POUR NOUS LE SEIGNEUR A FAIT DES MERVEILLES

 NOUS VOICI DANS LA JOIE

 

 

Chers frères et sœurs dans le Christ,

 

Il y a un an, la communauté s’engageait dans un nouveau cycle de trois ans. C’était le 22 mars 2002 lors de la semaine sainte, sous le signe du mystère pascal. La célébration du jubilé d’or de la présence carmélitaine au Rwanda, ouverte le 6 janvier 2002, fut un événement marquant. Voici le partage de ce que nous avons vécu :

 

Avril : Après Pâques, visite de notre Archevêque qui nous a commenté quelques numéros de nos constitutions relatifs à la vie de prière et communautaire.

            Ensuite le P. Daniel, délégué du Congo, nous donna une session, une reprise de celle que notre Père Général donna à l’assemblée fédérale de 2000 au Cameroun, sur « l’exercice de l’autorité et la pratique de l’obéissance. Le Père nous a fait travailler dans la vérité et la réalité de ce que nous avons vécu en communauté durant les 50 ans du Carmel au Rwanda.

            La retraite par P. D. Nothomb, miss d’Afr « Aimer le prochain pour le Christ » clôtura le mois.

 

Mai s’ouvre par la visite de Mère Thérèse Marguerite, présidente de notre Association francophone et sr Roser de Burkina. Les dix jours vécus avec elles resterons marqués par un échange fraternel sur diverses facettes de l’Association. Nous avons en outre examiné les possibilités de notre gagne-pain. Nous avons eu la joie d’offrir ensemble au Seigneur notre Sr Fr. M. Aimée du Crucifié qui prononça ses premiers vœux.

            Puisque nous parlons de l’étape d’une jeune, un mot sur les autres qui ont suivi : à la solennité de notre Dame du Carmel, Srs Agnès du Transpercé et Marie Spéciose du Père ont pris l’habit, tandis que le 1 octobre, Srs Marie Liberata Louange de la Trinité et Ancilla Consolation de l’Enfant Jésus ont renouvelé leurs vœux. La profession solennelle de Sr Thérèse Marie du Sacré Cœur de Jésus à la clôture du jubilé en a été la couronne.

 

            Juin nous a réservé un moment de retrouvailles entre nous. Nous avons réfléchi sur ce que nous croyions être priorité de ce nouveau trienat. Avec ce que nous venions de recevoir durant ces différentes visites, nous étions bien équipées pour repartir de l’essentiel à la suite du Christ : « Voici que vous commencez … ne négligez rien pour commencer toujours et allez de mieux à mieux » nous dit notre Madre Thérèse.

 

Juillet : Nous avons rencontré les groupes s’intéressant à la spiritualité du Carmel : Le 14 c’étaient des chrétiens qui prient dans notre chapelle, le 15 et le 29,  les consacrés du diocèse. Les thèmes communs étaient les origines du Carmel jusqu’au Rwanda, le charisme thérésien, quelques figures du carmel (Laurent de la Résurrection et Elisabeth de la Trinité) peu connues au Rwanda. Les pères Joseph (ocd), notre aumônier Martinez (miss d’Afr) et Didier (op) nous ont aidées par les conférences à ces différents groupes.

Juillet, mois intense aussi pour notre Archidiocèse : neuf ordinations sacerdotales parmi elles, les Abbés Thomas Kanamugire de Nyamirambo et Gaspard Mukeshimana de Rulindo. Leur messe de prémices, le 29, au carmel, fut ineffable. Une particularité : avant de donner la bénédiction finale, ils ont partagé à l’assemblée leur cheminement avec le Carmel durant 11 ans et de dire « Notre ordination vaut une profession solennelle » Sur ce, ils demandèrent l’habit de l’Ordre, après avoir bénis eux-même les scapulaires, le rite d’imposition suivi, désormais ils font partis de la fraternité du scapulaire.

 

Août fut ouvert par le pélérinage à Zaza. Le carmel de  Cyangugu a passé la nuit du 31/07 chez-nous avec deux carmes : P. Roger de Bukavu et Jean l’Evangéliste de Butare, les Abbés Smaragde, Recteur du Grand séminaire de Nyakibanda et Philémon de Uvira ainsi que Melle Anne Marie (notre Akayezu). L’Eucharistie a été présidée par l’Evêque de Kibungo, Mgr Frédéric, entouré de 10 prêtres. Etaient présents : des sœurs Benebikira, des fidèles, certains ont connu les carmélites. C’était émouvant de se retrouver dans l’ancienne chapelle. Nos sœurs anciennes nous montraient avec nostalgie les différents endroits où elles ont passé leur jeunesse religieuse. Le 02/08, nous avons échangé avec nos sœurs de Cyangugu sur le sens de ce que nous venions de vivre ensemble. « Le retour à la source » jaillissait de nos partages comme un appel à toutes.

 

Septembre fut marqué par l’assemblée de notre Association Francophone, prévue du 23 septembre au 16 octobre à Logbakro-Yamoussoukro chez nos sœurs carmélites rwandaises. C’était au début des troubles en Côte d’Ivoire. Bloquées à Nairobi, nous n’arriverons au Carmel de Grand Bassam que le 25 septembre où s’est tenue l’assemblée. Malgré la situation du pays nous avons eu des enrichissants échanges avec les Mères fédérales venues de France. L’assemblée a eu lieu du 1er au 6 octobre, seuls trois points ont pu être réalisés :

·      L’élection de la présidente Mère Thérèse Marguerite (réélue) et son conseil ;

·      Le P. Hugélé nous a parlé sur la lectio divina ;

·      Les échanges entre les participants.

Avec nos sœurs de Cyangugu, nous avons fait un saut à Logbakro, visite qui reste gravée dans nos cœurs.

 

            Octobre : Nous nous sommes penchées sur la lectio divina, déjà les Pères Jean l’Evangéliste (ocd) et Didier (op) nous avaient frayé le chemin. Celui-ci sur l’historique dans l’Eglise et celui-là sur son aspect pratique (méthodologie). Chacune a pu s’exprimer sur le programme à suivre pour l’année qui s’ouvrait devant nous, ainsi nous avons retenu :

A.     Individuellement :

Lecture continue de la Bible avec liberté laissée au choix de chacune, soit commencer par la Genèse, par les Evangiles, par un thème liturgique ou approfondir l’Evangile du jour.

 

B.     En Communauté :

    • Au réfectoire à midi, lecture continue de la Bible à partir de la Genèse ;
    • Samedi, après l’oraison du soir, partage de l’Evangile de dimanche ;
    • Toute l’année, deux jours par mois, étude de la lectio divina avec le P. Jean l’Evangéliste (ocd). Il nous explique la lectio divina, étape par étape.
    • Sentence tirée de l’Evangile de dimanche affichée dans les lieux communs à l’entrée de la chapelle, du réfectoire ou de la salle communautaire ;
    • Terminer la récréation du soir par la lecture de l’Evangile du lendemain ;
    • Partage sur la lectio divina individuelle tous les quinze jours. Trois sœurs sont désignées d’avance.

N.B. :

  • Une étude biblique par correspondance est envisagée dans l’avenir ;
  • Le groupe du noviciat avait commencé les études des psaumes, hélas le professeur est tombé malade, dès qu’il se remettra, on reprend.

 

De tout cela, nous espérons les fruits de notre conversion, priez pour nous.

 

Novembre : Le moment culminant pointe à l’horizon. Les préparatifs immédiats du 28 décembre 2002 commencent par les rencontres communautaires. Nous avons eu la joie d’être avec notre Sr Marie Madeleine Akayezu fort engagée pour la réussite de la célébration de notre jubilé.

 

En étroite collaboration avec la fraternité du scapulaire et un groupe des paroissiens, nous nous répartissons en commission et nous nous mettons au travail. Vu l’étroitesse de notre chapelle, on prépare à l’extérieur un espace de 12m sur 25m. Une tâche pas facile, pourtant  le Seigneur manifeste sa présence au milieu de nous. La seule question qui nous revenait était : « Pourquoi tant de générosité, d’assistance, … ? » Et l’on se répondait : « Non pas à nous Seigneur, mais à ton Nom Saint … ». La veille de la fête vers le soir, une tempête nous dérange, elle enlève toutes les tentes, il faut recommencer en les fixant bien fort … Heureusement, nos amis travaillent à tout faire pour réussir la fête. Et les voici Mr Baumann et Melle Adelheid qui arrivent d’Allemagne, ils ont programmé leur visite au Rwanda compte tenu de notre jubilé.

  Le 28 décembre 2002, notre frère Soleil nous sourit tout radieux, il nous assistera toute la journée. A 10 heures, de la chapelle une procession impressionnante avance vers le lieu des cérémonies. En tête douze enfants de chœur suivis des danseuses, la fraternité du scapulaire, les carmélites apostoliques et les moniales, une cinquantaine de prêtres dont le P. Damien (ocd) et ses six confrères oeuvrant au Rwanda, enfin les six évêques : SE Mgr Philippe Rukamba de Butare, SE Mgr Anastase Mutabazi de Kabgayi, SE Mgr Servelien Nzakamwita de Byumba, SE Mgr Jean Damascène Bimenyimana de Cyangugu, SE Mgr Kizito Bahujimihigo de Ruhengeri et pour clôturer SE Mgr Thadée Ntihinyurwa notre Archevêque. La chorale de la cathédrale de Kigali chantait « si l’Eternel est ta paix, si l’Eternel est ta joie, poursuis ta route, tu as bien choisi, le Seigneur est avec toi … » 

 

            L’Archevêque introduit l’Eucharistie. La Mère prieure Sr Colette Marie Deogratias présente la triple fête : Jubilé d’or du Carmel au Rwanda coïncidant avec les 550 ans  de la Branche féminine et celle des laïcs, instituées le 7 octobre 1452. Et la 51ème profession solennelle au Carmel rwandais en la personne de Sr Thérèse Marie.

            La bénédiction de sa Sainteté le Pape Jean Paul II aux deux Carmels au Rwanda et la future professe a rehaussé la fête. Il a loué les mérites des Mères fondatrices belges qui nous ont transmis le flambeau de St Elie.

              Pour le Kyrie, une représentante de chaque génération des moniales s’avançait pour demander pardon de ce qui n’a pas été selon le dessein de notre Créateur et Epoux durant ces 50 ans.

  Les lectures sont bien adaptées à la triple circonstance : 1 R 16,5-15  * Rom 8,12-16.16-27  * Jn 15,7-17.

  Et l’homélie : L’Archevêque s’adresse aux sœurs carmélites dont c’est la fête. Il dit sa reconnaissance  pour notre mission au cœur de l’Eglise, notre Mère : Etre l’amour, rester en union à Dieu par la prière, avoir le zèle du Royaume de Dieu, à l’exemple du prophète Elie. Comme Moïse sur la montagne, persévérer  dans la prière pour ceux qui combattent dans la plaine. Comment l’Eglise vous manifesterait sa reconnaissance vous qui la soutenez ? Vous êtes le repos de ceux qui, fatigués, viennent auprès de vous. Vous êtes l’amour au cœur de l’Eglise : tout apostolat commence par ce feu, qui embrase l’entourage. Le cœur est une échelle pour monter au ciel. Que jamais le cœur ne soit malade !  Dans le Seigneur, on reste jeune, que la prière et l’amour restent fervents, ainsi se consolidera ce monastère, demeure de Dieu par excellence. Reste-y, c’est le jardin du Seigneur. Les vœux religieux bannissent la désobéissance d’Adam, plus que jamais le monde a besoin d’obéissance. Bonne fête sans peur, bonne fête dans l’amour.

 

            Sr Thérèse Marie du Cœur Sacré de Jésus avance vers l’autel. Rayonnante et émerveillée, elle répond ‘Amen’ à toutes les questions de l’Archevêque, selon le rituel. L’heure est venue où Jésus va sceller l’alliance avec sa bien aimée. Elle se prosterne, la litanie des saints, le chant du Veni Creator prépare ce moment, un des plus beaux de cette vie humaine. Après l’émission des vœux dans les mains de la prieure et la signature, suit l’imposition des mains par tous les évêques et les prêtres présents. C’est la prière consécratoire devant toute une assemblée bien recueillie et émue. Enfin suit  la remise des insignes : Bréviaire et voile noir. Eclate alors l’applaudissement, désormais Jésus et Thérèse ne font qu’UN pour toujours.

 

            Les moniales professes, à leur tour, renouvellent leurs vœux à l’occasion du jubilé. A l’unisson, le cœur vibrant de joie, nous entonnons notre Hymne de la circonstance.

 

            L’Eucharistie continue avec la procession des offrandes. On reconnaît la famille carmélitaine : la fraternité du scapulaire avec un panier où il y a le vin, les carmélites thérésiennes de l’Enfant Jésus offrent une étole, les carmélites thérésiennes missionnaires un globe terrestre. Chacune exprime le sens de son offrande. Un père carme présente un tableau comme si le Mont Carmel (l’écusson) était dans le bateau, avec des lames et l’inscription significative « N’ayez pas peur » « Avancez au large ». Paroles de l’Evangile reprises par sa Sainteté le Pape Jean Paul II.

 

Sr Marie Jean de Cyangugu offre le livre de Manuscrit de Ste Thérèse de l’Enfant Jésus traduit en Kinyarwanda : la Patronne des Missions et Docteur de l’Eglise ne contribuerait-elle pas à la nouvelle évangélisation par le témoignage de sa vie au peuple  du Pays des Mille Collines ?

Sr Immaculée apporte un cierge en cinq couleurs avec cinq lames pour offrir encore une fois les cinq continents au Seigneur. Sr Marie Madeleine Akayezu offre une grande hostie. Les deux prieures (Kigali et Cyangugu) offrent un rouleau marquant les grandes étapes de l’histoire du Carmel thérésien jusqu’au Rwanda (du Mont Carmel au Pays des Mille Collines).

 

Suit la famille de la professe, son grand frère apporte le vin, sa maman apporte un ciboire des hosties et elle affirme qu’elle n’a que sa fille pour offrande agréable à Dieu. Celle-ci offre un cierge allumé demandant au Seigneur d’être sa Lumière jusqu’à l’éternité. L’Eucharistie continue.

 

Avant la prière finale, devant la statue de Notre Dame Reine et Beauté du Carmel, toute la famille carmélitaine manifeste son affection à sa Mère par le chant Fleur du Carmel  en Kinyarwanda.

 

Par son intervention, SE Mgr Philippe Rukamba, chargé des religieux au sein de la Conférence Episcopale au Rwanda trace en bref l’histoire du Carmel rwandais et invoque avec nostalgie les occasions, quand il était enfant de chœur à Zaza, où il a été en contact avec les carmélites qui, en ce temps, restaient derrière les grilles, le voile sur le visage  … Il continue en expliquant les trois vœux religieux : obéissance, pauvreté et chasteté.

 

            Finalement tous les évêques bénissent l’assemblée, une triple bénédiction : pour la professe, pour les jubilaires et enfin pour tous les fidèles. On sort du lieu de cérémonies en procession, on va vers l’entrée de la chapelle où l’on a préparé l’exposition « Du Mont Carmel au Pays des Mille Collines ». Srs Christine et Marie Madeleine expliquent les images, photos et sentences. Elle est restée durant une semaine.

 

Vers 14 heures, commencent les festivités : les évêques bénissent le festin. On commence par la bière nationale (ikigage) suivi de limonades. Les mots de circonstance alternent avec les chants et les danses des enfants de la paroisse.

   

Un parent de la professe rapporte à l’assemblée le message de ses paroissiens heureux d’avoir donné à Jésus une Epouse qui est leur sœur et leur ‘ambassadrice’. Il promet que d’autres petites sœurs suivront car la cérémonie à la quelle ils venaient d’assister leur a fait goûter combien le Seigneur est bon.

 

La Mère Prieure remercie tous ceux qui ont répondu à notre invitation et tous ceux qui ont aidé à la réussite de cette fête, c’est une preuve de leur amour fraternel envers le Carmel. C’était une occasion de présenter le charisme du Carmel thérésien dans l’Eglise et de donner les grandes étapes de l’histoire de nos origines jusqu’au Rwanda.

Notre Archevêque, rayonnant de joie, prend la parole. Il dit ouvertement qu’il est content d’avoir dans son diocèse un monastère de carmélites dont le charisme est de prier pour le monde en particulier pour les prêtres. Il est content aussi de l’assistance spirituelle que ce carmel offre à ses séminaristes. Il félicite Sr Thérèse Marie et il nous encourage à consolider notre union à Dieu par l’amour et la prière continuelle. « Que votre monastère trouve grâce et bénédiction auprès du Seigneur ».

 

Vers 16 heures, il était nécessaire de descendre du Thabor ! Avant de partir les évêques nous bénissent, ainsi se termina la cérémonie de cette triple fête. Elle était belle, si captivante que certaines jeunes ont avoué pendant la réception désirer devenir carmélites …

 

Le lendemain, le 29, le message par e-mail de notre Père Général nous comble de joie, il nous exhortait à « toujours commencer pour que les générations qui viendront trouvent aussi de solides fondations … comme nous en avons trouvé ». Le surlendemain nous avons reçu un autre message, celui de notre Présidente Thérèse Marguerite comme pour prolonger notre joie. Tandis que Sr Marie Thérèse de Kinshasa, une des premières appelées de Zaza a eu l’amabilité de répondre à notre invitation. Même si elle a été contrariée pour arrivée à Kigali à temps, elle a été présente à Cyangugu.

Et le P. Damaso Zuazua a tenu à maintenir la grâce de notre jubilé par une session sur « le Carmel et la Mission » du 19 au 23 février 2003.

 

Chers frères et sœurs dans le Christ, en Lui  la jubilation continue, nous vous restons reconnaissantes d’avoir communié à cette action de grâce de loin ou de près. Nous saisissons cette occasion pour vous souhaiter une belle montée vers Pâques.

 

« Voici que vous commencez … ne négligez rien pour commencer toujours et allez de mieux à mieux »

 

Vos Sœurs Carmélites Kigali

 B.P. 27 Kigali Rwanda

Tél 574810  Fax 576069