Kananga : Actualités carmélitaines

 

Au souvenir de ses défunts, le carmel congolais s’est recueilli

 

 La famille carmélitaine de Kananga a participé, le 2 novembre 2006, 
à la grande messe pontifiée par Son Exc. Mgr Marcel Madila, ancien évêque auxiliaire et actuellement confirmé archevêque métropolitain de 

Kananga, au cimetière du Grand Séminaire Theologicum de Malole. 
Sous l’initiative de la Commission diocésaine de la Vie religieuse( C.V.R.,en sigle) 
cette messe a été célébrée spécialement en mémoire des personnes consacrées 
qui reposent en paix sur la colline de Malole et ses environs. 
Au terme de la célébration qui avait connu une forte participation des religieux, 
religieuses, prêtres diocésains, séminaristes, novices et postulants de plusieurs
 congrégations, les différentes personnes désignées 

ont présenté l’une ou l’autre membre de sa famille religieuse dont la tombe est érigé en ce lieu. 
Nous vous présentons les nôtres dont il avait été question et dont le souvenir 
devra être entretenu dans une communion de prière. 
Il s’agit de nos trois sœurs carmélites cloîtrées et d’un confrère prêtre Carme.

Sœur Léonie Lukadi. 

Née vers less années 1930, à Tshibala( diocèse de Luiza), Province du Kasaï Occidental, 
Léonie Lukadi fut baptisée le 21 novembre 1946. Après ses
 études d’aide accoucheuse à Luebo, elle entra, le 10 décembre 1952, 
dans la Congrégation des sœurs de la charité de Jésus et de Marie, à Mikalayi. 
Elle quittera cette congrégation le 25 septembre 1955 pour entrer, six ans après, 
dan la congrégation des sœurs du Cœur Immaculé de Marie, une jeune 
congrégation diocésaine récemment fondée par Son Exc. Bernard Mels en 1961 à Luiza. 
Après la profession, comptée par mi les pionnières, elle ressent de nouveau un autre appel, 
cet fois-ci, pour le carmel. C’est ainsi qu’elle y entrera le 5 août 1964 comme sœur externe. 
Après la prise d’habit le 08 août 1973, sous le nom de sœur Joséphine Marie du Sacré Cœur, 
elle fut ses premiers vœux le 22 août1967 et sa profession solennelle intervint le 22 août 1973. 

C’est au terme d’une longue et pénible maladie du cœur qu’elle 
s’endormit dans le Seigneur le 04 mars
 1993, à Kananga, dans son monastère du Carmel de l’Enfant Jésus de Prague
( Carmel Kabwe Malole).

 La sœur Joséphine Marie du Sacré cœur a laissé, pour ceux et celles qui l’ont connue,
 le souvenir d’une fidélité indéfectible dans les petites choses, de simplicité et 
d’un amour profond de sa vocation et de l’Eglise. Elle s’est dévouée, durant sa vie au Monastère, 
dans la discrétion, au service des sœurs avec grand cœur. 
Dans l’au-delà là, où elle repose, Joséphine sera suivie par celle que l’on aimait appeler « La 

petite Thérèse ». 

Il s’agit de la Sœur Bilonda
 Thérèse.

 Née à Tshilundu, l’une des premières missions catholiques du Kasaï, 
vers les années 1916 et baptisée le 16 juillet 1932, 
Thérèse Bilonda entra d’abord chez les sœurs de la charité de Jésus et de Marie. 
Elle exprima à ses supérieures le désir de devenir carmélites en 1934, 
lors du passager des premières Carmélites pour la fondation de kabwe. 
Pour éprouver la vocation de cette indigène, les supérieures la feront retourner 
en famille à Merode,
 où elle aura à passer quatre ans auprès des sœurs de saint Joseph de Bruges. 
Elle fut finalement reçue le 02 février 1940 au Carmel. 
Elle reçut le saint habit le 23 janvier 1944 sous le nom de sœur Thérèse de l’Enfant – Jésus. 
 Ses premiers vœux ont eu lieu le 19 mars 1946 et sa profession solennelle le 19 mars 1949. 
La première carmélite d’Afrique
 centrale nous a quitté pour la maison du Père le 29 octobre 1994.

 Notre sœur aînée, Thérèse Bilonda, a incarné la spiritualité de Ste Thérèse de l’Enfant-Jésus 
dont elle portait le nom. Elle a laissé le souvenir d’une grande sœur toujours souriante 
et joyeuse. Très fidèle et 

mettant le soin à tout ce qu’elle avait à faire, Thérèse a ajouté l’appellation « munsanto », 
ce qui veut dire « saint » à chaque nom de la personne qu’elle rencontrait au Monastère. 
C’est ainsi que les sœurs 

Carmélites encore vivantes au monastère continue à dire : « munsanto »
( le saint) ou « bansanto »( saints)
 pour désigner leurs visiteurs. Quatre ans, après son entrée dans la vie, 
l’une de ses compagnes la suivra. 
C’est le tour de Marie Pia.

 La sœur Mambu Veronique naquit à Kabwe, le 26 août 1936 et 
fut baptisée au lendemain de sa naissance.
 Après ses études à l’école normale de Mikalayi, elle entra au Carmel de Kabwe
 le 23 janvier 1956. 
Sa vêture aura lieu le 1 er août 1957 sous le nom de sœur Marie Pia de Cœur de Jésus. 
Elle émit ses premiers vœux le 24 juin 1959 et solennels le 24 juin 1965. 
Le Seigneur l’a rappelée auprès de Lui au Carmel de Malole le 29 novembre 1998, 
après une longue maladie. 

 Sœur marie Pia était d’un caractère gai et d’une personnalité inventive.
 Elle avait le souci d’apprendre tout pour ensuite le transmettre aux autres. 
Ce qui fit que, souvent, elle était sûre d’elle-même. Durant 

sa maladie, elle fit preuve d’une endurance exceptionnelle. 
Elle avait accepté sa maladie avec un esprit surnaturel, en encourageant et 
consolant ceux qui s’affligeaient de sa maladie.

 Quant à Laurent Kapuku, notre confrère, il fut né le 18 janvier 1959. 

Après ses études primaires, secondaires et son stage, 
il passa ses trois années d’études philosophiques successivement 
au Grand Séminaire interdiocésain du kasaï, à Kabwe puis à Mbujimayi. Il
 prendra l’habit du carmel au Noviciat de kananga 
le 15 août 1987 sous le nom de Frère Laurent du Christ Ressuscité. 
Après se premiers vœux le 15 août 1988, le Frère Laurent Kapuku s’envola pour Kinshasa
 en vue d’entamer les études théologiques. Au terme de quatre ans, non sans malaise de santé, 
il fut envoyé en stage à Bukavu dans la maison Saint Jean de la Croix. Le 19 mars 1995, 
solennité de Notre Père Saint Joseph, époux de Marie, 
il fit sa profession solennelle en compagnie de ses jeunes confrères Jean Paul 

Tshisungu et Jean Alidor Mukendi. 
L’ordination sacerdotale du frère Laurent interviendra le 30 juin 1996 à Kananga.

 Lors de la fermeture du noviciat de Kananga, Laurent a été désigné à organiser la
 propédeutique spirituelle pour candidats carmes de 1997à 2000. 
Nommé vicaire à la paroisse Notre Père( Kananga II) 
et enfin Supérieur de la Communauté de Goma, Laurent a connu les malaises de santé qui,
 malgré sa bonne volonté, ne lui ont pas permis de terminer les initiatives prises. 
C’est en plein exercice de son ministère que la mort l’a surpris dans la nuit du 23 juillet 2005, 
à la Clinique Nganda de Kinshasa, suite à des complications rénales.

 Notre cher confrère a laissé le souvenir d’un homme jovial, 
pacifique, social et pondéré dans sa capacité de réconcilier les gens. 
C’était un conseiller avisé en cas de nécessité au milieu de ses confrères et de sa communauté chrétienne.

 Le meilleur hommage à rendre à nos défunts consiste à prier pour que 
le Seigneur les accueille dans sa demeure et qu’ils jouissent de sa paix. 
Pour nos confrères et consœurs de la grande famille du Carmel au 

Congo, nous avions déposé une gerbe de reconnaissance en disant :

«  Chères sœurs Joséphine, Thérèse et Marie Pia, 

 cher Frère Laurent, 

 Votre souvenir renforce en nous l’espoir de nous retrouver un jour tous réunis dans la joie pascale

 qui est le rendez-vous des cœurs généreux.  
Que le reflet de votre paix fasse en nous reverdir l’espérance : Merci ! Au revoir! »

   

  Sylvain MUTOKE, Ocd.

  Mont Carmel- Kananga