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ENTRE-NOUS 2005-3
Chère maman, nous te remercions pour tout !
Directeur de Rédaction
Père Daniel Taillieu, Carme - missionnaire Rue de Chèvremont 96 B - 4051 Vaux - sous - Chèvremont
Sommaire
* Mot du père Daniel. * Maman Julia est entrée dans la vie, tôt le matin du samedi 7 mai 2005. * Condoléances. * Témoignage de Benoît XVI. * Le Carmel au cœur d’un pontificat. * Nouvelles des Maisons. - Ordination sacerdotale des pères Ghislain et Jérôme. - Mission des pères carmes en Centre Afrique. - Echos du scolasticat de Théologie des pères carmes déchaux à Kinshasa. - Les réalités du Mont Carmel de Kananga
Mot du Père Daniel.
“Nous n’avons plus de mère...”
Tel était le message que mon grand frère Michel m’envoyait pour annoncer le décès de notre maman Julia. Celle qui était devenu maman de beaucoup. Le témoignage de deux frères carmes congolais est très touchant... Le père Michel-Marie de la Croix nous donne un témoignage du nouveau pape Benoit XVI, lorsqu’il visitait les carmélites au Vatican, quand il était encore cardinal Joseph Ratzinger. Pour clôturer l’année académique 2004-2005, il y a beaucoup de nouvelles de nos Maisons. Nous remercions le Seigneur pour nos deux nouveaux prêtres, le père Jérôme Paluku et le père Ghislain Muteteri, ordonnés à Goma le 22 mai 2005. Des nouvelles de nos maisons de Kananga, Kinshasa et de Lubumbashi, bien sûr, mais cette fois-ci un beau reportage de la mission des pères carmes en Centre Afrique. Merci à tous ces collaborateurs et pour les suggestions de la page de couverture. Au mois d’août “Grande Assemblée des carmes à Kinshasa”.
Maman Julia est entrée dans la Vie.
Au nom de tous mes confrères congolais en RDC, permettes-moi, très chère maman Julia, de t’adresser une parole, une parole du cœur, une parole de fils. De là-haut où tu es maintenant, tu m’écoutes et tu me regardes.
Tout d’abord, nous te disons merci, merci pour tout ce que tu as été pour la Délégation Générale du Congo. Au Congo, nous savons combien tu étais très proche de nous, de nos projets, surtout des projets de construction de nos couvents, en particulier, la maison de Kananga, Mont Carmel et la maison de Bukavu, le philosophât St Jean de la Croix. Ta contribution à la construction de ces deux maisons à travers ton fils Daniel Taillieu, est vraiment remarquable et inoubliable. Encore une fois, merci maman Julia ! La prière de toute la Délégation du Congo t’accompagne.
Le vendredi 6 mai 2005, alors que nous nous préparions à accompagner à l’aéroport de Charleroi les deux définiteurs qui venaient de faire cinq jours de visite pastorale dans la communauté de Chèvremont, au cours du repas d’au revoir, le père Daniel, ton fils bien-aimé et notre prieur de Chèvremont, me posa cette question : “Godé, qui accompagne les définiteurs, toi ou moi ?” Je lui répondis aussitôt : “Nous deux”. Peu après le repas, nous avons pris la route en direction de Charleroi. Dans le parking de l’aéroport, il n’y avait plus de place pour nous garer. Le père Daniel me dit : “Accompagne les définiteurs dans les services d’enregistrement, pendant que moi je cherche une place pour la voiture”. A notre grande surprise, l’heure du départ de l’avion avait été modifiée et reportée à plus tard. Le père Robert Paul, définiteur, me dit cependant : “Tu sais Godé, vous pouvez partir, car nous attendrons longtemps ici”. Je retournais donc vers le parking. Le père Daniel me dit alors : “Godé, ici, nous sommes tout près de Zonnebeke. Veux-tu qu’on fasse un saut chez ma maman?” Comme si l’Esprit lui soufflait : “Daniel, ta maman se prépare à rejoindre le Père. Va lui dire au revoir”. Je lui répondis : “C’est une très bonne idée et d’ailleurs, il y a très longtemps que je ne l’ai pas visitée”. Arrivés à la maison, la belle-sœur du père Daniel, Agnès et la nièce de maman Julia nous ouvrirent la porte. Après un bref échange, nous entrons chez maman Julia. Celle-ci était dans son fauteuil en train d’écouter les informations à la TV au salon. Après les accolades, elle éteignit la TV pour que la conversation ne soit pas perturbée par le son. Après un instant de dialogue avec son fils, elle lui dit : “Ouvre le frigo, il y a quelque chose à manger et prends des boissons”. Ce que fit le père Daniel. Quelque chose manquant au frigo, maman Julia lui demanda de faire une petite course au magasin. Le père Daniel me dit : “Godé, veux-tu venir avec moi ou rester”. Je lui dis que je préférais rester. A son retour, il trouva la porte fermée. Il essaya de l’ouvrir sans y parvenir. Maman Julia, remarquant un bruit inhabituel, que je prenais pour un bruit venant d’au-delà de la maison, me dit par deux fois à haute voix : “Godefroid, va ouvrir la porte !” Aussitôt, je courus ouvrir la porte. C’était le père Daniel qui revenait des courses. Ouvrir la porte ! Comme si elle disait à Saint Pierre : “Ouvrez-moi la porte, car bientôt je serai là avec vous”. Mais, ne réalisant pas ce qui allait suivre, après quelques heures de conversation, nous avons repris la route de Chèvremont. Tout était normal. Il était environ 20 h 00. Le lendemain matin, après une réunion communautaire qu’il dirigeait, le père Daniel reçoit un téléphone de Michel, son frère aîné. “Nous n’avons plus de maman”. C’est tout. Maman Julia, tu laisses derrière toi des enfants, des petits-enfants et des arrière-petits-enfants et ils sont tous heureux. Tu as accompli parfaitement ton devoir. Ils ne t’oublieront jamais. Ils préparaient d’ailleurs la fête de ton 90 ème anniversaire, le 17 juillet prochain. Voilà que Dieu a décidé que tu fêteras cet anniversaire dans sa demeure éternelle. La dernière invitation à cette fête, tu venais de l’adresser à Willy ; pour dire que tu organisais les dernières retouches à cette fête jusqu’à la dernière minute.
En République Démocratique du Congo aussi, les confrères congolais sont en deuil. Quelques minutes seulement après l’annonce de ton départ vers le Père, le père Daniel a reçu à son GSM de nombreux messages venant de Kinshasa, Lubumbashi ... D’autres messages de condoléances sont venus de Rome, notamment de la part du père Robert Paul, du père Zacharie Igirukwayo, tous deux définiteurs généraux, du père Damaso Zuazua, secrétaire des Missions de l’Ordre du Carmel et du père Luis Hernández Bueno, prieur à Alba de Tormes en Espagne, deux anciens missionnaires au Congo. Maman Julia, ta charité et ton accueil débordaient d’imagination. Dans ta maison, tu avais même aménagé une chambre pour les visiteurs africains. Ceux qui sont passés par là, savent combien ils étaient gâtés. Tu étais toujours soucieuse de savoir s’ils avaient bien mangé et bien dormi.
Chère maman Julia, pour terminer, je vais te chanter un chant en langue swahili, une langue de l’Afrique Centrale et de l’Afrique de l’Ouest.
Naacha Dunia ya mateso Nakwenda kwa Mungu Baba yangu Baba na Maman muache kulia Mungu peke ananita kwake Duniani tuliumbwa mbalimbali Kila moja kati yetu atakufa Leo miye sasa inakwisha.
Cette chanson veut dire :
J’abandonne ce monde de souffrance, Je pars chez Dieu mon Père. Chers amis, cessez de pleurer. Dieu Seul m’appelle chez lui. Dans ce monde, nous sommes créés différents les uns des autres. Chacun a son heure. Aujourd’hui, c’est mon tour.
Zonnebeke, le 13/05/05 Frère Godefroid Masereri, ocd
Condoléances
Très cher Père, C'est avec une grande tristesse que je viens d’apprendre par le père Marcellino la mort de notre chère maman Julia et je viens vite vous présenter mes condoléances. Mon frère, c’est pour vous un coup, surtout que cette maman vous aimait et vous portait beaucoup. Je suis moi-même témoin de son passage à Bukavu avec d’autres membres de famille. Convaincu de sa foi, je suis sûr qu’elle est au ciel avec les anges. Sa vie pour quelques jours vécus avec nous me le confirme. N’est-ce pas elle que les enfants de Bukavu voyaient réciter son chapelet et la saluaient : “bonjour ma sœur !” Cher Père, uni à votre prière et à celle de toute votre famille, je demande au Seigneur de vous donner courage et de raffermir votre foi dans l'espoir que la maman malgré la séparation vit auprès du Père. De nouveau toute mon affection et mon soutien fraternel.
Le Saint Esprit va descendre sur vous, Il vous donnera la force et vous serrez mes témoins jusqu’au confins du monde. Actes 1,8
Témoignage de Benoît XVI
Alors en charge de la Congrégation pour la doctrine de la foi, le Cardinal Joseph Ratzinger venait tous les mois donner au monastère fondé au Vatican par le pape Jean-Paul II et occupé entre 1999 et 2004 par les carmélites, des conférences sur des sujets théologiques et spirituels. Il parlait une heure sans notes avec aisance dans un français tout à fait impeccable, ‘sans accent’, comme on dit. Il était simple, un peu réservé (reste bien maîtrisé d’une timidité juvénile), mais ouvert, attentif, accueillant.
Une amie, juive devenue chrétienne, puis Sœur de Sion, puis carmélite, faisait partie des carmélites rassemblées entre 1999 et 2004 dans le monastère du Pape Jean-Paul II. Elle s’appelait et s’appelle toujours Anne-Pascale Baruch. Sa mère, déportée, est morte d’épuisement avant d’arriver à Birkenau. Tout récemment, au cours d’une conversation téléphonique, occasionnée par la parution de ‘Sens’ 2005 - Mars, elle m’a confié ceci. Sachant qu’elle était juive, Joseph Ratzinger avait un jour demandé à la rencontrer au parloir pour lui dire ce qui suit : “Ma sœur, j’expie tous les jours de ma vie, car on ne manque jamais de me rappeler un péché involontaire que j’ai commis dans ma jeunesse, contraint (Joseph Ratzinger avait alors 13 ou 14 ans) de faire partie des jeunesses nazies. Mais je n’ai jamais signé ce qu’on voulait me faire signer et je n’ai jamais fait mienne l’idéologie nazie.” Humilité et droiture sans faille de celui que nous aimons et vénérons sous le nom de Benoît XVI.
Père Michel-Marie de la Croix, o.c.d.
Le Carmel au cœur d’un pontificat.
C’est avec une attention priante que la communauté des Buissonnets a suivi les événements de sa sainteté le Pape Jean-Paul II depuis sa première hospitalisation à la polyclinique Gemelli de Rome le 1 février 2005, sa seconde hospitalisation le 22 février, son retour au Vatican le 13 mars jusqu’au 2 avril date à laquelle le Seigneur a rappelé auprès de lui celui qui fut, pendant 27 ans, le Souverain Pontife de l’Eglise Catholique Romaine. Ce grand ouvrier de l’Eglise mourut avec la marque du serviteur souffrant à 21 h 37 dans ses appartements entouré de ses proches collaborateurs. La disparition de ce saint homme était pour nous un moment de dure épreuve de foi, d’une grande émotion embellie d’espoir et de profond recueillement, de confiance et d’action de grâce. Le sentiment qui nous animait au moment même de cette situation malheureuse, nous l’avons exprimé avec cette phrase de l’Evangile qui dit: “Serviteur bon et fidèle, tu as été fidèle pour peu de choses, je t’en confierai beaucoup, entre dans la joie de ton maître” (Mt 25, 21). L’amour de Dieu et des hommes qui a marqué Jean-Paul II a fait de son pontificat, le pontificat de la nouvelle civilisation bâti sur les fondements de la paix, de la justice et de la liberté. Dans le souci de développer ces valeurs si importantes pour la société, Jean-Paul II s’investit à cent pour cent dans la vie spirituelle et accorda à la prière une place de choix. Son amour pour la prière le rapprocha davantage de l’idéal carmélitain, celui d’être au cœur de l’Eglise la prière vivante qui agit et qui fait agir. Une lecture attentive de la biographie de Jean-Paul II témoigne de son attachement indéfectible au Carmel. Selon cette même biographie, Karol Wojtyla, tout petit, a grandi non loin d’un couvent de carmes et le visage célèbre de l’époque chez les carmes polonais fut le père Raphaël Kalinowski. Il fut fortement marqué par l’esprit de cet homme. A deux reprises, Karol Wojtyla demandera d’entrer au Carmel d’abord comme séminariste puis comme prêtre. Il voulait vraiment devenir carme déchaux ; chose qui n’était pas du tout étonnant d’autant plus que le Carmel thérésien était suffisamment implanté en Pologne et restauré par le père Raphaël Kalinowski. Le charisme et le style de vie de ces contemplatifs attiraient bien des jeunes. La question fondamentale à poser est celle de savoir : “Qu’est-ce qui attirait ce jeune polonais vers la montagne du Carmel ? Serait-ce le silence, la solitude, le recueillement, la vie fraternelle ou la dévotion mariale ? Nul d’entre nous ne le sait sinon le Saint Père lui-même. Bien que le destin ne fut pas ainsi, le Pape Jean-Paul II garda un lien très profond et très étroit avec le Carmel. Cette affirmation s’exprime dans sa connaissance profonde de la spiritualité carmélitaine et celle de nos saints parents qu’il évoque dans nombreux de ses écrits. Quelques semaines plus tard après son ordination sacerdotale le 1 novembre 1946, Karol Wojtyla se fait inscrire à la faculté de Théologie de “L’Angelicum” et là il publie en 1948 sa thèse de doctorat sur le thème : La foi selon Saint Jean de la Croix. Dans cette thèse de 320 pages, Karol Wojtyla se propose de rechercher quelle fut la nature de la foi pour Saint Jean de la Croix. Cela, certes, n’était pas vraiment facile, car le docteur mystique n’a jamais rédigé un traité scolastique sur la foi et le but de toutes ses œuvres est essentiellement pratique : mener l’âme vers la haute contemplation. En lisant minutieusement sa notice biographique, nous nous rendons compte que le pontificat de Jean-Paul II est également marqué par deux grands traits spirituels, à savoir la dévotion mariale et la vie mystique. Il est perçu à la fois comme marial et mystique. Il a témoigné de son amour profond à la Vierge Marie à tel enseigne qu’à son élévation à l’épiscopat et plus tard au pontificat, toutes ces charges pastorales il les confie à cette Dame du ciel. D’où sa devise : “Totus tuus ego sum, Maria”. L’amour du Pape pour la Vierge Marie est identique à celui que le Carmel a pour cette Mère chérie, car depuis leurs origines les carmes sont appelés ‘Frères de la Bienheureuse Vierge Marie du Mont-Carmel’. La Vierge Marie est à la fois Reine et Beauté du Carmel ; c’est d’elle que tout carme tire le sens profond de son adhésion au charisme de l’Ordre.
L’élément de son esprit mystique peut être souligné à la place qu’occupait la prière dans sa vie. Le Pape Jean-Paul II était une personne profondément recueillie, attentive et toujours en relation et en communion avec Dieu. Dans son programme journalier, il avait trois heures de prière profonde et silencieuse le matin, à midi, et le soir. Ceci ne peut nous stupéfier vu ses responsabilités dans l’Eglise et dans le monde comme Pasteur Universel et Autorité morale. La vie spirituelle de Karol Wojtyla le rapproche davantage de l’esprit du charisme thérésien. Bien que diocésain de Cracovie, Jean-Paul II menait la vie des carmes déchaux, il avait toujours sur lui, depuis sa jeunesse, le scapulaire du Carmel autour du cou et rien ne nous empêche de croire qu’il est décédé avec cela. L’histoire d’amour entre Jean-Paul II et le Carmel thérésien date, certes, de très longtemps comme séminariste, prêtre, évêque, puis Pape. C’est sous son pontificat que l’Ordre du Carmel a vu se ranger dans la ligne des saints et des bienheureux beaucoup de ses fils et filles dont les plus récents événements sont : l’élévation de Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus et de la Sainte Face comme docteur de l’Eglise, la béatification des sœurs carmélites Elisabeth de la Trinité, Marie Candida de l’Eucharistie... et la canonisation du père Raphaël Kalinowski, de Thérèse Bénédicte de la Croix et de bien d’autres. Tout récemment à la mort de la sœur Lucie de Jésus et du Cœur Immaculé, carmélite déchaussée et dernière voyante de Fatima, le Pape déclara : “La prière de sœur Lucie m’a soutenu dans les moments durs de l’épreuve et de la souffrance”. Ce bout de phrase suffit pour exprimer combien le Saint Père se confiait aux prières du Carmel pour tenir ferme dans son ministère pétrinien. Quelle joie frères et sœurs du Carmel de voir que nous avions occupé une place de choix dans le cœur de ce grand pontife, fils aimé de la Vierge Marie. Pour nous, la mort de cet homme de Dieu doit nous faire dire : “Nous avons perdu un confrère du Carmel par le témoignage émouvant de sa vie dans la foi, la charité, et l’espérance. Maintenant qu’il est au ciel à côté de Celui qu’il avait tant aimé et servi avec courage et dévouement et de la Vierge Marie, Mère de l’Eglise, qu’il intercède pour l’Ordre du Carmel en général et pour la Délégation du Congo en particulier afin que cette vigne plantée par le Seigneur lui-même puisse donner de bons fruits à son temps. Vois, Très Saint Père, la fierté de cette grande famille religieuse réunie autour de toi et te dit tout simplement MERCI POUR TOUT.
frère Joseph Marie de Jésus, novice
Ordination sacerdotale des pères Ghislain et Jérôme.
En effet le 22 mai 2005, dimanche de la Sainte Trinité, Son Exc. Mgr Faustin Ngabu, évêque de Goma, a ordonné prêtre, deux jeunes carmes originaires de son diocèse qui avaient été ordonnés diacres il y a une année à Kinshasa.
Les pères Muteteri Niyigaba Ghislain et Paluku Nzabara-Ntuma Jérôme, puisque c’est d’eux qu’il s’agit, ont fait le noviciat à Kananga. Ils venaient de commencer leur cycle de philosophie à Bukavu quand a éclaté la guerre dite de libération à Bukavu à l’Est de la RDCongo. Evacués au Cameroun via Rwanda, ils ont continué leur philosophie au Cameroun pour finir à Kinshasa. Après coup ils ont été envoyés à Naïrobi (Kenya) où ils ont fait leur cycle de 4 ans de théologie en Anglais. L’ordination a eu lieu dans la paroisse Notre Dame du Mont Carmel de Katindo/Goma, desservie par les carmes dans le diocèse de Goma, ville située au Nord Kivu à l’Est de la RDC, ville frontalière avec le Rwanda. La messe a eu lieu sur l’esplanade de la belle grotte de Notre Dame du Carmel sous un ciel lourd de pluie qui semblait revenir avec force de grandes vacances. Toute la messe durant elle nous a accompagné et jamais je n’avais vu les fidèles les yeux élevés au ciel sous les tentes qui de temps en temps s’ouvraient pour asperger à grand flot les uns et les autres : une quarantaine de prêtres et deux diacres, la cohorte d’acolytes environ 16, les religieux et religieuses, la belle chorale, les officiels politiques, les invités venus du Rwanda, de la Belgique, de Kinshasa, de Bukavu et des villages voisins, et les chrétiens de tout bord, chacun en a eu pour son compte à tour de rôle. Cependant bien que chacun tentait de se mettre là où il y avait le moins de pluie, personne ne semblait disposé à abdiquer, tous ont tenu le coup de 10 h à 13 h. Dans son homélie, Mgr. Faustin Ngabu, a insisté sur la fonction d’amour du Saint Esprit au sein de la Sainte Trinité, Esprit qui devait remplir l’Eglise famille, la sortir du gouffre pour lui apprendre son amour tel que lui-même l’entend et lui ouvrir ainsi le chemin du salut. En rappelant la mission du prêtre, Mgr. Ngabu a rappelé qu’à l’instar de Moïse, le prêtre qui est sensé de rencontrer Dieu sur la montagne du saint autel, doit le rapporter aux autres, leur apprendre à vivre l’entente, l’unité, l’amour, le pardon et jamais la haine, l’esclavage de la vengeance, de la jalousie, du tribalisme… qui ne sont pas des signes d’amour. Le moment fort de son homélie a été la question sensible posée aux uns et aux autres : “Etes-vous prêts à vivre avec les Rwandais ?” “Les Rwandais sont-ils prêts à vivre avec les Congolais ?” A cette question le climat est resté glacé et l’évêque pouvait comprendre par là que ses ouailles avaient encore du chemin à faire pour être des vrais chrétiens. C’est autour de 11 h 45 que la prière consacrant nos deux jeunes frères Jérôme et Ghislain a été prononcée. A la fin de la messe ils ont eu à bénir tour à tour l’évêque, les 5 prêtres carmes présents (les pères Délégué Jean Pierre Mulowayi, Joachim Kalonga, Jean Pierre Ngemanyi, Roger Tshimanga et Godé-Roger Ntabala) ; tous les autres prêtres, les religieux et religieuses et enfin tous les autres fidèles. Après la messe une fête s’en est suivie bien organisée par la paroisse avec des belles danses traditionnelles. Tout le monde s’y était investi. Autour de 16 h l’évêque s’est retiré et les invités se sont petit à petit retirés également. Nous souhaitons un bon ministère et surtout une bonne chance et beaucoup de courage à nos deux jeunes confrères prêtres.
Père Godé-Roger Ntabala
Mission des pères carmes en Centre Afrique
Cette mission dans le diocèse de Bouar est confiée depuis 1971 aux pères carmes de la province de Gênes (Liguria). Ils occupent une vaste zone d’environ 15.250 km2 dans le nord-ouest du pays, dans le diocèse de Bouar. Mais nous avons aussi un grand terrain à Bangui la Capitale. La mission compte actuellement 15 prêtres de quatre nations différentes: 9 Italiens, 3 Centre Africains, 2 Indiens et 1 Congolais de la RDC. Notons aussi la présence de 8 laïcs engagés; soit un total de 23 personnes qui travaillent dans trois secteurs : la pastorale paroissiale, le domaine social et la formation à la vie religieuse. Sur le plan pastoral, les pères ont trois paroisses dans les villes suivantes : Baoro, Bossemptele, et Bozoum. Ces paroisses sont entourées de plusieurs succursales que nous appelons ‘paroisses de brousse, dont le nombre augmente chaque année selon le besoin’. Sur le plan social, les pères ont construit des dispensaires et des centres d’apprentissage pour la menuiserie, la coupe et la couture et l’alphabétisation. Il y a également des écoles primaires et des jardins d’enfants. Ils ont aussi un projet de faire dans la capitale un village agricole multidimensionnel, sur une surface de 150 hectares dans le but de fournir à manger à la population démunie et de donner du travail aux jeunes désœuvrés. Il existe déjà sur ce terrain : des plantations des palmiers sélectionnés, des arbres fruitiers de toute sorte, l’élevage de vaches et un moulin traditionnel de fabrication d’huile de palme. Pour la formation à la vie religieuse, il y a un petit séminaire conçu comme une pépinière des vocations carmélitaines, c’est pourquoi son programme contient des interruptions au cour de la formation, pour faire le pré-noviciat et le postulat, de telle sorte qu’à la fin des études le finaliste commence directement le noviciat. Il y a aussi un grand séminaire établi en collaboration avec les pères capucins où les frères continuent leur formation pour une durée de 7 ans soit 2 ans de philosophie, 1 an de stage et 4 ans de théologie. En ce qui me concerne, je suis maître des étudiants dans la communauté, professeur au petit séminaire où j’enseigne l’histoire; professeur au grand séminaire où je dispense quatre matières : Introduction à la théologie, Théologie spirituelle, Théologie de la vie religieuse et Histoire de 25 l’Eglise. Je suis également engagé dans l’apostolat spécifique de l’Ordre comme animateur de retraites et récollections dans le diocèse, accompagnateur spirituel d’un certain nombre de jeunes en recherche, soit pour la vie conjugale, soit pour la vie consacrée. Outre les récollections mensuelles, je totalise cinq retraites annuelles dans 2 ans ; la plus belle est celle que j’ai prêchée dans la capitale Bangui qui rassemblait des religieux, des religieuses et des prêtres venant de différentes familles religieuses. J’aimerais vous dire aussi que j’étais heureux lors de ma première visite au Cameroun pour prêcher la retraite des carmes laïcs en préparations à leur profession. Je suis reconnaissant envers le père Emmanuel qui m’a donné cette occasion, et surtout de l’accueil qui m’a été réservé dans leur maison. En ce jour, nous avons eu la visite du nouveau provincial, le père Justin. Il a fait le tour d’horizon de toute la mission et il a un point de vue très positif pour tout ce que les pères ont réalisé.
Père Constantin
Echos du scolasticat de Théologie des pères carmes déchaux.
La communauté du Theresianum de Kinshasa est une maison de formation pour les frères étudiants en théologie. Elle est constituée de 9 membres à savoir ; le père supérieur de la communauté, le père maître des étudiants et responsable du centre de retraite, le père étudiant aux facultés catholiques de Kinshasa, 3 frères étudiants en deuxième année de théologie, 2 frères étudiants en première année de théologie et 1 frère étudiant en quatrième année de théologie. Notons que la communauté avait accueilli certains de nos confrères qui étaient de passage à Kinshasa pour diverses raisons. Demarée sur une note d’incertitude, l’année académique 2004-2005 a bel et bien touché à sa fin, malgré quelques difficultés liées directement à la situation socio-économique chaotique que traverse notre pays et aux dures réalités financières de notre jeune Délégation du Congo. Disons en passant que nous nous réjouissons et remercions le Seigneur pour son assistance, surtout que tous nos frères ont brillamment réussi avec mention ‘distinction’. Il convient de signaler aussi cet événement heureux qui a sanctionné cette année académique à savoir la profession solennelle et le diaconat du frère Pierre Thaddée Mbayi qui a terminé ses études en théologie et qui se prépare déjà à son ordination sacerdotale au mois de juillet ou d’août prochain. La communauté s’est efforcée de s’adapter à la situation - à la guerre comme à la guerre - et ce, à partir de quelques cours dispensés çà et là au théologat et à partir de quelques sessions animées dans les communautés religieuses. En effet, le père supérieur a assuré 2 cours au Théologat (Introduction aux Actes des Apôtres et aux Épîtres catholiques, Introduction aux livres de l’Ancien Testament). A partir de l’année prochaine, le père assurera aussi un séminaire sur les méthodes exégétiques. Nous tenons à remercier par la même occasion un bienfaiteur dont nous taisons le nom par humilité, de nous avoir permis de construire un nouveau poulailler de 75m2 à coté de l’ancien et de nous avoir permis d’acquérir un nouveau lot de 400 poussins de ponte âgés de 6 semaines.
En ce qui concerne la maison d’édition “Carmel Afrique” et le relancement de la Revue Carmel Afrique, nous avons déjà 3 ouvrages à publier et quelques articles, cependant, nous n’avons pas de moyens pour les publier. Voilà aussi une des grandes difficultés que nous avons et nous demandons à nos bienfaiteurs (trices) de nous aider financièrement en vue de réaliser ce projet.
Frère Joseph Willy Kayembe.
Les réalités du Mont Carmel de Kananga
Depuis que la communauté du Mont Carmel Kananga, berceau du Carmel au Congo est passé en 2002 de la propédeutique au Centre de retraites et d'accueil, sa face a beaucoup changé. C’est dire que rarement les consacrés de la place, suite à la crise économique viennent en retraite malgré l’effort fourni par nos prédécesseurs et nous-mêmes. Néanmoins il y a eu une conférence des évêques du Kasaï ; le chapitre général des sœurs diocésaines de Kananga dirigé par le père Marcellino, en 2004 une session-retraite préparative à la profession perpétuelle des sœurs venant de différentes congrégations du pays ; quelques récollections mensuelles des sœurs carmélites missionnaires de Kamayi sans oublier les quelques rencontres des carmes laïcs. D’ici juillet - août, nous accueillerons les sœurs et frères de différentes congrégations qui viendront encore pour une session-retraite en préparation de la profession perpétuelle sous la direction du père Pedro chargé de la commission de la vie religieuse au Kasaï. Sa retraite sera dirigée par le confrère Marcellino. Vu ce rythme du travail, et pour le besoin de la survie de la communauté, à part le soutien apporté par le père Marcellino et les quelques ateliers des médecins et autres qui se tiennent dans la communauté, le père Marcellino a résolu de faire un projet qu’il peut adresser aux organismes internationaux pour soutenir la vie spirituelle des prêtres du diocèse par les aides qu’il pourra recevoir. Quant à l’élevage qui avait baissé, nous avons pour le moment 61 têtes des porcs.
Frère André Tshibuabua Kabongo
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