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LA JEANNE D'ARC AFRICAINE
Le 2 juillet marque la mort de Dona Béatrice ( Kimpa Vita), une prophétesse populaire, dans la royaume Kongo. Elle fut condamnée à être brûlée vive par le Manikongo, Pedro IV, sous l'influence des missionnaires. Elle n'avait que 22 ans en 1706. A l'occasion de la commémoration du 290 ème anniversaire de sa mort ( 1706 -1996) Le Musée National d'Anthropologie d'Angola et du CICIBA( Centre International des Civilisations Bantu) ont organisé, sous le haut patronage du Ministère angolais de la culture, un scientifico-culturel sur le thème: " DIMENSION CULTURELLE DE LA RELIGION: Religion et Identité culturelle". Ce séminaire a bénéficié du soutien de l'Union Européenne et de l'UNESCO et a connu la participation de plusieurs anthropologues, historiens, sociologues et théologiens africains, parmi lesquels deux professeurs des Facultés Catholiques de Kinshasa: les révérends Abbés Atal Sa Angang (Directeur du Centre Etudes des Religions Africaines: CERA) et Hippolyte Ngimbi Nseka. Centrées essentiellement sur le messianisme de Kimpa Vita( ou Dona Béatrice) face au christianisme, les différentes interventions des participants à ce séminaire ont insisté sur la dimension politique de son cation, dominée par le désir manifeste de libération, d'inculturation et de résistance. Les intervenants qui ont osé parlé de la condamnation de Kimpa Vita au supplice du bûcher ont retenu qu'elle avait été victime de l'Inquisition. Certains parmi eux l'ont présentée comme la "Jeanne d'Arc" du Royaume du Kongo. Toutefois, le débat de fond sur l'orthodoxie de sa doctrine dans le contexte particulier du 18 è siècle semble avoir été occulté jusqu'en ce jour. Des soirées culturelles, animées par des troupes théâtrales et des chorales des différentes communautés protestantes et des églises africaines indépendantes, ont constitué des moments agréables de détente et de réflexion pour les participants aux travaux de ce séminaire de haute importance. Les invités aux Journées culturelles sur Kimpa Vita venaient d'Angola, du Congo-Brazza, du Gabon et de la République Démocratique du Congo, pays particulièrement concernés par l'événement. Pour en finir, fixons l'attention sur les derniers propos de deux conférenciers au sujet de Dona Béatrice. 1) Pour le professeur Atal sa Angang, Bibliste, dans sa conférence intitulée: " Deux faces de l'antoinisme de Yaya Kimpa Vita: libération et inculturation", contre la sur exaltation du temps passé et de voir en cette fille "une héroïne, un martyr, la "Jeanne d'Arc", il faut voir dans le mouvement antonin de Yaya Kimpa Vita, à son point de départ, un idéal de vie assez élevé, plus ou moins comparable à celui de nos martyrs dans l'empire romain. Un idéal qui s'est concrétisé et accepté par elle et adopté par ses adeptes. Un mérite que d'avoir accepté un idéal de vie pour lequel elle s'est laissé conduire jusqu'à la mort". 2) Et pour sa part, le Professeur Ingimlbi Nseka, philosophe et théologien, " Ce que nous avons à retenir est qu'elle est morte "convertie", "avec le nom de Jésus en bouche", comme Jeanne d'Arc! Si cela peut suffire pour revendiquer la réhabilitation de l'héroïne Kongo, pourrions-nous aller jusqu'à demander sa béatification ou sa canonisation ? C'est une grande responsabilité que nous assumerions, mais après un long effort d'étude des textes qui nous présentent souvent souvent sous un mauvais jour celle dont nous commémorons aujourd'hui le sacrifice"
Lire: Renaître, n°s 16( août 1996) p.14-17 et n° 17( 15 septembre 1996), p.14-17).
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