LA CHARTE DE LA LIBERTE

        La date du 26 juin est marquée, en Afrique, par deux événements inoubliables: l'anniversaire de l'indépendance de Madagascar et celui de l'adoption, en Afrique du Sud, de la Charte de la liberté.

          La grande Ile a accédé à sa souveraineté nationale le 26 juin 1960, après avoir été colonisée par la France. Le peuple malgache rend hommage, à cette même date, à Andrianampoinimerina, mort en 1810 et dont l'oeuvre unificatrice est reconnue au Madagascar.

           L'indépendance, c'est le cas de le dire, n'est pas un cadeau qu'une personne puissante va offrir à l'autre; elle n'est pas non plus quelque chose qu'une organisation mondiale prépare. Elle est plutôt l'aboutissement d'une lutte; elle se gagne et se construit dans la patience et avec courage. N'est-ce pas en assimilant les valeurs du bien commun, du respect de l'uatre, de la solidarité et de l'amour de la patrie qu'on l'assimile ? Les sud-africains pourraient bien nous l'apprendre en cette même date. La Charte de la liberté, adoptée à Kliptown, le 26 juin 1955, au Congrès du Peuple, s'inscrit merveilleusement dans cette lutte pour la liberté et l'indépendance bien assimilées. La Charte stipule, dès son début: "L'Afrique du Sud appartient à tous ceux qui y vivent, Blancs et Noirs (...) Notre pays ne pourra être prospère et libre qu'à condition que tout notre peuple vive dans la fraternité, jouissant de chances et droits égaux."( cfr. www.alliance21.org).

                 Le 26 juin, c'est aussi le jour d'anniversaire de naissance d'Aimé Césaire, le Poète de la négritude. Ce condisciple de Léopold Sédar Senghor a célébré ses 90 ans d'existence. Précisant les contours du mot qu'il a forgé, il nous interpelle en ces termes:

                  " Le nègre c'est aussi le juif, l'étranger, l'amérindien, le gitan, l'indien, l'analphabète, l'intouchable, le différent, le voisin, bref celui qui, a priori, de par son existence même menace, est exclu, marginalisé, oublié, sacrifié. Maître mot des pratiques de notre siècle: l'exclusion, toujours dénoncée, toujours renouvelée. A l'heure où nos identités, déçues par le mythe du progrès et dévastées par les faux universalismes se réveillent, leur revendication ne peut elle être que passionnelle et violente ? Affirmation de soi et négation de l'autre sont-elles inséparables ?"

                Indépendance de Madagascar, adoption de la Charte de la liberté et naissance d'Aimé Césaire, voilà trois événements inoubliables de notre histoire. S'en souvenir, mais réfléchir pour nous relancer mieux vers les nouveaux horizons!

LE SEUL AFRICAIN A AVOIR TENU LA PRESIDENCE D'UN CONCILE...

 

          Le peuple africain célèbre l'indépendance de Djibouti et le patron d'Alexandrie le 27 juin de chaque année.

Le pays d'Ismail Omar Guelleh a accedé à l'indépendance le 27 juibn 1977. Pays à régime présidentiel, d'une population de 687.000 habitants, Djibouti compte parmi les pays les plus pauvres de la planète. Comme matière première, ce pays ne compte que sur le piment. Qui pourrait aider ce petit pays et sa popultion à vivre mieux, à se développer ?

            La question de Djibouti ne doit pas nous faire oublier une personnalité religieuse africaine qui a marqué l'histoire de notre continent. Il s'agit de Saint Cyrille d'Alexandrie, évêque d'Alexandrie, en Egypte( 444). Fêté, le même jour, dans l'Eglise latine, Cyrille d'Alexandrie est le seul africain à avoir tenu la présidence d'un Concile Général de l'Eglise universelle, le Concile d'Ephèse.

            Né vers 370 à Theodosius( Al-Mahallat-al-Kubra), en Egypte, Saint Cyrille fut disciple de son oncle paternel, l'évêque Théophile. Dernire grand représentant de l'école catéchétique d'Alexandrie, Cyrille possédait une grande culture et menait une vie sacerdotale irreprochable. Son nom reste lié au Concile d'Ephèse( 431) et à la condamnation de l'hérésie de Nestorius. En lutteur intrépide et vigoureux, il proclama, contre les nestoriens, l'unité de la personne du Christ et la maternité divine de la Vierge, pour qui il reclamait le titre de "Mère de Dieu".

               Dans l'histoire de l'Eglise, la figure de Cyrille d'Alexandrie rejoint celle des grands défenseurs de l'orthodoxie. Mort le 27 juin 444, il est , à juste titre, fêtée comme Docteur de l'Eglise, Patron d'Alexandrie et de Kiev. Il était également invoqué contre la foudre. Sa mémoire est, pour les africains, un motif de fierté et un encouragement à  édifier l'Eglise du Christ dans l'orthodoxie.

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