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PREFACE Faisant honneur, à la fois, à sa vocation de contemplative des « choses d’en haut » ( Col. 3, 1) et au nom de son Saint homonyme en religion, la Sœur Justine -Marie de Saint Joseph des Carmélites déchaussées du Carmel de l’Enfant
Jésus à Malole / Kananga, en République Démocratique du Congo, offre ici au public son tout premier écrit spirituel consacré à celui qu’elle appelle tendrement « Notre Bon Père Saint Joseph », chaste Epoux de la Vierge Marie et Humble Père Nourricier du Fils de Dieu. Sa motivation profonde est clairement énoncée dès les premières phrases : « Nous avons constaté que plusieurs personnes ne connaissent pas notre Bon Père Saint Joseph et sa puissante intercession auprès de Dieu ». Et la visée
de son écrit est de combler cette lacune en présentant cette espèce de « Compendium » de la dévotion à Saint Joseph. Celui-ci se présente comme un triptyque allant d’un rappel doctrino-spirituel, puisé aux meilleures sources, pour aboutir à un florilège impressionnant de prières à l’adresse du Saint Patriarche -tant il est vrai que l’aboutissement de toute
vie de foi est le fléchissement des genoux dans l’oraison- en passant par la pièce centrale constituée des témoignages les plus divers, glanés à travers ses lectures, de personnages historiques racontant leurs expériences de la puissance de l’intercession de Saint Joseph dans leurs vies. « Pièce centrale », en effet, que ces témoignages plus bouleversants les uns que les autres et qui sont destinés à parler aux cœurs sensibles aux choses de Dieu, étant donné, selon la profonde parole du renard au Petit Prince d’Antoine
de Saint-Exupery, qu’ « on ne voit bien qu’avec le cœur. L’essentiel est invisible pour les yeux ». On sait comment de grands penseurs ont parlé de la grandeur et de la faiblesse, à la fois, du témoin, ce « testis-martus », qui paie de sa personne l’attestation des vérités dont il est porteur : -« On témoigne pour toujours, dit Enrico Castelli, ou l’on ne témoigne pas du tout » - « Il n’y a de témoignage qu’en l’absence de preuves vérifiables, dit Antoine Vergote. Seul le témoin sait la vérité qu’il atteste et son témoignage fait appel à la foi en sa parole…C’est dans le témoignage que l’homme
accède véritablement à la vérité, car privé des appuis extérieurs qui peuvent étayer son attestation, il est seul en face de la vérité qui le requiert et qui lui impose la parole déclarative » -« Le témoin, dit Alphonse de Waelhens, est celui qui s’engage, il engage sa foi et, s’il est nécessaire,
maintient avec fidélité cet engagement au péril même de sa vie. C’est la personne toute entière qui témoigne. Les sens étymologique et dérivé du mot « martyr » manifestement clairement ces connexions » C’est cela qui avait fait dire à Pascal : « Je ne crois que les histoires dont les témoins se feraient égorger »,
utilisant ce même terme de l’Apocalypse 6,9 où il est écrit : « lorsqu’il ouvrit le cinquième sceau, je vis sous l’autel les âmes de ceux qui furent égorgés pour la Parole de Dieu et le témoignage qu’ils avaient rendu ». La multiplicité des témoignages concordants ici rapportés est elle-même comme un premier argument de poids, selon le proverbe de la sagesse ancestrale Luba-Kasayi qui dit : « Cimona babidi
kacyena mivilu, cidi mivilu ncya muntu umwe » (Ce qui est vu par deux témoins ne peut être nié, sauf ce qui est vu par un seul). On entend là comme l’écho de l’adage juridique bien connu : « Unus testis, nullus testis » (Un seul témoin, pas de témoin) ou celui du Deutéronome 19, 15 qui déclare : « Un seul témoin ne peut suffire pour convaincre un homme de quelque faute ou délit que
ce soit ; quel que soit le délit, c’est au dire de deux ou trois témoins que la cause sera établie ». Le dernier argument du témoin tient donc dans cette invitation de Sainte Thérèse d’Avila : « Si quelqu’un hésite à me croire, je le supplie de vouloir bien en faire l’essai, par l’amour de Dieu ; il verra, par sa propre
expérience, combien il est avantageux de se recommander à ce glorieux Patriarche et de se ranger parmi ses dévots serviteurs ». Ce n’est pas là faire ombrage à l’Unique Médiateur placé entre Dieu et les hommes : Jésus-Christ (Tm 2,5) ; bien au contraire, celui-ci ne saurait dédaigner toutes ces médiations intermédiaires qui entrent dans son unique médiation, comme il nous en a donné un modèle dans la médiation de sa Mère Marie en faveur des organisateurs de la Noce de Cana en Galilée (Jn 2,1-10) Que souhaiter de mieux à l’écrit de Sœur Justine-Marie de Saint Joseph et à ses lecteurs, que j’espère les plus nombreux possibles, sinon cette confiance et ce courage de l’essai personnel auquel Thérèse d’Avila nous invite ? Que
recommander, en particulier, au clergé, aux personnes consacrées et aux fidèles de notre diocèse, sinon la fidélité à ces pratiques ordinaires de dévotion à Saint Joseph que sont la célébration de la messe votive en son honneur au jour du mercredi ainsi que dans le mois de mars qui lui sont consacrés dans l’Eglise, la mise à l’honneur de sa statue et de son image dans nos lieux de culte, le port de ses icônes et l’incessant
recours à son intercession dans les diverses circonstances de la vie ? Puissent tous et chacun en retirer le plus grand bénéfice spirituel dans la vie. + Marcel MADILA BASANGUKA Archevêque de Kananga
INTRODUCTION Nous avons constaté que plusieurs personnes ne connaissent pas notre bon Père Saint Joseph et sa puissante intercession auprès de Dieu. C’est pourquoi nous avons voulu leur offrir dans cet ouvrage un moyen pour les stimuler à se confier à ce
glorieux Saint en leur présentant quelques pratiques et prières, sans oublier certains témoignages de personnes ayant bénéficié de ses faveurs. Nous y avons ajouté un triduum et une neuvaine de méditations, dont chacun pourra faire usage, en y joignant quelques prières au choix, soit pour se préparer aux fêtes de Saint Joseph, soit pour stimuler la ferveur et la dévotion envers Lui, soit enfin pour obtenir, par l’entremise
de ce bon Père, quelque grâce, quelque faveur importante. « L’amour, dit Saint Grégoire, se prouve par les œuvres ». Si donc nous aimons Saint Joseph, nous devons avoir à cœur de lui en donner des preuves, chacun selon la position dans laquelle nous a placés la Divine Providence
; car, pour emprunter la pensée de l’Apôtre, comme tous ne reçoivent pas les mêmes grâces, quoique ce soit le même Esprit qui les donne ; comme tous ne sont pas appelés aux mêmes ministères, quoiqu’il n’y ait qu’un seul Seigneur, ainsi tous ne sont pas tenus aux mêmes œuvres, quoique ce soit le même Dieu que nous servons. D’ailleurs, chaque fidèle a son
attrait particulier qui le porte à pratiquer telle ou telle bonne œuvre. Voilà pourquoi nous avons réuni dans ce petit volume les principales pratiques en l’honneur de Saint Joseph, que nous avons trouvées disséminées dans différents ouvrages. Nous sommes persuadés que nos lecteurs nous sauront gré de leur avoir ainsi ménagé un choix abondant de pieux exercices, qui feront de cet ouvrage un véritable livre de prières. En effet, « sans la prière, dit Saint Alphonse de Liguori,
toutes nos méditations, toutes nos résolutions, toutes nos promesses seront inutiles. Si nous ne prions pas, nous serons toujours infidèles à toutes les lumières que nous recevons de Dieu et à tous les engagements que nous aurons pris ». Nous devons savoir combien il est avantageux de se mettre sous la puissante protection de Saint Joseph. « Dieu, dit le Père Pratignani, semble avoir confié spécialement aux soins de Saint Joseph les âmes qui vivent dans le recueillement, en
récompense de la vie tout intérieure qu’il a menée dans la maison de Nazareth ». Nous appuierons cette vérité sur l’exemple du Berger illuminé qui avait conservé au milieu des dangers du monde une simplicité et une innocence admirable. Il rencontra un jour un Père de la Compagnie de Jésus, qui, après quelques moments d’entretien, reconnut en lui une âme d’élite, enrichie de grâces et de dons si sublimes
qu’il ne se souvenait pas d’en avoir jamais trouvé une autre plus avancée dans la perfection. L’admiration du religieux redoubla quand il apprit du jeune homme que, depuis 18 ans, Il était en service, et que jamais personne ne lui avait donné aucune leçon de vie spirituelle. Cependant, le religieux, voyant qu’il parlait de ces matières si relevées avec l’exactitude d’un théologien, lui demanda s’il avait de la
dévotion à Saint Joseph. « Il y a six ans, répondit le jeune Berger, que Dieu m’a inspiré de le choisir pour maître et patron. Ce Saint Patriarche, ajouta-t-il, m’a fait connaître lui-même qu’il était, après Marie, le plus grand de tous les Saints ; qu’il avait été rempli du Saint-Esprit bien autrement que les Apôtres ; enfin qu’il était le protecteur spécial des âmes
intérieures dont la vie comme la sienne, doit rester cachée aux yeux du monde ». Puis, il se mit à parler en termes magnifiques des vertus et des privilèges de Saint Joseph, disant qu’en récompense de son incomparable modestie, Dieu a voulu qu’il n’y eut que les âmes extérieurement pures qui eussent des lumières touchant ses grandeurs ; que Saint Joseph avait été un homme de grand silence,
discourant fort peu, à l’exemple de Jésus et Marie, avec lesquels il aimait à communiquer par les regards plutôt que par les paroles. Bref, il laissa le bon religieux tellement ravi d’admiration qu’il avait coutume de dire que la rencontre du Berger illuminé lui a valu plusieurs années de religion. Cette plaquette est répartie en trois grands chapitres : Le premier vante l’excellence de la dévotion à Saint Joseph aussi bien pour tous les chrétiens que spécialement pour le carmel thérésien, ainsi que dans l’enseignement du magistère de l’Eglise ; Le deuxième présente des témoignages de personnes ayant reçu les faveurs de Saint Joseph ainsi que d’autres réflexions spirituelles ; Le troisième, enfin, est consacré à différentes prières adressées à Saint Joseph et qui constituent un instrument spirituel à la disposition de ses dévots.
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