Bien chers frères et sœurs,
Bien chers parents et amis,
Bien chers bienfaiteurs et bienfaitrices, loué soit Jésus-Christ !
« Voici que la Vierge concevra et elle enfantera un fils. On lui donnera le nom d’Emmanuel, qui se traduit par : ‘Dieu avec nous’. Isaïe 7, 14. C’est cette autre parole de l’Apôtre Saint Paul aux Romains qui vient confirmer cette vérité de foi préfigurant le mystère de l’Incarnation : « Si Dieu est pour nous, qui sera contre nous ? Qui nous séparera de l’Amour du Christ ?... Oui j’en ai l’assurance … Rien ne pourra nous séparer de l’Amour de Dieu manifesté en Jésus- Christ notre Seigneur » Rm8, 31 Oui, ce ‘Dieu avec nous’, donne un sens à tous les événements que nous avons vécus au cours de l’Année et que nous voulons bien vous partager :
L’Année commence par une grande grâce de Dieu accordée à l’Eglise locale en ce mois de Janvier : *La Saint Jean Bosco ne tombant pas un Dimanche, Monseigneur Jean-Pierre Tafunga, notre Evêque coadjuteur alors, en vrai fils de Don Bosco, choisit la veille de cette fête salésienne pour son intronisation comme Archevêque de notre diocèse ; c’était le 30 Janvier 2011. La matinée s’annonçait belle et remplie de promesse ! Au cours d’une célébration eucharistique présidée par le Cardinal Mosengo dont c’est fut sa première intronisation depuis qu’il a été créé Cardinal au mois de Novembre, par le Saint Père. Etaient présents plusieurs Evêques et plusieurs Autorités de notre Pays. La cérémonie était très émouvante et comme symbole, le Cardinal Mosengo et l’Ancien Archevêque Monseigneur Songa-Songa Floribert ont tenu le nouvel Archevêque, l’un à sa gauche et l’autre à sa droite pour le faire asseoir à l’Autel. Il était très ému et l’assemblée de même. La célébration s’est terminée par une forte pluie et 3 arcs-en-ciel, signe de bénédictions du Ciel.
Oh quel plaisir et quel bonheur de se trouver entre frères et sœurs ! Nous voici bien décidées à vous en faire part : l’année 2011 était riche en ordination sacerdotale au sein de notre Délégation du Congo. Au mois de Janvier, le père Germain, après son ordination est venu au Carmel nous dire sa première messe. Après la messe, nous avons eu un temps de partage fraternel où il a exprimé sa joie d’être prêtre et sa gratitude à Dieu ainsi qu’à nous ses sœurs ; il était plein d’émotions pour ce jour inoubliable. Il était ordonné ensemble avec les prêtres diocésains, et aussi d’autres congrégations dans une paroisse de Lubumbashi, ciblée exprès par l’Archevêque afin de montrer à la jeunesse la joie et la valeur de se consacrer à Dieu. Notre sœur la pluie les a accompagnés durant toute la cérémonie.
Fin Août de l’année passée, la mère prieure me demande d’aller voir un docteur en France. La sœur Marie Hélène, Carmélite missionnaire me soignait ; car depuis deux ans, j’ai une cardiomégalie qui se développe et la sœur dit que cela devient grave. Je commence par refuser net mais en réfléchissant, je reviens car sr Aimée Pascale me dit que c’est l’obéissance qui me le demande. Et nous voici très vite dans l’avions avec sœur Petra qui m’accompagne. Le voyage est très long car nous avons pris Ethiopia air-ways , une compagnie arabe; puis l’arrêt à Paris et le train rapide nous mène à Vannes(le Carmel de Brest a rejoint Celui de Vannes pour essayer de survivre). Vous devinez que je suis bien accueillie et sœur Petra continue vers son Carmel d’Anvers pour se soigner aussi. Je vais donc passer sept mois à Vannes, soignée très bien : des visites, des photos, la famille qui vient me voir car il ne reste que Paul, ma jumelle avec ses sept enfants qui sont à Brest et au nord Finistère. Je doute bien sûr qu’on ne me fasse pas retourner mais j’attends dans la confiance un jour on me permet de revenir. Mes sœurs sont très gentilles et le regrettent. Le 30 Mars 2011, me voici de nouveau dans le train de Paris ; le mari de Marie –Annick, fille de Jacqueline, ma petite sœur m’achemine vers l’aéroport. J’avais demandé l’aide d’une sœur Carmélite missionnaire qui voyageait et nous nous retrouvons le soir pour prendre le même avion encore et le voyage sera encore très long. Je me sens fatiguée mais si heureuse de retrouver mes sœurs à Lubumbashi. Il me semble que mes jambes, pourtant si vieilles ont des ailes. Bientôt c’est l’arrivée à l’aéroport : sœur Aimée est là et ce sont des embrassades. J’ai retrouvé mon Carmel et toutes sont si heureuses aussi ; sœur Petra est rentrée avant moi mais je trouve l’ambiance africaine si forte. Je me réadapte vite et je continue sans peur à marcher dans cette dernière étape où tout est simple et aimant. Un tout grand merci à mon Carmel de Vannes qui a tant fait pour moi et que je garde dans mon cœur malgré l’éloignement et à toutes mes sœurs de l’Association. Bien à vous, votre Marcelle-Marie.
Apprenant que le deuxième Dimanche de Pâque (instauré Dimanche de la Miséricorde Divine par le Pape Jean Paul II, de son vivant), ce grand Serviteur de Dieu lui-même, sera béatifié, nous avons toutes accueilli cette nouvelle avec grande émotion et grande joie. Le premier mai nous avons ouvert notre T.V pour suivre en direct de la place Saint Pierre ce grand événement du Saint-Esprit, une grâce christocentrique et mariale. C’était vraiment émouvant de voir combien cette béatification a réuni toute l’Eglise, toutes les confessions religieuses ainsi que les hommes de toutes nations, peuples et langues. Comment ne pas dire avec le sage que Dieu a donné au Bienheureux Jean-Paul II, un cœur aussi vaste que le sable au bord de la mer. Cher père, frère et fils à la fois, en toute confiance nous osons t’invoquer : ‘Bienheureux Jean-Paul II, priez pour nous !’
Encore une ordination dans le Carmel Congolais ! C’est le tour du père Tarcis Lyonze au mois de juin. Après nous avoir donné la joie d’une célébration Eucharistique, nous a partagé au parloir où nous étions réunies avec notre Fraternité Saint Elie, sa vocation au Carmel ainsi que sa joie d’être ordonné prêtre après 5 mois de diaconat seulement. Un verre fraternel n’a pas fait défaut.
C’est du 5 au 10 juin, que avons fait notre retraite communautaire sur les Conseils évangéliques, prêchée par Monsieur L’Abbé Jean Baptiste, formateur à la maison propédeutique de Kambikila. Le prédicateur a défini la retraite comme un temps, habituellement choisi pour réfléchir sur l’essentiel et le fondement de notre vocation et aussi comme un temps de ménage spirituel de tout notre être. De la Bible, il a tiré comme premier exemple de retraite : les disciples reviennent heureux de leur apostolat et entendent le Maître leur dire : « Venez à l’écart et reposez-vous un peu », ce qui veut dire : « venez à l’écart réfléchir à la lumière de la Parole de Dieu ». Deuxième exemple, celui de Moïse qui fait le détour du buisson ardent qui est synonyme d’un voyage spirituel pour comprendre la volonté de Dieu. La Foi, a-t-il poursuivi, c’est établir une relation d’amour avec Dieu ; elle exige une manière de vivre d’être prêt à accepter l’inattendue de Dieu et de pouvoir tenir même si nous ne sommes sûres. Par les conseils évangéliques, nous sommes appelées à devenir parfaites comme Dieu, notre Père du Ciel, en aimant les autres, en renonçant à faire du pouvoir, de l’avoir et du plaisir le centre de notre vie.
Le mois de Septembre se refusant d’être stérile et de rester en arrière, nous a donné le père Gilbert qui a bien voulu nous offrir une très belle célébration eucharistique, point central et capital de son existence comme prêtre. Puis au parloir nous a raconté les événements qui ont entouré son ordination : pour la retraite préparatoire, ils étaient logés à deux avec un futur prêtre diocésain, qui s’est vu la nuit, la veille de son ordination attaqué et bien battu par les bandits qui ont pénétré dans la maison, car lui logeait en bas et le frère Gilbert à l’étage. Et c’est dans cette condition qu’ils ont été ordonnés. Nous leur disons merci et bonne persévérance et en même temps les confions à vos ferventes prières.
La sixième Assemblée de notre Association Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus des Carmels francophones d’Afrique, s’est tenue du 18 Août au 4 Septembre, à Nairobi( Kenya) au Centre Spirituel de nos Pères Carmes. Commencé à arriver depuis le 16 Août au matin, nous avons reçu un accueil très chaleureux et très fraternel de la part de nos frères et pères carmes à qui nous disons un tout grand merci pour tout le dévouement sans calcul à notre service durant tout notre séjour. A dieu v toute notre gratitude ! Qu’Il en soit glorifié à jamais ! Nous devinons la joie de notre mère Sainte Thérèse et notre père Saint Jean de la Croix et des autres Saints du Carmel à cause de cette fraternité si remarquable. Les travaux de la dite Assemblée ont débuté le 18 Septembre par une messe votive à l’Esprit- Saint, suivie d’une rencontre informelle avec le Père Général Saverio CANISTRA et une brève présentation de nos Carmels; une messe solennelle avec nos frères carmes présidée par lui, au cours de laquelle le père prieur Santulino a souhaité la bienvenue au Préposé Général et à toute l’Assemblée, a clôturé la journée. Le 19 a été consacrée à la conférence du P. Général sur l’identité carmélitaine, le compte-rendu de la présidente et de l’économe et le 20 après avoir été bien éclairées sur le discernement donné par notre père Assistant Festus AWUNYO, nous avons procédé aux élections de la Présidente et des Conseillères. Nous remercions de tout cœur l’équipe sortante et accueillons dans la foi, l’amour et l’espérance la nouvelle équipe que nous confions à Dieu et à qui nous souhaitons bon courage et promettons notre collaboration et notre prière. Après un temps des échanges sur les réflexions de communautés, nous avons eu du 23 au 27 Août, les conférences de notre père François Marie LETHEL, sur la lumière du Christ au cœur de l’Eglise – Jean Paul II et la théologie des Saints, thème de la retraite qu’il a prêché au Saint Père et au collège des Cardinaux en carême de cette année, au mois de mars et qu’il considère comme une grâce conférée à toue sa famille carmélitaine. Il a mis l’accent sur l’Eglise- communion des saints, se donnant la main et formant ainsi la ‘Ronde des Saints’ selon la belle image de Fra Angelico. Le P. François Marie Lethel a recommandé à nos prières son frère Philippe, malade en France. Du 29 août au 3 Septembre, jours consacrés à l’étude de nos Constitutions donnée par le père Flavio Caloi : à l’aide des travaux en groupes sur certains numéros de nos Constitutions, nous avons abouti à l’élaboration d’un texte commun qui régit le code de vie dans notre marche et notre vocation communes en tant que Carmélites de l’Afrique Francophone. Le 2 au soir nous apprenons la gravité de la maladie de monsieur Albino, frère de notre père Caloi et le matin son décès. Nous recommandons à Dieu, son âme ainsi que toute la famille. Nous remercions également le père pour l’exemple de foi et d’espérance, qu’il nous a donné dans cette épreuve. Du 3 au 7 Septembre, c’était les départs. Merci à Dieu et à tous ceux et toutes celles qui de loin ou de près ont soutenu matériellement ou spirituellement cette sixième Assemblée de notre Association !
Le 26 Octobre la nuit, nous apprenons par Maman Mwamini, la Présidente de notre Association, la mort brusque de notre P. Théophile, du Fr. Patrick (Carmes Déchaux) et de la Sr. Espérance, Carmélite missionnaire, survenue sur le lac Kivu, ce 25 Octobre à midi alors qu’ils revenaient de la messe, puis ont fait des petites courses : grande épreuve pour tout le Carmel de Bukavu et pour toute la Délégation Générale des Carmes et Carmélites du Congo Démocratique.
Annonce ! : Allo ! Allo ! Ce lundi 28 Novembre 2011 élections libres, démocratiques et transparentes dans la République Démocratique du Congo en sigle R.D.C !!! Quelle chance ! D’abord tout un mois de propagande où nous avons subi un vrai martyre des tapages incessants de toutes sortes nuit et jour, qui nous ont cassé la tête et brûlé les tympans. « Souple, ni we peke !», dit-on dans notre langue locale. Chaque candidat s’est montré vraiment souple en se débrouillant pour trouver un moyen par lequel proclamer ses vertus, ses talents, ses compétences et ses capacités( la liste est longue) afin d’arracher les voies: pour certains, c’était les tambours et pour d’autres les haut-parleurs etc. Et à quel volume ? C’était un bruit pareil à celui du tonnerre ou de la foudre où l’on pouvait saisir une voix qui faisait retentir ces paroles : « Votez… votez le N° 3 pour lui permettre de terminer ses cinq chantiers commencés… » ; « Votez-moi le N° 900, je n’ai rien à vous donner mais je vais vous aider à développer votre village par l’agriculture… » Mon Dieu ! C’était infernal ! Si vous regardez bien, la personne qui parle ainsi de l’agriculture n’a jamais vu ni touché la houe depuis sa naissance. Seigneur, Toi seul peux nous sauver et nous ne comptons que sur toi. Très motivées par ce beau conseil de Jésus :’’ Rendez à César ce qui est à César et à Dieu, ce qui est à Dieu ‘’ (Matthieu 22, 21b) et solidaires de notre peuple, en bonnes et dignes citoyennes congolaises, nous voici en route ce matin du 28 novembre à 5h30’, après la prière de l’Angélus pour aller accomplir nos devoirs civiques tandis que nos sœurs aînées sont restées à la maison. Remarquant notre absence massive, un autre bon et digne citoyen(ou plusieurs, nous n’en savons rien) a trouvé ce moment convenable pour nous rendre sa visite fraternelle : se trouvant devant les portes fermées, il a choisi de forcer sa visite prévue, en commençant par défoncer la serrure d’une des portes de nos parloirs ; une fois à l’avant tour, s’est bien servi dans la caisse et sans même nous attendre pour nous saluer, notre hôte est parti en courant, joyeux d’avoir atteint son but. Dieu merci ! Heureusement, il a laissé la vie sauve à nos sœurs qui s’en sont aperçu un peu tard en voyant les portes larges ouvertes. Seigneur, comment être enchantées par une telle visite et prier pour l’auteur ? Et pourtant il faut bien prier pour la conversion de ce ‘notre Pranzini’… Au bout d’un petit temps de tracasseries pour notre survie matérielle, comme des petits enfants, nous nous sommes remises avec confiance entre les mains du Bon Dieu, très sûres qu’Il nous le rendra d’une autre façon connue de Lui-seul. En ce qui concerne les votes, en général, les choses étaient plus ou moins assez bien organisées malgré certains désordres et retards à certains endroits. Nous vous faisons grâce de tous les détails que vous pouvez suivre dans les informations. Demandez avec nous, à Jésus- Emmanuel, Prince de la Paix, la vraie paix pour ce pays. Merci à tous et à toutes ! Nous vous disons notre union de prière et vous souhaitons une très sainte et joyeuse fête de NOËL et beaucoup des bénédictions pour la nouvelle ANNEE 2012 !
Vos sœurs Carmélites de l’Epiphanie.