Messe d’action de grâce en mémoire du Père Théophile Twagirayezu
Ce samedi 8 Octobre à 11h30, dans la Basilique de Chèvrement, une messe d'action de grâce a été célébrée en mémoire du Père Théophile Twagirayezu. Des amis et des connaissances du Père Théophile avaient répondu à l'invitation du Père Jean de Dieu, et de l'Ordre séculier de Chèvremont. Cette célébration a été présidée par le Prieur, le Père Jean de Dieu. Dans son homélie, il a parlé du parcours estudiantin du Père Théophile, son apostolat au couvent de Chèvremot, à Kinshasa et à Bukavu. A Chèvremont, le Père Théophile était tout d'abord étudiant à l'Université de Louvain - la- Neuve, puis il faisait principalement son apostolat au sein de l'Ordre séculier et de la direction spirituelle de certaines personnes qui venaient chez lui. A la fin de la messe, Mr. Jimmy a pris la parole en ce terme: Dans notre communauté du Tiers ordre, nous avons tous apprécié ses connaissances théologiques, historiques, philosophiques. Avec son sourire, sa grande humilité, signe d'intelligence, il nous apportait un enseignement de qualité, nous éclairant sur la profondeur, la beauté, de la spiritualité carmélitaine. Il nous a appris à faire l'oraison. Au Nom de la fraternité des carmes séculiers de Chèvremont, merci Père Théophile à t-il souligné. A la fin de la messe un verre de l'amitié é été offert.
Homelie du Père Jean de Dieu
8 Octobre 2011 à 11h30. Messe d’action de grâces à la mémoire du Père Théophile, du frère Patrick et de la sœur Espérance, décédés à Bukavu le 25 Septembre 2011. 2Tm 2,8-13 ; Jn 14,1-6. Chers frères et sœurs, face au mystère de la mort, il y a dans la réaction des hommes des attitudes d’angoisses, de révolte voire même de refus qui se retrouvent toujours et partout, et d’autre part, des comportements concrets qui changent selon le temps, les pays et les sociétés. Presque toujours, la mort apparaît comme une agression, une destruction, comme le plus grand mal qui puisse nous arriver. Nous en faisons l’expérience quand un de nos proches est menacé ou touché par la mort. Bien qu’elle soit naturelle, la mort reste pourtant l‘expérience la plus bouleversante à laquelle l’être humain peut être confronté.
Cependant Jésus, dans son invincible optimisme qui jaillit comme une vive flamme dans la nuit, nous dit : « Ne soyez donc pas bouleversés. Vous croyez en Dieu, croyez aussi en moi ». Après la mort et la résurrection de Jésus, les chrétiens croient que la mort a changé de sens : au lieu d’être uns fin, qui se termine dans l’impasse, la déchéance et l’oubli, la mort est devenue un passage, une pâque, vers la vie de Dieu, dans la communion des saints. Ainsi, on peut affirmer que dans la foi nous avons l’assurance que notre vie ne se réduit plus aux limites de la vie terrestre, notre vie dépasse notre humanité. Rappelons en quelques mots ce qu’a été la vie terrestre de notre confrère et ami Père Théophile : Le Père Théophile TWAGIRAYEZU est né à Nyakariba dans la province du Nord-Kivu en République Démocratique du Congo le 26 mai 1970. Fils de MUNYAGISHARI Jean de Dieu et de NTAMUKUNZI Regina. Il a fait ses études primaires à Nyakariba de 1976 à 1983 et il termina ses études secondaires à l’institut Nyakariba où il obtint son diplôme d’Etat en 1989. Il entra au Carmel en 1990 à l’âge de 20 ans, et prononça ses premiers vœux le 15 août 1992 à Kananga. Il fit son premier cycle de Philosophie à Bukavu (maison Saint Jean de la Croix) et il obtint le diplôme de Philosophie en 1995. Il poursuivit ses études théologiques à la faculté Pontificale Théologique du Teresianum à Rome et obtint le diplôme de Baccalauréat en Théologie en 1998. Après une brève période de stage et de Diaconat, il est ordonné prêtre le 19 mars 1999 à la paroisse Notre-Dame du Mont Carmel/ Katindo GOMA (par son excellence Mgr l’Evêque NGABU Faustin). Après une année de candidature en philosophie (à l’Institut Supérieur de philosophie) à l’Université Catholique de Louvain, il obtint le « grade de candidat » en philosophie et lettre. En 2004 : Licencié en philosophie à l’ISP (UCL c.à.d. Université Catholique de Louvain) et obtention du «GRADE DE LICENCE »en philosophie 2006-2008 : DEA (Diplôme d’Etudes Approfondies) en philosophie à l’ISP. EXPERIENCES FAITES 1989-1990 : Enseignant à l’Institut Bustani à Masisi 1990-1992 : Postulat et Noviciat dans l’ordre du Carmel Kananga 1998-1999 : Expérience pastorale à la paroisse Notre Dame du Mont Carmel à Goma (Rép.Dém. du Congo) 1999-2003 : Travail pastoral à Chèvremont (Belgique) 2004-2005 : Enseignant au Grand Séminaire de philosophie saint Kaggwa à Kinshasa. (Et pendant ce temps) il travailla au secrétariat et aux archives de la Province des Carmes Déchaux à Kinshasa. 2006-2008 : Sous-Prieur du couvent de Chèvremont. 2006-2010: Délégué général de l’Ordre Séculier du Carmel (OCDS) de la Belgique francophone. Juin 2010-25 Sept 2011 : Prieur de la Communauté Edith Stein et Professeur à l’Institut Supérieur de Philosophie de Bukavu. Jusqu’aux derniers instants de sa vie, il témoignera de son engagement total pour les jeunes. Pour lui c’était important de joindre la théorie à la pratique en mettant en application ses convictions au sujet de science de l’éducation, développées dans ses travaux philosophiques, l’éducation vue comme processus de croissance et d’intégration. Face au danger mortel qui les guettait, son premier réflexe a été de dire à deux reprises au jeune confrère étudiant Patrick assis à sa droite : Patrick sauve-toi, sauve-toi Patrick ! Quel dévouement pour les autres ! Un témoignage de foi vécue. Lorsque Jésus dit à ses disciples dans l’Evangile : « je pars vous préparer une place, et je reviendrai vous prendre, afin que vous soyez vous aussi là où je suis » (A travers ces mots, Jésus) il ouvre à l’humanité, c’est à dire à nous et à nos frères et sœur pour qui nous prions aujourd’hui, une perspective aux résonnances infinies, surhumaines, surnaturelles. L’humanité s’en va désormais vers « là où » est Jésus. Toutefois, la question fondamentale de l’humanité que pose l’Apôtre Thomas en notre nom demeure souvent sans réponse : où allons-nous ? Quel est le sens, le but final de la vie ? Qu’y a-t-il après la mort ? Pour Jésus, l’horizon de la vie n’est jamais bouché ou désespérant devant et par la mort. Pour le croyant, c.à.d. celui qui accepte les paroles de Jésus et y croit de tout son cœur, l’histoire a un sens, la vie n’est pas absurde. Jésus est comme l’ouvreur de route, celui qui a ouvert une issue à la finitude et à la mortalité humaine. Sans le Christ, l’homme est enfermé dans ses limites. Avec le Christ, et avec lui seul, affirme-t-il, un chemin existe, un chemin qui ne conduit pas au trou noir de la tombe, mais plutôt vers la maison du Père.
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