En 1999, le 28 mars,
dimanche des Rameaux et de la Passion du Seigneur, il y a
quatre ans, mourait à Gent, en Belgique, à l'âge de 68 ans,
l'homme qui a tant souffert mais qui est entré dans la gloire,
nous avons cité, le Père Sebast de Saint Joseph, prêtre de
l'Ordre des Frères de la Bienheureuse Vierge Marie du Mont
Carmel. Il avait été pendant seize ans durant, un membre actif
dans la formation des jeunes carmes du Congo démocratique.
Quand on demande à ceux
et celles qui l'ont côtoyé de donner le vrai visage de Sebast,
les mots se bousculent pour le faire. Sans fausse honte et sans
détours, on dit de lui qu'il était à la fois :"religieux,
carme, prêtre, directeur d'âmes, confesseur, guide spirituel,
supérieur vénéré, homme d'écoute, contemplatif, homme de
silence et de dialogue, formateur, témoin et maître, homme de
prière, homme de Dieu, homme de fraternité, homme de parole et
de principe, travailleur infatigable à la volonté tenace...".
C'est en pointillées que
se termine cette énumération. Pour dire que ces qualificatifs
ne sont nullement exhaustifs. Le Père Sylvain Mutoke, carme
congolais, à l'occasion du deuxième anniversaire de la mort de
son confrère Sebast, a pu approfondir tous "ces noms et titres
de force" dans la plaquette Sebast Vaderstraeten et le
Carmel africain. Horizons nouveaux pour le nouveau
millénaire , plaquette que nous vous recommandons vivement
la lecture.
Une question cependant:
est-ce là tout ce que l'on peut dire de SEBAST?
Cette question a longtemps
bouillonnée dans notre ventre. Elle guide toutes ces réflexions
et cette aventure d'écriture. Nous voudrions, en souvenir de
lui, dire quelque chose de lui. Pas une diversion momentanée.
Pas une redite. Mais bien quelque chose de lui qui soit comme
un rappel dans notre vie et puisse nous aider dans notre marche
vers Dieu, puisque c'est vers lui que nous cheminons. Qui que
nous soyons, nous tendons à l'union divine. C'est donc pour les
vivants en marche vers l'Eternité que nous écrivons. Ces lignes
n'ajouteront rien à ce qu'est Sebast, puisqu'il est auprès du
Père, mais elles nous rapprochent de lui. Ce que nous appelons
de tous nos voeux.
Nous voulons scruter,
sonder et savoir ce que pensait le Père Sebast. Voilà notre
objectif. Mais qui peut mieux que lui- même nous aider dans
cette entreprise? Il nous semble être incontournable.
Pour atteindre notre
objectif, il nous a fallu faire halte, nous souvenir et écrire.
Véritable exercice de la provocation de la mémoire et de
l'intelligence. En plus, il a fallu mobiliser toute notre
volonté et toutes nos énergies intérieures. Nous nous sommes
laissés guider par ses propres écrits, les textes qu'il
offrait fraternellement aux amis du carmel, textes qui
coulaient si bien dans le bulletin trimestriel d'information "La
Source", alors qu'il était prieur de la communauté du Mont
Carmel, communauté au sein de laquelle se trouvait le noviciat
Sainte Thérèse de L'Enfant-Jésus. C'était à Kananga, au Congo.
Nous nous sommes aussi servi de ses autres textes, lettres et
homélies récoltés par-ci, par-là.
Laisser couler la plume
de Sebast d'abord; tenter ensuite de donner le contexte dans
lequel il écrit et enfin commenter, telle sera notre démarche.
Nous sommes conscients des limites et des difficultés
qu'engendre un texte à interpréter. Mais, c'est sans crainte et
tremblement aussi que nous nous lançons dans cette aventure
presqu'hermeneutique. Déjà, il nous faut solliciter votre
indulgence là où, en dépits de nos efforts d'interprétation,
nous pourrions sembler avoir échouer à rendre quelque chose de
lui tel qu'il aurait bien voulu le faire s'il lui était demandé
de le faire.
Notre but est au-delà de
toutes ces peurs - que nous ne minimisons pas d'ailleurs-. Nous
ne voulons pas laisser tomber dans l'oubli la mémoire de l'un
de ceux qui ont oeuvré pour l'enracinement du Carmel en terre
congolaise, Carmel qui fêtera bientôt ses vingt-cinq ans de
présence et d'apostolat.
En ouvrant ces lignes, nous mettons dans la bouche de
Sebast, les paroles mêmes de sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus
(lettre 244), que nous paraphrasons ici, avec qui il a commencé
et fini son mandat comme serviteur en charge de la province
carmélitaine de la Flandre:
"Je voudrais vous dire, mes
chers frères et soeurs, mille choses que je comprends étant à
la porte de l'éternité, mais je ne meurs pas, j'entre dans la
vie et tout ce que je ne puis vous dire ici-bas, je vous le
ferai comprendre du haut des Cieux...
A Dieu, frères et soeurs,
priez pour votre petit frère qui vous dit :
A bientôt, au revoir au Ciel...