IN MEMORIAM

 

Il y a de cela un mois, jour pour jour, que la Sœur Marie du Saint- Esprit quittait ce monde vers le Père…

Nous vous laissons lire le mot de circonstance de la Communauté Carmélitaine de Lubumbashi. 

  

Je pense que c’est maintenant que je vais vivre…

(Sœur Marie du Saint- Esprit)

 

Il n’y a  rien de plus difficile et de si délicat que de parler à chaud de la vie d’une carmélite qui a choisi de se consacrer totalement à Dieu, derrière les quatre murs d’une clôture.

 Des témoignages récoltés de sa famille et de la Mère Prieure, feue Célestine KAJI MBAYA est née le 06 avril 1932 en NTANGANDA, de MBAYA et de KAFUTA, sa mère, qui mourra peu après la naissance de la défunte. Privée tôt de l’affection de sa mère naturelle, elle a grandi péniblement dans une famille de huit enfants parmi lesquels se compte deux religieuses.

 Après un premier cheminement au Carmel de Kabwe, elle rentre comme monitrice à WINKONG, son village d’origine situé à la frontière du Katanga et du Kasayi. A cette époque, l’une de ses élèves dit d’elle « qu’elle accueillait tout le monde, était toujours disponible et serviable. Elle défendait spécialement les élèves les plus faibles et n’aimait pas entendre pleurer les orphelines et les plus petites ».

 Une deuxième expérience de la vie religieuse la conduira, sous les conseils d’un prêtre, chez les sœurs clarisses à Brazzaville, puis en France. Mais finalement, cet au carmel de l’Epiphanie qu’elle revêt l’habit le 21avril 1974. Une année plus tard,  le 05 février 1975, elle fait sa profession temporaire sous le nom de Marie du Saint-Esprit. En 1978, une année de grande grâce, la sœur Marie du Saint- Esprit, prononce ses vœux solennels. Alors commence pour elle un cheminement merveilleux. Douée d’une forte personnalité et d’un tempérament ferme, la Sœur KAJI s’adoucit et s’humilie au contact de la règle de vie et des consoeurs du Carmel, pour devenir la chérie de tout le monde et la conseillère avisée des jeunes professes.

 

Grande priante, elle était toujours première à la chapelle. Portée par le son de la cithare et le feu des cantiques, Sœur KAJI « la sœur qui danse » se levait, virevoltait, chantait et dansait sa joie à la gloire de Dieu. Elle savait aussi demander pardon lorsqu’elle croyait avoir offensé, tout en reconnaissant dans sa vie les bienfaits du Carmel pour lequel elle a quitté le monde.

 A l’annonce par sa supérieure de l’inéluctable, Sœur  Marie du Saint Esprit a chanté le Magnificat et a promis d’aller jusqu’au bout de sa croix. Elle dira : « je pense que c’est maintenant que je vais vivre ». Et à toute la communauté réunie autour d’elle : « Dieu le Père dit que la communauté de l’Epiphanie doit rester toujours joyeuse ».  Y a-t-il plus bel héritage d’une carmélite à ses consœurs que de semer  la joie pour la gloire de Dieu, en dépit de six mois d’intense souffrance physique endurée dans le silence ?

 Chers frères et sœurs dans le seigneur, cet épilogue nous réconforte et éponge nos larmes : Sœur Marie du Saint- Esprit n’est pas mort ; à la suite de la Petite Thérèse de l’Enfant Jésus, « Elle est entrée dans la vie » ; Oui, nous en sommes convaincus : la bonne et fidèle servante qui a médité jour et nuit la loi du seigneur est réellement entrée dans la joie de son Maître ! 

 

Carmel de l’Epiphanie, le 20 décembre 2003

 

La communauté Carmélitaine de Lubumbashi.