était  conduit par le Père Paul De Bois, Provincial des Flandres, accompagné par le Père Roland, responsable des Carmélites de Flandres. Le lendemain matin, notre Père Prieur, Père Yves-Marie Legrain, revenait d’une réunion qui s’était tenue à Kinshasa avec tous les Supérieurs des maisons de la Délégation du Congo. Peu après son arrivé à Chèvremont, le Fr. Godefroid Masereri eut le bonheur d’accompagner le Père Général dans sa visite des Carmels de Belgique Sud, qui s’est terminée dans la soirée au Carmel de Vilvoorde qui, rappelons-le, est international. Les Carmélites des Philippines sont venues renforcer cette communauté qui a fort rajeuni. La langue officielle de la communauté est l’anglais.

 

Ces dernières années, le Carmel en Belgique a connu une crise de vocations.

 


En Wallonie par exemple, 10 monastères de sœurs ont  fermé leurs portes en raison du manque de vocations, 12

autres monastères étant encore actifs. Chez les Pères Carmes, trois couvents ont été fermés ; deux sont encore actifs : celui de Bruxelles, qui est tenu par les pères italiens, et celui de Chèvremont qui a été renforcé par une présence congolaise.

 

 

En Flandres,

Chez les Sœurs Carmélites : 2 monastères ont fermé leurs portes et 12 autres sont actifs ; la Province a également  un monastère de Sœurs en Suède, et un autre au Danemark.

          Chez les Pères Carmes, deux couvents ont fermé leurs portes et 4 sont encore actifs : Gand, Bruges, Zepperen et Anvers. Il y a aussi un couvent en Suède.

Fr. Godefroid Masereri, ocd.

         

 

 

Saint Joseph de Kinshasa (Duruelo)

dans le dynamisme créatif.

 

          Les choses bougent petit à petit en Saint Joseph.

Après la construction des blocs administratifs, le conseil de la Délégation s’était engagé à ériger un nouveau couvent à la commune de Mont-Ngafula, au nord-ouest de Kinshasa. Nous retiendrons en passant que la dite parcelle avait été achetée par le patriarche, le père Marcellin.

          Dans cette optique d’ériger un couvent, le Délégué et ses conseillers ont mieux pensé avoir un gros véhicule (Benne), pour les travaux de la construction et ensuite  pour avoir le moyen d’autofinancement, en le faisant louer à d’autres gens qui en voudront, moyennant une caution.

          Ce camion a été acheté en Allemagne par le père Délégué, lors de sa tournée européenne, de  janvier au début avril 2007. Depuis son retour le 1 avril 2007, Saint Joseph était dans l’attente. Le 15 juin 2007, le père Délégué ést parti au port international de Boma et ilest rentré avec le véhicule le  20 juin 2007.

          Pendant qu’il était à Boma au Bas-Congo, on nous a annoncé la mort de son père Constant Ngungampimpa Mayolo, le 18 juin 2007. Il en était à ses 91 ans. Le jour de son enterrement à son village natal, une messe d’action de grâce avait été dite à Saint Joseph, célébrée par le père vicaire Emmanuel Kayombo, concélébrée par le père Constantin Kabasubabu, de passage pour ses vacances à Kananga.


          Parachevons nos idées de notre communauté Duruelo ; nous constatons aussi que, depuis un certain temps, Saint Joseph voulant se prendre en charge et  dans le souci de consommer de la volaille fraîche, Duruelo a fait un jardin qui l’aide de garder 30 $ par mois qui servaient à l’achat de légumes ; et aussi elle a lancé l’élevage des cailles (des petits oiseaux domestiques à la grandeur à peu près d’un pigeon). Signalons que toutes ces activités vont bon train.

Ova Mukoso Jean-Marie.

 

 

Le Carmel du glorieux St Jooseph de Kinshasa se souvient de la mère Marie-Joseph de Jésus.

(2 août 1916 - 30 mai 2007)

 

          Mère Marie Joseph de Jésus, Belge, est née en 1916 le 2 août en Bretagne dans un campement militaire pendant la grande guerre de 1914-1918.

          Elevée en grande partie par ses grands-parents, ses parents étant au Congo, elle vécut à Liège où elle fit des études d’infirmière et d’assistance sociale.

          Deux ans après la fin de la deuxième guerre, elle décida de partir comme assistante sociale pour le Congo où elle arriva le 17 octobre 1947. Engagée à Lubumbashi, alors Elisabethville, elle travailla en équipe dans les foyers sociaux aux côtés des auxiliaires de l’apostolat. C’est là que, brusquement, le Seigneur lui

manifesta un nouvel appel. Malgré sa réussite auprès des mamans qu’elle aimait tant et qui le lui rendaient généreusement, elle quitta son travail pour entrer au Carmel de Kabwe (Kananga) gardant en son cœur le souci des mamans africaines surtout congolaises qu’elle voulait alors porter dans la prière. C’est d’ailleurs ce désir qui lui fit choisir un Carmel africain.

          Encore novice, en 1952, elle participa à la fondation du Carmel rwandais de Zaza. C’est de là qu’elle vint à Kinshasa avec Mère Marguerite et quatre autres sœurs, le 22 août 1962 pour la fondation du Carmel de Kinshasa (Léopoldville) demandé par Monseigneur Scalais. Elle se dépensa sans compter pour l’implantation matérielle et spirituelle de ce monastère. Ses idées rencontraient pleinement celles du Cardinal Malula.

          Elue Prieure en 1968, elle le resta jusqu’en 1980, sauf de 1977 à 1979. En 1980 après avoir eu la joie d’accueillir le Saint Père Jean Paul II, au milieu des religieuses du Congo, dans son monastère, elle assuma le transfert de celui-ci de l’avenue Benseke à son emplacement actuel.

          En 1982, un nouvel appel la conduisit à Kabwe à la demande de Monseigneur Bakole. Elle se retrouvait là où avait commencé sa vie carmélitaine ; mais le transfert du monastère de Kabwe à Kananga-Malole s’avérait nécessaire pour l’autofinancementde celui-ci.

          Mère Marie Joseph se mit courageusement à l’œuvre et le Carmel de Malole s’édifia à côté du Grand Séminaire. De jeunes vocations vinrent renforcer la communauté. En 1987, elle revint à Kinshasa où elle assura une fois encore la charge de Prieure de 1993 à 1996.

          C’est en 1998, après avoir fêté 50 ans de présence en Afrique qu’elle retrouva la Belgique. Cependant son pèlerinage terrestre n’était pas terminé. Elle fut reçue successivement à Rennes, puis à Caen dans des Carmels d’accueil pour sœurs âgées. Cependant c’est au Carmel de Bruxelles qu’elle passa les dernières années de sa vie à partir de 2002, offrant toutes ses souffrances pour le Carmel et l’Eglise en Afrique.

          Suite à plusieurs chutes qui occasionnèrent des fractures, sa santé déjà ébranlée se dégrada de plus en plus et c’est le 30 mai de cette année 2007 que le Seigneur qu’elle avait tant appelé vint la chercher pour l’ultime rencontre. Elle était dans sa 91è année.

          Elle a bien droit à toute notre admiration et à notre grande reconnaissance pour cette longue vie toute donnée à Son Seigneur, à l’Eglise d’Afrique et au Carmel.